mensonges

Le rite amoureux de l'homme de plus de 50 ans

LE RITE AMOUREUX DU MALE DE PLUS DE 50 ANS

L’homme de plus de 50 ans est très prolifique en matière de bavardages et de jugements. « Faites ce que je dis, mais ne faîtes pas ce que je fais » est vraisemblablement sa devise. Alain m’a fait partager sa vie, me parlant de sa femme, ses filles, sa mère, sa sœur, de ses amis, de son travail… et me demandant conseil à tout bout de champ.

Cela fait huit ans que j’entends dire qu’il en a marre de son boulot, qu’il n’y est pas reconnu à sa juste valeur, et qu’il serait temps qu’il en change. Je me suis donc gavée pendant huit années toutes les petites histoires avec ses chefs et ses collègues, toujours mesquins bien entendu. Cela fait huit ans qu’il cherche une nouvelle voie, et depuis plus longtemps que ça apparemment, puisque le problème n’était pas nouveau lors de notre rencontre. Par contre, quand moi j’essayais de lui parler de mon travail, cela l’agaçait. Un jour où je lui racontais ma journée, il m’a coupée net : puisque j’étais surchargée, je n’avais qu’à changer ! Il n’était plus question qu’il m’écoute me plaindre de manière stérile ! Il est vrai que de discuter pendant des heures sur Roger qui avait oublié de consigner sur le cahier que la porte du cinquième étage fermait mal et que du coup on risquait encore de chercher des noises à Alain, est beaucoup plus constructif que d’évoquer la difficulté à refaire dans les temps tous les budgets parce qu’on m’avait demandé, sans indication précise, de réinjecter de manière fictive un million d’euros dans la prévision du chiffre d’affaires… A chacun ses petits problèmes !

Bien que jusqu’avant Alain j’aie toujours supporté la pression à mon travail, j’ai fini par effectivement prendre ma décision… à laisser un job où je gagnais plus de 50 000 € annuel, où j’étais Chef de Service avec jusqu’à 20 personnes sous mes ordres. Et ça à 45 ans, tout en sachant que j’étais totalement autodidacte et sans diplôme ! Fallait-il que je sois surmenée pour me laisser bercer par ses belles paroles ! J’ai mis trois ans pour réussir à négocier au mieux mon départ. Trois années pendant lesquelles Alain s’impatientait !

Et lui ? Où en est-il ? Il est toujours dans la même entreprise, toujours agent de sécurité, avec les mêmes petits chefaillons qui l’enquiquinent. C’est vrai, j’oubliais : il se cherchait ! Il souhaitait un job où il pourrait s’épanouir pleinement pour la dernière partie de sa carrière (dépêche-toi, il te reste à peine sept ans avant la retraite !). Ce qui l’intéressait c’était de pouvoir aider les autres, au travers des massages… ou des ondes, il ne savait pas trop (gourou, ça t’irait bien !). Avant d’aider les autres, il pourrait déjà aider sa femme, et avoir un peu plus de compassion pour ses maîtresses !

Fort de cette belle détermination, il me faisait relire une bonne partie de ses courriers ou projets, pour son dossier « formations » notamment (le schéma « synergie » que tu n’arrivais pas à faire, et ta lettre de motivation que j’ai rédigée pour toi, tu t’en souviens ?). A l’époque, il reconnaissait mon savoir-faire et n’était pas avare de compliments ! Pendant des années, Alain a amélioré son module de formation sur les consignes de sécurité. Puis, comme tous ses coups de cœur, cela a semblé le lasser il y a peu.

L’homme de plus de 50 ans s’achète lui-même ses vêtements. J’allais donc avec lui régulièrement pour l’aider à choisir ses fringues : chaussures, survêtements... Je l’emmenais en voiture le mardi après-midi, prenant à cœur mon rôle de « seconde femme ».

Et ensuite il vient dire qu’il lui semblait impossible de construire quelque chose avec moi… Je lui ai certainement plus apporté qu’il ne m’a apporté. Son truc à lui c’était de contribuer à mon bien-être, car selon sa grande théorie qu’il me rabâchait sans cesse « une femme après 45 ans, c’est plié ! »… Il fallait donc que je m’entretienne pour passer ce seuil fatidique, bien qu’il semblât que ce soit sans appel pour toute femme ! J’ai toujours été sportive. Je devais donc lui mettre par écrit mon petit programme de gymnastique pour qu’il contrôle si il était complet et propice à me « prolonger ». En récompense, j’avais droit à des petits massages de visage pour retarder les rides. (En fait, c’est une geisha qu’il lui faut !!!). Il semble oublier que toute femme qui se respecte s’entretient d’elle-même, et personnellement j’ai la chance que l’on m’ait toujours donné dix ans de moins que mon âge… Et pour un homme ? Quel est le seuil fatidique ? 50 ans ? 55 ans ?

Toujours est-il que c’est tout de même moi qui l’ai mis à la piscine ! Il voulait que l’on fasse du sport ? Et bien on en a fait. Il était d’ailleurs très vexé à ses débuts que je nage plus vite que lui. Malgré mon « grand âge » je lui ai fait cracher ses poumons au p’tit vieux ! Question massages, je crois bien que de mon côté je ne lui suis redevable en rien non plus : pour le déstresser, pour le soulager de ses multiples déchirures musculaires (Ah oui, à plus de 50 ans, les problèmes musculaires sont fréquents chez l’homme… une piste pour ce fameux seuil version masculine !?). Encore quelques jours avant notre séparation, ces massages et échanges d’ondes lui étaient bénéfiques et, selon ses dires, nos mardis après-midis nous servaient à nous « ressourcer »… pour aller mieux chatter avec l’autre dans la foulée semble-t-il !

Je me demande quel sport il va prodiguer à l’autre… Va-t-il lui offrir également le livre sur la Méthode Nadaud et contrôler le nombre d’arcs de cercle qu’elle fait par jour ? Va-t-il lui expliquer pendant des heures sur internet comment masser et écraser les petites rides naissantes ?

Une autre chose le préoccupait à mon sujet, en tant que digne protecteur du sexe faible : c’était ma santé financière. Alors que je gagnais plus des trois quarts de son salaire et celui de sa femme réunis, il voulait m’aider à « construire financièrement ». A ce titre, j’aurais dû lui envoyer chaque mois mes comptes. Ca, je n’ai jamais marché. J’ai toujours été indépendante financièrement, je ne voyais donc aucune raison qu’il contrôle mes finances. Il ne m’a d’ailleurs jamais proposé non plus de m’envoyer les comptes de son ménage à ce que je sache ! Demande-t-il les comptes de sa nouvelle ? Comme elle est mariée, doit-elle justifier également les dépenses de son mari ?

La phrase qu’aime à prononcer l’homme de plus de 50 ans juste après l’amour est « As-tu déjà connu une telle jouissance avec tes ex ? ». Dans un esprit d’équité des sexes, j’espère que sa nouvelle ne manquera pas de lui demander également avec qui c’est mieux : avec elle, sa femme, ou moi ? (Qu’elle se rassure, dans ces cas-là, la personne qui pose la question prend peu de risques et elle entend généralement une réponse favorable, car il est difficile d’y répondre sincèrement en fait). Personnellement, cette question m’a toujours étonnée, car je me voyais mal établir une liste pour effectuer des comparaisons. En tant qu’amoureuse convaincue, j’ai toujours eu la chance que ça fonctionne bien de ce côté-là. L’esprit dictant au corps, si l’on aime, on aime jusqu’au bout.

L’homme de plus de 50 ans, en période de rut ou non, n’aime pas rencontrer la famille ou les amis de ses maîtresses. Ma mère m’a fait remarquer pas plus tard qu’hier, qu’en huit ans de temps, bien qu’il se fasse trimbaler dans sa voiture (oui j’empruntais la voiture de ma mère pour aller le chercher), il n’a jamais daigné venir se présenter. J’avais également proposé à plusieurs reprises de passer manger chez ma meilleure amie, mais il n’a jamais accepté… Il ne voulait lier aucun lien avec mon univers. Cet homme-là savait donc bien ce qu’il tramait depuis le début.

L’homme de plus de 50 ans est volage. En parallèle de ses multiples « attentions », il se faisait de nouveaux amis sur différents sites, tout en m’éloignant volontairement de ces mêmes sites. Il savait donc bien depuis longtemps ce qu’il préparait ! Je crois qu’il a commencé à chercher dès 2005, dès qu’il m’a écartée de Webtarot, dès l’épisode avec Supernana…  Plus de la moitié de notre relation faite de mensonges ! (en admettant qu’il ait été sincère au début, ce qui est loin d’être évident). En bientôt quatre ans, il a eu quand même largement le temps de me préparer à cette rupture, non !? Et il m’aurait surtout fait gagner quatre ans de ma vie… Il attendait égoïstement de m’avoir remplacée pour me quitter ! Et quand on cherche, effectivement on finit par trouver !

26/01/09

LA FIDELITE, UNE VALEUR SURE !

LA FIDELITE, UNE VALEUR SURE !

Quand je pense qu’il critiquait ses collègues, pour ceux qui quittaient leur femme. Je pense particulièrement à Ptiminou, un bon ami à lui où il travaille… Un homme qui en est à sa troisième femme. Il fait un ou deux enfants puis il les quitte. Mais c’était tout de même un bon ami à lui et ils devaient plaisanter ensemble sur leur vie intime puisqu’Alain m’avait dit un jour « Il est grave, il a même eu sa période minitel rose ». D’ailleurs Alain n’hésitait pas à se connecter sur l’ICQ de Ptiminou pour m’envoyer des messages pendant les heures de travail. Il devait y avoir quand même une certaine complicité entre ces deux-là. Et puis un jour, cette personne n’a pas pu se rendre chez Alain pour lui réparer son ordinateur comme il le faisait souvent. Alain avait payé d’avance et n’a pas supporté qu’on le fasse passer après autre chose. Le manque de reconnaissance chez lui est toujours très douloureux. Ptiminou est devenu un moins que rien du jour au lendemain.

Je pense aussi à Tonton2A, parrain de l’une de ses filles, ami de plus de vingt ans. Lui aussi collectionnait les conquêtes et adorait d’ailleurs aller en Thaïlande en célibataire. Et puis au bout de plus de vingt ans, Tonton2A n’a plus été bon à jeter aux chiens. Il avait mal vieilli et il n’apportait soudain plus rien à Alain. Je pense encore à un autre de ses collègues dont j’ai oublié le nom, qui vivait avec une femme mais ne pouvait s’empêcher de séduire toutes les caissières. Alain s’était littéralement entiché de lui à son arrivée dans le Service. Très amusé, il trouvait que c’était de son âge… Ce garçon avait quand même plus de trente ans ! Et son autre collègue Roger, qui déclarait ne pas pouvoir se passer de maîtresses… Ah ça devait bien rigoler dans mon dos, entre collectionneurs de conquêtes ! Ce sont des choses qu’il ne m’était jamais venu à l’esprit de mettre bout à bout, mais avec le recul je m’aperçois qu’il ne fréquente que des gens comme lui.

Pour d’autres raisons, je pense également à  Na, un autre collègue, et à Fred, un ami DJ. Pour Na, il me l’a présenté un soir en teuf comme étant un garçon adorable, très calme et très discret. Et puis un jour Alain m’a dit lui avoir vendu un truc plus cher que ce qu’il ne l’avait payé, au motif que Na était finalement sans profondeur et qu’il ne le remerciait jamais quand il avait des attentions pour lui. Personnellement, je n’ai jamais fait de cadeau dans l’espoir d’être remerciée ! Quant à Fred, Alain s’était offusqué qu’il déclare que si il devait choisir un jour entre sa compagne et la Trance, il choisirait la Trance. Au moins ce garçon avait le mérite d’être franc et je crois que c’était plutôt une manière de dire que son amie devait l’accepter avec sa passion. En fait, nous avons passé pas mal de soirées chez Fred, soirées très sympathiques au demeurant. Puis même chose : ce garçon est soudainement devenu égoïste, creux, incapable de reconnaissance vis-à-vis d’Alain ! Nous avons donc cessé d’aller chez Fred. A y bien réfléchir, Alain n’a aucun véritable ami. Il ne cherche que la nouveauté. J’ai également fait les frais de ce processus, une fois totalement à sa merci il n’y avait plus rien à conquérir chez moi…

Ce qui est symptomatique chez lui, c’est ce besoin de reconnaissance. C’est sans doute dû à sa petite taille. J’ai eu le problème inverse, car dépasser tout le monde d’une tête n’est pas toujours facile à vivre, et je n’ai pourtant jamais embêté le monde avec ça ! Pas évident lorsqu’on est ado et que l’on joue sur la plage, d’avoir à porter un mec sur son dos alors que toutes les autres filles sont sur les épaules des garçons, parce que justement on est plus grande que les garçons. Pas évident non plus de voir ses copines flirter alors que les garçons ne s’intéressent pas à vous parce que vous les dépasser. Par contre on ne se privait pas pour venir me demander des conseils sur les méthodes de contraception ou autre. De ce côté-là j’ai toujours été en avance sur mon âge… J’avais la théorie, mais pas la pratique. En plus, toujours première de la classe, ça n’aide pas non plus. J’ai donc opté pour le rôle de la bonne copine. J’ai privilégié l’esprit plutôt que ce grand corps dégingandé que je croyais me faire défaut. J’ai donc arrêté de bien travailler au lycée, pour faire le pitre. J’ai pris du poids aussi, que heureusement j’ai reperdu quand j’ai commencé à travailler. Et ma crise d’ado a subitement cessé.

Est-ce depuis cette période que je manque de confiance en moi ? Est-ce la raison pour laquelle je me fais choisir plutôt que je ne choisis ? Ou est-ce ma perversion à moi de me mettre toujours dans des situations inextricables pour voir comment je vais m’en sortir ? Toujours est-il que le constat est là : je n’ai jamais cherché à conquérir, j’ai au contraire tenté de me faire accepter. C’est un point qu’il faut que je travaille, même si  je ne veux pas changer totalement sur le fond.

Il semble par contre qu’Alain ait développé une toute autre stratégie, beaucoup plus calculatrice. Il veut absolument être admiré. En outre, il est sur la défensive. Ayant toujours peur de se faire rouler, il préfère rouler l’autre le premier. Je le crois incapable de se remettre en question. Il est vrai qu’il se faisait régulièrement casser la figure au sortir de la classe, sous prétexte qu’il était le parigot… Un complexe d’infériorité transformé en complexe de supériorité, face à un complexe de supériorité devenu complexe d’infériorité : comment conjuguer deux personnes aux antipodes ? Mais je suis encore bien bonne de lui trouver des excuses. A bientôt 55 ans il a tout de même eu largement le temps de faire le point, non !?

Bref, pour en revenir aux discours sur la fidélité, Alain était prolifique en la matière. « Nous nous étions malheureusement rencontrés trop tard » car il ne pouvait quitter sa femme. Au début, j’ai eu le malheur de lui dire que l’idéal serait que sa femme trouve quelqu’un d’autre également… Et là j’ai vu une lueur de terreur passée dans les yeux d’Alain. Il m’a répondu, totalement déstabilisé « Mais je serais malheureux ! ». Et moi, toujours égale à moi-même, j’ai occulté ce point en me disant que les choses devenaient un peu trop compliquées pour mon petit cerveau. Forte de ses déclarations enflammées, forte de sa surprise à vivre un amour authentique qu’il n’aurait jamais pu imaginer même dans ses rêves les plus fous (il me l’a dit souvent), je me suis mise à imaginer que ce qui m’avait toujours paru inconcevable était peut-être finalement possible : qu’il existait des gens capables d’aimer deux personnes à la fois. J’ai eu aussi droit à des « Je ne sais pas ce que je deviendrais si l’une ou l’autre disparaissait » et puis à des « Comment tes ex ont-ils pu te faire souffrir ? Comment ne plus aimer quelqu’un comme toi ? ». Là, je crois qu’il a trouvé tout seul la réponse à cette dernière question… Sauf que mes ex n’ont jamais été aussi cruels que lui !

Ses mensonges jusqu’au dernier jour de notre relation, son silence total pendant les quinze jours qui ont suivi notre séparation, puis ses mots durs quand j’ai fini par l’avoir au téléphone : « Ca faisait plusieurs mois que je ne savais pas comment te le dire » « J’aimais nos après-midis mais je me suis vite rendu compte qu’on ne pourrait jamais rien construire ensemble » (c’était bien la peine de me laisser quitter mon boulot !) « Avec un extasy dans le cornet, ça le faisait »… Jusqu’à oser de me demander de rester digne dans la souffrance et de ne pas le déranger dans ses nouveaux émois amoureux ! (Oui, je ressasse un peu, mais ces phrases ont du mal à passer) Oh que non ce n’est pas ce petit être médiocre que j’ai aimé ! Et ce n’est certainement pas lui que je pleurerai ! Il n’est même pas la cause de ma dépression, juste un élément déclencheur tout au plus. Je suis en train d’en analyser les vraies causes, mais j’y reviendrai plus tard si nécessaire. Je m’en voudrais d’être en plus tombée malade à cause d’un c… qui n’en vaut pas la peine !

Ah il a bien dû rire sous cape lorsqu’il n’y a pas si longtemps je lui ai dit qu’un des plus beaux moments de ma vie avait été notre week-end à Biarritz, car nous avions pu passer de vraies journées et de vraies nuits ensemble. Il avait souri, l’air flatté, alors que dans le même temps il faisait du plat à sa nouvelle : mêmes pseudos, mêmes phrases… juste sous mes yeux. Il devait penser que j’étais comme lui et que je continuais d’aller sur Webtarot. Et bien non, puisque je lui avais promis que non, je ne me connectais plus depuis trois ans. Je ne mens pas moi. Je ne fais pas des choses cachées dans le dos de l’autre, moi. C’était vraisemblablement sa manière à lui de « laisser traîner une conversation compromettante », comme la femme d’un de ses amis dont j’ai parlé plus haut, pour que ce soit moi qui prenne la décision de rompre. La lâcheté à l’état pur ! Et après, il vient me parler de dignité ?

A plusieurs reprises, il m’avait parlé d’un logiciel qui permettait de voir sur hotmail si les correspondants étaient réellement déconnectés, ou bien si ils nous avaient bloqués. Il pensait peut-être que j’allais télécharger ce logiciel pour vérifier ses connexions ? Si c’était sa manière de me dire que c’était fini, c’était plutôt raté ! Une phrase anodine de temps en temps dans la conversation, entre deux paroles aimantes me paraît un peu mince comme indice ! Il m’a tellement demandé de lui faire confiance, il s’est tellement montré sous un personnage droit et honnête, il a tellement continué de m’entourer de petites attentions, qu’il m’était difficile d’aller imaginer une troisième.

Quelques jours avant notre séparation, nous avions déliré ensemble sur hotmail, tard le soir, au sujet de la chanson générique du vieux feuilleton télévisé « Zorro ». Cette conversation avait duré un bon moment et j’avais trouvé Alain particulièrement hilare et de bonne humeur… Or, fin novembre, selon ses propres dires, il était déjà « amoureux » de l’autre. Il n’a eu aucune honte, aucun scrupule, à plaisanter avec moi tout de suite derrière sa petite aparté d’amour (oui je connais par coeur ses horaires… son planning amoureux), bien au contraire : toujours cette jubilation malsaine à me faire partager indirectement son excitation. Une semaine plus tôt, un mardi après-midi, il avait même poussé le bouchon à aller se connecter de chez moi sur Webtarot pendant que je faisais la vaisselle. Il avait soi-disant eu envie de faire une petite partie, cela m’avait un peu étonnée car ce n’était pas dans ses habitudes. Là, c’était toujours sa perversité mais dans le sens inverse : faire un petit coucou à sa nouvelle juste avant de s’envoyer en l’air avec moi, et tout en sachant que sa femme l’attendait sagement à la maison. On fait ça quand on a 15 ans (et encore) ! Pas à 55 ! Comment peut-il se regarder dans une glace ? Sa nouvelle était-elle au courant ? Si oui, c’est qu’elle est aussi tordue que lui, et dans ce cas-là les deux font la paire. Sincèrement, si j’avais été informée d’une telle situation au début de notre relation, j’aurais coupé net séance tenante. Le fait qu’il soit marié me posait déjà un cas de conscience, alors une maîtresse par là-dessus, non je n’aurais jamais accepté ! Et pourtant, qui sait, c’était peut-être déjà le cas… Je finis par me le demander.

Arriver à ce triste constat et à de telles interrogations restées encore en suspens, au bout de huit ans de relation, c’est vraiment ce qu’il y a de plus terrible. Plus que la rupture elle-même, qui est passée au second plan depuis longtemps.

21/01/09

NUITS BLANCHES (suite) ou La Pêche à la Mouche

Ce qui me fait dire aussi qu'il s'agit de donjuanisme, c'est ce rituel immuable qu'il emploie : l'échange et le partage de musique est son arme de séduction. Pour moi, ça a été la découverte de la Trance. On a tout d'abord parlé des morceaux pop-rock que nous connaissions tous les deux, puis bien vite il m'a fait connaître la Trance Goa... Il repartait dans la Trance grâce à moi, car au bout de plusieurs années il avait soi-disant décidé d'y renoncer juste avant de me rencontrer... Là aussi c'était un miracle selon lui. Il est vrai qu'en matière de pop-rock, il était difficile de m'en apprendre... Il n'était pas question selon lui qu'il ré-écoute toute cette période pop-rock trop liée au passé. Il n'aimait pas la nostalgie, et ne revenait jamais en arrière sur ce qu'il avait aimé. Il était donc en "errance" musicale lorsqu'il m'a connue, cherchant un nouveau courant qui le ferait vibrer... Curieuse similitude avec son comportement envers les femmes... Il a donc replongé dans la magie de la Trance "grâce" à moi.

Et là, je retrouve mon Alain, mon ex-Alain devrais-je plutôt dire, en train d'échanger de la pop-rock avec sa nouvelle. C'est à mourir de rire... Le miracle a dû se produire là aussi, il redécouvre la magie de la pop-rock "grâce" à elle. Je l'imagine bien ressortir toutes ses compils des Beatles and Co et lui envoyer un nouveau morceau chaque soir pour qu'ils l'écoutent ensemble... Des petites attentions, des petits cadeaux, des petites surprises juste pour elle, comme il faisait pour moi... Lui a-t-il envoyé du Neil Young ? Car ça j'y ai eu droit. Entre deux morceaux Trance on a chanté ensemble "Old man sitting by the side of the road..."

Pourtant, la semaine avant de me quitter il écoutait encore de la Trance sur son balladeur ! Dualité avec les femmes, dualité avec la musique. Comment arrive-t-il à lui faire croire qu'il redécouvre cette musique ? Et comment le vit-il surtout après l'avoir tant décriée, appartenant au passé, porteuse de trop de nostalgie ? Il se ment même à lui-même sur ses goûts... Pourquoi revenir soudain sur cette période ? C'est vrai que dans les favoris de sa nouvelle, il n'y a que de la variété française, dont du François Feldman. Il paraît évidemment plus simple de commencer par de la pop-rock pour lui faire miroiter le nirvana. Sera-t-il prêt à écouter du François Feldman pour courtiser sa belle ? Je le crois prêt à tout pour se masturber les neurones derrière son écran. Ce qui m'ennuit le plus, c'est que je lui avais offert un super casque, le top du top, c'est un peu cher payé pour écouter du Feldman.

Apparemment dernièrement il lui a sorti Les Corrs, ça va encore, il ne se trahit pas trop. Sa nouvelle ne connaissait-elle donc pas ? Et bien, y a du boulot ! Et j'ai vu apparaître dans les commentaires "rhalalaaaa ces violons" assortis de nos smileys... Notre :)) qu'elle a déjà adopté en seulement un mois soi-disant... Je note au passage qu'il est inscrit sur ce nouveau site depuis le 14 octobre 2007... Plus d'un an pour me quitter, plus d'un an de mensonges...

Non, nous c'était de la Trance (c'était le leurre qu'il utilisait pour moi, et j'ai mordu à l'hameçon) avec des "rhalalaaaaa cette montée, tu entends Isa ? Elle va nous emmener jusqu'au 7ème ciel". Et puis on tapait pendant des heures et des heures des POM POM POM et des TSI TSI TSI, debout derrière l'écran, en train de danser comme des fous. Ca, j'en ai des pages et des pages consignées dans nos anciens chats. On s'envoyait des sourires, des ondes... ses pensées n'étaient que pour moi et allaient m'accompagner pour la fin de ma nuit avec des "Que ta nuit soit douce ma belle Isa". Tout ça au travers d'un clavier. Tout était magique pour lui. Nous étions en communion d'esprits, j'étais son âme-soeur, un amour pur et grand...

Non, ce n'était pas une belle histoire, puisqu'elle se répète mots pour mots. J'ai même retrouvé des échanges passionnés avec sa nouvelle conquête datant du 09 décembre, le jour où il me quittait, sans préavis ! Il batifolait, sans même se préoccuper de ce qui pouvait m'arriver... Prenant sans doute quelques minutes entre deux pour me rédiger vite fait ce mail de rupture, et m'assurer de son amour éternel dans ses pensées... me parler de sa souffrance à me quitter aussi... Comment peut-on être aussi ignoble ? Je ne lui reproche pas d'avoir cessé de m'aimer, contre ça on ne peut rien... Je lui reproche de ne jamais m'avoir aimée et de m'avoir menti depuis le début par des artifices qu'il semble avoir élaborés et testés depuis longtemps. Mais pourquoi m'avoir fait perdre 8 ans de ma vie ? Pourquoi autant de temps ? Pourquoi cette cruauté dans le mensonge jusqu'au bout ? Et comment a-t-il osé prendre sa femme pour prétexte ? C'est en chattant tous les soirs, en envoyant ses "pensées étoilées", qu'il se rapproche de sa femme ? Son mail de rupture est à vomir !... Son nouveau poisson avait sans doute mordu.

Comme cet homme a dû avoir une vie pauvre en amour, pour qu'il se cherche sans cesse dans le regard des autres ! Non, il ne sait pas à quoi ressemble l'amour. Il ne rêve que de sensations artificielles, il se raconte des histoires de passion. La vie de tous les jours, ça l'ennuie... car il ne connaît pas ces petits pincements au coeur, soudains et inattendus, pour un geste, pour une mimique, pour un regard. Il ne connaît pas non plus ce manque soudain lorsqu'au bout de quelques heures, on n'a pas de nouvelle de l'autre. Il me l'a fait croire au début, mais je vois bien que ce n'était que de la possessivité malsaine. La vraie passion n'est pas faite que de paillettes, c'est celle que l'on ressent tous les jours, à n'importe quel moment. Et moi je l'avais toujours en moi cette petite flamme au bout de 8 ans. Oh, il m'assurait bien que nos ondes magiques passaient encore lorsqu'on faisait l'amour, et ce quelques jours encore avant notre séparation ! Mais même ça il l'a occulté, avec sa pirouette verbale "Oui j'aimais nos mardis, mais je me rendais bien compte que l'on ne pourrait jamais rien construire ensemble"... Mais que voulait-il donc construire ? Il avait déjà sa vie d'homme marié, non !? Puisque sa femme il était censé ne jamais la quitter... Quels rêves mystérieux se raconte-t-il donc ? Pendant près de 8 ans, je l'ai entendu dire qu'il cherchait sa voie professionnellement (à 54 ans, il serait temps !), mais qu'a-t-il fait pour ça ? Moi, mon rêve était clair et net : une maison en Vendée pour être près de lui lorsqu'il serait à la retraite. J'avais arrêté mes petits textes, mes petits poèmes, mes petits dessins, pour ne consacrer mon énergie qu'à ça.

Il est vrai qu'en Inde (oui il a fait la route des Indes pendant deux ans lorsqu'il était jeune... un autre sujet longuement raconté lors de nos premiers chats) il avait eu une prédiction : celle qu'il sortirait de sa période saturnienne vers 55 ans. On lui avait prédit aussi une maîtresse à la quarantaine et apparemment c'était moi. Selon lui notre histoire était écrite... Lui aurait-on prédit une nouvelle maîtresse à 55 ans ? Pour sa période mercurienne ou jupitérienne ??? Je me relis et je ris de moi... Comment ai-je pu gober ces balivernes ? C'est d'ailleurs au nom de cette prédiction qu'il m'a quittée... la prédiction incluait que sa femme allait avoir une maladie mentale. Et je me suis entendue dire le lendemain du mail de rupture que sa femme allait très mal et qu'il n'était pas question qu'il laisse la prédiction se réaliser ! C'est sans doute au nom de cette prédiction qu'il recommence avec une autre... Serait-elle psy ? Des consultations à distance ?

Je crois bien qu'il est incapable d'aimer et qu'il ne s'aime même pas lui-même pour chercher sans cesse à s'étourdir de la sorte. Dieu qu'il aura fallu que je l'aime pour qu'il tienne avec moi 8 ans ! Mais j'étais dans le faux, ce n'était pas cet homme-là que j'aimais. Cette personne n'existait pas... et je me réveille doucement de ce cauchemar, avec pour simple souvenir un pervers qui s'est improvisé gourou. Il est passé à côté de l'amour que je lui offrais, comme il est vraisemblablement passé à côté de celui de sa femme.

Je ne vais pas me remettre en question, non. Je l'ai trop fait pendant les quinze jours où il ne décrochait pas. A me torturer l'esprit pour comprendre. A me demander ce que j'avais bien pu faire. A me dire que ma vie était finie sans lui. A en détester mon corps pour le mal qu'il me faisait... Et ce vide béant et noir devant moi, qui m'appelait... Mon seul défaut est d'avoir laisser fonctionner mon coeur, plutôt que de faire marcher ma tête ! Mais je ne changerai pas, non ! Si je veux gagner sur moi-même, je dois rester intacte, comme avant notre rencontre. Oui je suis naïve, mais c'est cette naïveté et mon regard d'enfant qui me font voir la beauté de la vie. Rien n'est plus beau que la sincérité.

Cette passion que j'ai au fond de moi, je vais la reconstruire. Cet amour que j'ai donné à tort, n'est pas perdu. Je suis en train de lui reprendre cet amour qu'il ne mérite pas. Il ne me le volera pas. Et je sens bien maintenant qu'il est toujours là, prêt à renaître. Je remercie d'ailleurs mes parents de m'avoir donné cette force. Ils ont toujours cru qu'ils avaient fait les trois plus beaux enfants du monde. C'est vrai que ça aide. Mes parents que j'ai sans doute trop voulu prendre pour modèle... A 50 ans, je les ai vus pleurer parce qu'ils allaient être séparés une semaine. Je sais aussi que ma mère a fait une tentative de suicide parce que ses parents étaient opposés au mariage... Peut-on me reprocher cela ? De croire aux belles histoires qui finissent bien ? Tout au plus mon manque de discernement.

Et oui, je suis en train de faire le grand déballage de printemps, de me mettre à poil sur le net, de sortir mes tripes... Cette nuit j'ai écrit jusqu'à épuisement. Il a fallu que j'aille m'allonger une heure, tant je me suis sentie fatiguée à en avoir la nausée. Mais c'est ça, où c'est le gouffre. Je fais tout de suite le choix. Je dois l'expulser au plus vite. Cela fait déjà un mois que je vis ce calvaire, ça n'a que trop duré... Plus mes nuits sont douloureuses, plus mes journées me paraissent possibles sans lui.

Bon, cette fois-ci je vais dormir.

 

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