Nuits

FLOP

Poème que j'ai écrit spontanément cette nuit sur un site dans la rubrique "Top & Flop" (l'humeur du jour, en gros)

"Flop" ou "Les bruits de mes Nuits"

Flip flap flop comme font les larmes de mon âme...
Tic-tac comme claqu' le temps d'une nuit sans fin...
Aucun bruit ne fait mon coeur qui n'a plus sa flamme,
Même le train de "Kuro" m'interpelle en vain.

Que la nuit extérieure est noire et silencieuse
Alors qu'en dedans résonne tant de rancoeur !
Badaboum les pensées reviennent incidieuses,
A en vouloir hurler au monde mon malheur

"Kuro" c'est le titre d'un mix de Dj Maitreya que j'écoute à longueur de temps en ce moment et qui s'inspire d'un voyage en train.

DISQUE RAYE, TOC ET INSOMNIES

LE DISQUE RAYE, TOC ET INSOMNIE

Je m’aperçois que cela fait plus d’un mois que je n’ai pas écrit de billet sur ce blog. Je n’ai pas vu le temps passer. Demain, toujours demain… Je prends des notes de temps en temps sur un cahier en me disant « Tiens, il faudra que je parle de ça »…

Pour l’instant je me suis réfugiée dans le dessin, ou plutôt sur un logiciel de dessin, car il faut bien avouer qu’il y a de la distance entre le contact franc et spontané avec le papier, et des petits clics sur des options… Le dessin se crée sous nos yeux, comme par magie, mais on se demande parfois si c’est vraiment soi qui l’a réalisé. Le geste est absent et manque. La volupté manque. Elle est remplacée par une sorte de satisfaction intellectuelle à remarquer un détail, que d’autres n’auraient sans doute pas vu (ils en auraient choisi d’autres), et à le mettre en évidence… Une satisfaction à décider d’une couleur ou d’une lumière… mais le dessin reste physiquement très extérieur. Difficile à expliquer tout ça. On ne prémédite pas son dessin. Pour l’instant l’ordinateur mène la danse, car je ne connais pas encore toutes les options et je teste. L’ordinateur propose et je décide de poursuivre ou non dans cette voie.  J’ai produit comme ça un nombre incalculable de ce que j’ai appelé des « nova » : fond sombre, effet d’éblouissement et hop un soleil couchant apparaît. C’est joli, mais c’est lassant, même si le fractal autour est beau. J’en ai plus d’une centaine comme ça dans l’ordinateur.

Heureusement j’ai découvert il y a quelques jours, suite à un mauvais clic, comment faire une sphère. Mais une sphère c’est rond, donc les coins du cadre sont vides et tristes… alors il m’a fallu apprendre à fusionner les calques, pour pouvoir poser mes sphères sur des fonds. Là, le travail est plus intéressant car il faut trouver soit le bon décor qui mettra la sphère en valeur, ou à l’inverse la sphère appropriée qui enrichira le paysage. Car les fonds m’évoquent personnellement des paysages. Là l’ordinateur ne décide pas. Je dois bien avoir deux cents sphères en magasin… Toutes plus belles les unes que les autres (selon moi) mais qui pour l’instant n’évoquent rien. Je dois les retravailler en fonction de ce que j’ai envie d’exprimer. Le dernier dessin en date « Eclipse » m’a pris du temps, parce que cette fois-ci je savais ce que je voulais faire. J’avais obtenu une jolie nacre en guise de sphère, qui m’a tout de suite évoqué la lune, et plus précisément une éclipse. Elle n’a l’air de rien, mais je l’ai travaillée pour qu’elle ait de la brillance à certains endroits et du flou à d’autres. Pour lui donner du volume. Puis à partir d’un vieux fond, j’ai construit le décor autour d’elle. Les choses deviennent enfin intéressantes avec ce logiciel, mais il est vrai que je ne l’ai que depuis fin janvier et que je n’y connaissais rien.

Si je fais une telle digression, c’est parce que le dessin occupe toutes mes journées, ou plutôt mes nuits, depuis plusieurs semaines. Il m’arrive de rester devant l’ordinateur plus de 30 heures d’affilées. Je crois que c’est devenu un TOC. Je ne pense à rien pendant ce temps-là. Comme hypnotisée, je clique et reclique jusqu’à obtenir qui une sphère rouge, qui une sphère bleue… ou top du top une dorée. Je me fixe ce genre de défis. Ou, comme je les enregistre sous un numéro, je décide de manière arbitraire d’aller jusqu’à tel ou tel numéro. J’en oublie même parfois d’allumer une cigarette, c’est tout dire. Puis d’un seul coup, je m’écroule de sommeil. Parfois à 10h du matin, parfois à 17h lorsque l’insomnie dure au-delà de la nuit. Je n’ai plus conscience du jour ou de la nuit en fait. Je n’avais encore jamais éprouvé cela de ma vie. Je ne comprenais d’ailleurs pas les insomniaques. Pour moi, il suffisait de fermer les yeux pour s’endormir !

Alors je dessine de manière compulsive. Ou c’est ça, ou c’est aller l’étrangler de mes propres mains… Pas grand choix ! Quand j’arrête de dessiner, j’ai ces colères intérieures et insupportables qui me reprennent. Les démons ressurgissent : comment peut-on être serein et heureux en ayant rendu les autres malheureux ? En n’ayant pas la moindre once de respect pour autrui ? Je suis sûre qu’il a su se donner bonne conscience depuis, et qu’il a su également trouver de bons arguments pour sa nouvelle conquête. Car c’est un homme qui a une vision égocentrique des choses. Ca je m’en étais déjà rendue compte à plusieurs reprises, bien avant notre séparation.

Son credo était qu’il y avait toujours un prix à payer dans la vie, une facture pour les moments de bonheur… Moi je paie, double-tarif, pour des bonheurs que je n’ai pas connus, pour une trahison où je ne suis pas responsable, pour des instants de leurre, pour un infâme gâchis de huit années… pendant que lui passe son temps à faire le joli cœur. Il m’a tout repris du jour au lendemain sans me laisser la moindre chance de pouvoir au moins me construire des souvenirs, sans me donner la moindre explication, sans même me témoigner un tant soit peu de respect après toutes ces années. Tout n’était que mensonges. J’ai un vide de 8 ans partis en fumée ! Rien à raconter sur cette période, si ce n’est une liaison avec un homme marié en mal de sexe, jonchée de 5 à 7 graveleux qui me font horreur à en vomir. J’ai un disque rayé dans la tête, et je ne sais pas ce qui pourra un jour arrêter cette musique glauque qui résonne à mon esprit. Le dessin ou l’écriture peuvent m’y aider, mais ils m’écartent en même temps des réalités. Pas facile à se reconstruire ! Pas facile à lutter contre une dépression ! Je n’aurais jamais voulu le rencontrer ce con ! (désolée, mais il n’y a pas d’autre mot pour le décrire). Je ne vais donc pas le faire mentir… il va payer pour tout ce qu’il m’a pris, je ne sais pas encore quand et comment, mais il faut qu’il paie. Cela me fera toujours un but dans la vie, puisque je n’en ai plus.

Je n’ai plus envie d’être gentille, de tendre l’autre joue comme par le passé, en me disant « j’ai ma conscience pour moi ». A quoi me sert donc une conscience si les autres autour de moi n’en ont pas ? Je passe pour une naïve, un peu duduche. (J’ai souvent fait sourire quand je raconte que je porte des objets de valeur aux objets trouvés). Et comme je ne montre pas les dents, on profite de moi. Combien de fois ne m’a-t-on pas dit « Tu es trop gentille » ou « Tu te laisses trop faire ». Et puis, après tout, quand je parle de mes projets de vengeance à mon entourage, on me dit « Vas-y ! Fais-le ! ». Tout le monde pense qu’il le mérite. Ils sont parfois même plus énervés que moi !

Curieusement, Alain ne me manque pas le moindre du monde. J’ai réussi à dépasser ce cap. Sur ce point, j’ai fait la part entre la réalité et l’imaginaire. Quand je parle de lui, c’est « ce con » ou « ce connard ». Il m’aura fallu seulement trois semaines pour faire ce constat. C’est vrai que son grand silence pendant cette période m’a fortement aidée. Non, ce qui fait mal c’est ce sentiment d’avoir été blessée de manière totalement gratuite, sans aucun ménagement, et d’avoir été abusée pendant autant d’années. Et dire qu’il prônait la confiance ! Il fallait que je lui fasse confiance, il était quelqu’un de bien en proie à sa dualité ! Par contre, moi j’étais une affreuse célibataire qui risquait de le tromper et de le quitter à tout moment… Il me reprochait d’ailleurs d’avoir eu plusieurs partenaires. J’étais volage parce que j’avais tenté de faire ma vie par trois fois… Cela fait sourire, non ? En tout cas, moi je n’ai jamais trompé personne ! Même par la pensée ! Et il se passait un à deux ans après une séparation avant que je rencontre à nouveau quelqu’un. Apparemment sa dualité il la vit bien maintenant ! Il ne se cache même plus sur le tarot. Quel bel hypocrite !

Dès que je raconte mon histoire, les gens s’accordent à dire qu’il est évident qu’il est coutumier du fait (ah sa femme doit avoir les cornes hautes !), et qu’il m’a gardée sous le coude jusqu’au bout juste au cas où il ne concrétiserait pas avec la nouvelle. C’est cette lâcheté que je lui reproche surtout, et qui remet en cause la sincérité de notre histoire… qui efface tout. On ne peut pas se comporter de cette manière si on a réellement aimé la personne. Oui j’ai bien perdu huit années de ma vie, les années les plus importantes en plus, les plus belles pour une femme. Je me suis retranchée dans mon petit deux pièces à attendre, attendre, attendre, toujours attendre le bon plaisir de Monsieur, à l’âge où j’aurais dû exploser socialement. Une petite vie de femme rangée, pour un type que je ne voyais que deux fois par semaine et qui n’était même pas sincère en plus ! Tant de sacrifices pour rien !

C’est un projet de vie entier qui tombe en miettes du jour au lendemain, après 8 ans d’élaboration constante, et qui vous laisse un goût de néant en bouche, une blessure béante à l’âme. Imaginez-vous jetée sans raison du haut d’une tour par la personne en qui vous aviez le plus confiance ! Vous tombez tout d’abord en vous demandant si vous ne rêvez pas, puis vous en venez vite à vous demander sans cesse pourquoi. Et vous ne voyez surtout pas la fin de cette chute interminable.

Alors je comble mes nuits et mes journées par tout ce qui peut m’éloigner de la réalité. Je ne fais toujours pas mon ménage bien entendu. J’en suis à trois mois de retard de loyer (alors que je peux payer). Mon téléphone de domicile vient d’être coupé (la facture doit être quelque part dans la boîte à lettres). Heureusement, mon portable et mon internet sont en prélèvement. Je ne suis toujours pas allée chez le médecin pour renouveler mon ordonnance. Mon amie productrice m’a demandé un scénario il y a trois semaines, je ne lui ai toujours pas envoyé. Il est pourtant tout prêt, un simple mail me paraît insurmontable… Bref, j’ai un comportement bizarre qui commence à m’inquiéter (lol). Par contre, lui s’occupe bien de lui. J’ai appris qu’il avait trouvé une nouvelle coach sur Paris pour continuer à se procurer les compléments alimentaires que je vendais (ces produits sont décidément excellents !). Il veut s’entretenir pour sa nouvelle ! Il envoie même sa femme les acheter. Sa femme qui a d’ailleurs l’air très dynamique pour quelqu’un qui allait si mal !

Bon j’arrête là pour ce soir... le dessin m'appelle !

NUITS BLANCHES (suite) ou La Pêche à la Mouche

Ce qui me fait dire aussi qu'il s'agit de donjuanisme, c'est ce rituel immuable qu'il emploie : l'échange et le partage de musique est son arme de séduction. Pour moi, ça a été la découverte de la Trance. On a tout d'abord parlé des morceaux pop-rock que nous connaissions tous les deux, puis bien vite il m'a fait connaître la Trance Goa... Il repartait dans la Trance grâce à moi, car au bout de plusieurs années il avait soi-disant décidé d'y renoncer juste avant de me rencontrer... Là aussi c'était un miracle selon lui. Il est vrai qu'en matière de pop-rock, il était difficile de m'en apprendre... Il n'était pas question selon lui qu'il ré-écoute toute cette période pop-rock trop liée au passé. Il n'aimait pas la nostalgie, et ne revenait jamais en arrière sur ce qu'il avait aimé. Il était donc en "errance" musicale lorsqu'il m'a connue, cherchant un nouveau courant qui le ferait vibrer... Curieuse similitude avec son comportement envers les femmes... Il a donc replongé dans la magie de la Trance "grâce" à moi.

Et là, je retrouve mon Alain, mon ex-Alain devrais-je plutôt dire, en train d'échanger de la pop-rock avec sa nouvelle. C'est à mourir de rire... Le miracle a dû se produire là aussi, il redécouvre la magie de la pop-rock "grâce" à elle. Je l'imagine bien ressortir toutes ses compils des Beatles and Co et lui envoyer un nouveau morceau chaque soir pour qu'ils l'écoutent ensemble... Des petites attentions, des petits cadeaux, des petites surprises juste pour elle, comme il faisait pour moi... Lui a-t-il envoyé du Neil Young ? Car ça j'y ai eu droit. Entre deux morceaux Trance on a chanté ensemble "Old man sitting by the side of the road..."

Pourtant, la semaine avant de me quitter il écoutait encore de la Trance sur son balladeur ! Dualité avec les femmes, dualité avec la musique. Comment arrive-t-il à lui faire croire qu'il redécouvre cette musique ? Et comment le vit-il surtout après l'avoir tant décriée, appartenant au passé, porteuse de trop de nostalgie ? Il se ment même à lui-même sur ses goûts... Pourquoi revenir soudain sur cette période ? C'est vrai que dans les favoris de sa nouvelle, il n'y a que de la variété française, dont du François Feldman. Il paraît évidemment plus simple de commencer par de la pop-rock pour lui faire miroiter le nirvana. Sera-t-il prêt à écouter du François Feldman pour courtiser sa belle ? Je le crois prêt à tout pour se masturber les neurones derrière son écran. Ce qui m'ennuit le plus, c'est que je lui avais offert un super casque, le top du top, c'est un peu cher payé pour écouter du Feldman.

Apparemment dernièrement il lui a sorti Les Corrs, ça va encore, il ne se trahit pas trop. Sa nouvelle ne connaissait-elle donc pas ? Et bien, y a du boulot ! Et j'ai vu apparaître dans les commentaires "rhalalaaaa ces violons" assortis de nos smileys... Notre :)) qu'elle a déjà adopté en seulement un mois soi-disant... Je note au passage qu'il est inscrit sur ce nouveau site depuis le 14 octobre 2007... Plus d'un an pour me quitter, plus d'un an de mensonges...

Non, nous c'était de la Trance (c'était le leurre qu'il utilisait pour moi, et j'ai mordu à l'hameçon) avec des "rhalalaaaaa cette montée, tu entends Isa ? Elle va nous emmener jusqu'au 7ème ciel". Et puis on tapait pendant des heures et des heures des POM POM POM et des TSI TSI TSI, debout derrière l'écran, en train de danser comme des fous. Ca, j'en ai des pages et des pages consignées dans nos anciens chats. On s'envoyait des sourires, des ondes... ses pensées n'étaient que pour moi et allaient m'accompagner pour la fin de ma nuit avec des "Que ta nuit soit douce ma belle Isa". Tout ça au travers d'un clavier. Tout était magique pour lui. Nous étions en communion d'esprits, j'étais son âme-soeur, un amour pur et grand...

Non, ce n'était pas une belle histoire, puisqu'elle se répète mots pour mots. J'ai même retrouvé des échanges passionnés avec sa nouvelle conquête datant du 09 décembre, le jour où il me quittait, sans préavis ! Il batifolait, sans même se préoccuper de ce qui pouvait m'arriver... Prenant sans doute quelques minutes entre deux pour me rédiger vite fait ce mail de rupture, et m'assurer de son amour éternel dans ses pensées... me parler de sa souffrance à me quitter aussi... Comment peut-on être aussi ignoble ? Je ne lui reproche pas d'avoir cessé de m'aimer, contre ça on ne peut rien... Je lui reproche de ne jamais m'avoir aimée et de m'avoir menti depuis le début par des artifices qu'il semble avoir élaborés et testés depuis longtemps. Mais pourquoi m'avoir fait perdre 8 ans de ma vie ? Pourquoi autant de temps ? Pourquoi cette cruauté dans le mensonge jusqu'au bout ? Et comment a-t-il osé prendre sa femme pour prétexte ? C'est en chattant tous les soirs, en envoyant ses "pensées étoilées", qu'il se rapproche de sa femme ? Son mail de rupture est à vomir !... Son nouveau poisson avait sans doute mordu.

Comme cet homme a dû avoir une vie pauvre en amour, pour qu'il se cherche sans cesse dans le regard des autres ! Non, il ne sait pas à quoi ressemble l'amour. Il ne rêve que de sensations artificielles, il se raconte des histoires de passion. La vie de tous les jours, ça l'ennuie... car il ne connaît pas ces petits pincements au coeur, soudains et inattendus, pour un geste, pour une mimique, pour un regard. Il ne connaît pas non plus ce manque soudain lorsqu'au bout de quelques heures, on n'a pas de nouvelle de l'autre. Il me l'a fait croire au début, mais je vois bien que ce n'était que de la possessivité malsaine. La vraie passion n'est pas faite que de paillettes, c'est celle que l'on ressent tous les jours, à n'importe quel moment. Et moi je l'avais toujours en moi cette petite flamme au bout de 8 ans. Oh, il m'assurait bien que nos ondes magiques passaient encore lorsqu'on faisait l'amour, et ce quelques jours encore avant notre séparation ! Mais même ça il l'a occulté, avec sa pirouette verbale "Oui j'aimais nos mardis, mais je me rendais bien compte que l'on ne pourrait jamais rien construire ensemble"... Mais que voulait-il donc construire ? Il avait déjà sa vie d'homme marié, non !? Puisque sa femme il était censé ne jamais la quitter... Quels rêves mystérieux se raconte-t-il donc ? Pendant près de 8 ans, je l'ai entendu dire qu'il cherchait sa voie professionnellement (à 54 ans, il serait temps !), mais qu'a-t-il fait pour ça ? Moi, mon rêve était clair et net : une maison en Vendée pour être près de lui lorsqu'il serait à la retraite. J'avais arrêté mes petits textes, mes petits poèmes, mes petits dessins, pour ne consacrer mon énergie qu'à ça.

Il est vrai qu'en Inde (oui il a fait la route des Indes pendant deux ans lorsqu'il était jeune... un autre sujet longuement raconté lors de nos premiers chats) il avait eu une prédiction : celle qu'il sortirait de sa période saturnienne vers 55 ans. On lui avait prédit aussi une maîtresse à la quarantaine et apparemment c'était moi. Selon lui notre histoire était écrite... Lui aurait-on prédit une nouvelle maîtresse à 55 ans ? Pour sa période mercurienne ou jupitérienne ??? Je me relis et je ris de moi... Comment ai-je pu gober ces balivernes ? C'est d'ailleurs au nom de cette prédiction qu'il m'a quittée... la prédiction incluait que sa femme allait avoir une maladie mentale. Et je me suis entendue dire le lendemain du mail de rupture que sa femme allait très mal et qu'il n'était pas question qu'il laisse la prédiction se réaliser ! C'est sans doute au nom de cette prédiction qu'il recommence avec une autre... Serait-elle psy ? Des consultations à distance ?

Je crois bien qu'il est incapable d'aimer et qu'il ne s'aime même pas lui-même pour chercher sans cesse à s'étourdir de la sorte. Dieu qu'il aura fallu que je l'aime pour qu'il tienne avec moi 8 ans ! Mais j'étais dans le faux, ce n'était pas cet homme-là que j'aimais. Cette personne n'existait pas... et je me réveille doucement de ce cauchemar, avec pour simple souvenir un pervers qui s'est improvisé gourou. Il est passé à côté de l'amour que je lui offrais, comme il est vraisemblablement passé à côté de celui de sa femme.

Je ne vais pas me remettre en question, non. Je l'ai trop fait pendant les quinze jours où il ne décrochait pas. A me torturer l'esprit pour comprendre. A me demander ce que j'avais bien pu faire. A me dire que ma vie était finie sans lui. A en détester mon corps pour le mal qu'il me faisait... Et ce vide béant et noir devant moi, qui m'appelait... Mon seul défaut est d'avoir laisser fonctionner mon coeur, plutôt que de faire marcher ma tête ! Mais je ne changerai pas, non ! Si je veux gagner sur moi-même, je dois rester intacte, comme avant notre rencontre. Oui je suis naïve, mais c'est cette naïveté et mon regard d'enfant qui me font voir la beauté de la vie. Rien n'est plus beau que la sincérité.

Cette passion que j'ai au fond de moi, je vais la reconstruire. Cet amour que j'ai donné à tort, n'est pas perdu. Je suis en train de lui reprendre cet amour qu'il ne mérite pas. Il ne me le volera pas. Et je sens bien maintenant qu'il est toujours là, prêt à renaître. Je remercie d'ailleurs mes parents de m'avoir donné cette force. Ils ont toujours cru qu'ils avaient fait les trois plus beaux enfants du monde. C'est vrai que ça aide. Mes parents que j'ai sans doute trop voulu prendre pour modèle... A 50 ans, je les ai vus pleurer parce qu'ils allaient être séparés une semaine. Je sais aussi que ma mère a fait une tentative de suicide parce que ses parents étaient opposés au mariage... Peut-on me reprocher cela ? De croire aux belles histoires qui finissent bien ? Tout au plus mon manque de discernement.

Et oui, je suis en train de faire le grand déballage de printemps, de me mettre à poil sur le net, de sortir mes tripes... Cette nuit j'ai écrit jusqu'à épuisement. Il a fallu que j'aille m'allonger une heure, tant je me suis sentie fatiguée à en avoir la nausée. Mais c'est ça, où c'est le gouffre. Je fais tout de suite le choix. Je dois l'expulser au plus vite. Cela fait déjà un mois que je vis ce calvaire, ça n'a que trop duré... Plus mes nuits sont douloureuses, plus mes journées me paraissent possibles sans lui.

Bon, cette fois-ci je vais dormir.

 

NUITS BLANCHES

Encore une nuit de passée... Il est 6h du matin et je suis devant mon ordinateur. Je n'ai pas fermé l'oeil.

Mes journées se passent en fait à somnoler, tâchant d'oublier. C'est le soir que les questions ressurgissent, obsédantes... puis dévorantes à la nuit. J'ai ma vague de désespoir vers 3, 4h du matin à laquelle il me faut faire face chaque nuit. Je me défends par la colère par moments... mais je souhaite ne pas arriver à la phase de vengeance qui serait par trop destructrice. Je ne dois pas chercher à lui nuire, je dois penser à me reconstruire. Il faut que je le laisse pour ce qu'il est, et ma seule consolation c'est que maintenant il sait que je sais ce qu'il est : un pervers.

Pourquoi m'avoir pris 8 ans de ma vie ? Quelques semaines ou quelques mois ne lui suffisaient-ils donc pas ?... Sans doute pour la simple difficulté à me trouver une remplaçante... Je m'en veux de ma naïveté !

Cette nuit encore, j'ai trouvé des messages de lui sur un site, qui datent de plus d'un an et demi ! Nous étions allés à une soirée Trance sur une péniche, avec de la fusion Gnawa. Il y avait des chanteuses que nous avions appréciées. Il se trouve qu'un type du site Trancegoa connaissait l'une d'elles. Il aura fallu qu'Alain se renseigne pour entrer en contact avec elle : un message sur le blog de cette personne en mai, un autre en octobre 2007, et celui de mai se terminait déjà par "j'attends de tes news". Pourquoi ne m'en avoir rien dit à l'époque, puisque nous étions censés partager tout... et notamment notre amour pour ce genre de créations ? Sa duplicité le taraudait selon lui, mais je vois bien qu'il lui fallait non seulement un monde caché de sa femme, mais également un troisième caché du mien. Je me souviens qu'à l'époque il m'avait parlé d'une vieille amie qu'il avait croisée incidemment, qu'elle lui avait laissé sa carte et que dessus était mentionné qu'elle était plasticienne... "C'est quoi plasticienne ?" m'avait-il demandé. Et cette personne se présente justement comme plasticienne sur son site...

Le plus curieux est qu'il n'avait pas pu s'empêcher de m'en parler, ça avait été plus fort que lui, sous forme de mensonge certes, mais il m'en avait parlé quand même avec cette histoire de rencontre fortuite ! Sans doute pour mieux savourer cette éventuelle triplicité. Ca me fait penser à la nouvelle d'Edgar Poe où l'auteur d'un meurtre se fait prendre par perversité : il faut absolument que le monde sache qu'il en est l'auteur pour que sa jouissance soit au comble.

Je ne sais quelle a été la nature de ses échanges avec cette Alexandra, mais à la vue des smileys employés, sa tentative n'a vraisemblablement pas abouti.

Je n'ai plus de cigarettes et il faut que j'attende encore 20mn avant que le tabac ouvre...

J'ai mes cigarettes !!! J'ai mis un pantalon et un gros pull par dessus mon pyjama, et une fois dehors je me suis aperçue qu'il neigeait. J’ai eu une sensation curieuse, celle qui se passait des choses autour de moi. Mes yeux commenceraient-ils à s’ouvrir, pour voir qu’il y a de belles choses autour de moi ?

Une fois dans la boutique, j’ai été confrontée au monde du travail… Une file d’attente, avec des gens pressés… Ils allaient visiblement prendre leur bus après avoir acheté leurs cigarettes. Et ce monde du travail m’a semblé soudain si loin… sorte d’univers irréel auquel je n’appartiens plus. Cela va être mon plus grand pari maintenant que mon activité est morte. Après tout, ce n’est pas plus mal puisqu’elle était liée à lui, et à notre projet d’amour éternel… S’accomplir, comme il disait. Faire de grandes réalisations pour continuer à s’admirer l’un l’autre, le pari étant de se donner les moyens pour que notre relation continue. « Aie confiance » me répétait-il (un peu comme dans le serpent du Livre de la Jungle vu par Walt Dysney) « Si on le veut vraiment, si on le croit, notre amour triomphera des difficultés, il est unique ». Notre projet allait au-delà de sa retraite, je devais trouver le moyen pour que les contingences matérielles ne fassent pas obstacle à ce si grand amour, surtout lorsqu'il serait en Vendée. Il n’avait qu’un souhait c’était que « je brille »… Et du jour au lendemain, après 8 ans, hop-là ! Disparu ! Sa phrase devant mes questions, seulement 2 jours après la séparation, malgré son mail mensonger sur sa souffrance à me quitter et son amour éternel, me résonne encore en tête : « Et oui, tu as une déception amoureuse ! Et alors ? Tu n’en as jamais eue ? » d’un ton sec et froid. Non je n’en ai jamais eue de la sorte… avec autant de cruauté. Les séparations n’étaient pas aussi calculées, pas aussi sournoises… Et elles étaient partagées.

Je vais relever le défi et me trouver une activité où oui je brillerai, pendant qu’il restera dans son obscure médiocrité. Il faut que je prenne un peu de temps pour prendre une voie qui corresponde à mes aspirations… Et puis j’ai un pas de 8 ans à faire pour enjamber ce gâchis. Ce n’est pas si facile que ça. Il faut bien que je prenne mon élan pour repartir de là où j’en étais et passer de 2001 à 2009. Pour l’instant, je digère… Ou plutôt je fais une indigestion. Je veux vomir tout ce poison qu’il a mis en moi, jusqu’à la moindre goutte. Il ne doit rien rester de lui… Rien !

Nuit du 04 au 05/01

Cette nuit, j’ai lu sur le net pas mal d’articles sur le donjuanisme. Il semble que j’aie touché juste… ce besoin de séduire, ce besoin de trophées. Il est surprenant que notre relation ait duré 8 ans, mais cela peut arriver. Combien d’appâts a-t-il lancés avant de me remplacer ? Je vois ses échanges avec sa nouvelle sur d’autres sites. Les smileys sont identiques, les phrases sont identiques :

And all the people around them say “These two ones are so in love, that nothing could separate them” Their dreams will soon come true… Combien de fois me l’a-t-il dit, sous formes diverses et variées ? Notamment lorsque nous sortions. Le regard des autres, c’est cela qui l’importait. Il jubilait lorsque les gens venaient nous complimenter sur l’amour que nous dégagions.

Et je devine les rêves qu’il lui promet puisque ce sont les mêmes qu’il m’avait promis. Le discours ne changent pas. Des paroles de chansons, beaucoup. Il ne se renouvelle pas, il ne sait pas même imaginer. Mêmes échanges de dessins et photos, mêmes procédés. Ce qui m’interroge, c’est la manière dont il s’est présenté cette fois-ci. Aurait-il osé se présenter en mari fidèle ? Sans doute lui a-t-il dit que j’étais son seul écart, dans un moment de doutes ou d’égarement… C’est ce qu’il m’avait dit au début en me parlant d’une aventure qu’il avait eue il y a 20 ans… Un moment d’égarement lié à trop de travail, une relation purement sexuelle… sauf que la fille était tombée enceinte, mais il doutait que ce soit vrai. Sans doute une arme traître d’une maîtresse qui s’accroche, selon lui. Il y a quelques mois, il m’a dit avoir croisé cette ancienne maîtresse « Qu’est-ce qu’elle a changé ! Elle était pourtant jolie fille à l’époque ». Cette simple phrase aurait dû me faire bondir et me faire le ficher à la porte ! Je m’en veux de m’être bouché les yeux à ce point… Je retrouve bien là ce rapport aux trophées.

C’est vraisemblablement ce qu’il dira de moi… une erreur. Une erreur qui a duré 8 ans quand même ! Ce garçon est bien bête pour se tromper si longtemps, et surtout bien lâche pour dire des « je t’aime » jusqu’au dernier jour !!!

Bon je vais arrêter là pour aujourd’hui, mes petits yeux se ferment alors que le jour se lève. Tout est blanc dehors… Le blanc, symbole de pureté… Même le paysage se lave de lui…

Nuit du 05 au 06/01

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