Passion

REVENONS AUX CHOSES SERIEUSES

REVENONS AUX CHOSES SERIEUSES

J’ai un peu pété un câble l’autre soir, mais je préfère revenir aux choses sérieuses. Son œil qu’elle se le garde (serait-elle borgne ?). Des yeux j’en ai maintenant à revendre, car cela m’as inspiré toute une série de dessins (que je mettrai d’ailleurs dans la rubrique photo) ! Et puis ce blog est avant tout fait pour parler de moi et pas d’elle !

Cette semaine est curieuse. Il semble que je recommence à reprendre du poil de la bête moralement, mais par contre le physique ne suit pas. Je me suis pesée hier et j’ai encore maigri. J’ai perdu 1,5 kg en cinq jours et je suis maintenant à 61,5 kg ! C’est vrai que ces trois derniers jours je n’ai rien mangé de vraiment consistant. J’ai recommencé à avoir des insomnies également. On va dire que c’est une semaine « sans »… l’anniversaire des deux mois de rupture ? En fait je passe mon temps à dessiner depuis que j’ai ce nouveau logiciel. Cela me fait du bien et m’évite de penser.

Justement, penser à quoi ? La rupture est consommée maintenant. Bien sûr je lui en veux plus que jamais, mais il n’est plus question d’amour ou d’incompréhension. J’ai bien compris qui il était : « un salaud du net », pour le citer. En fait dès mi-décembre cette réalité m’est apparue. Mais c’était un combat avec la sensation étrange que tout ça n’était pas vrai, que j’allais enfin me réveiller et découvrir que je n’avais fait qu’un cauchemar. Et c’était un combat avec moi-même aussi, pour essayer de ne pas sombrer.

Là j’évite de penser à demain.  Car j’ai un monceau de problèmes dressés devant moi, pourtant à régler au plus vite. J’éprouve une certaine latence à me pencher sur tout ça. J’ai encore du mal à regarder devant. Comment regarder l’avenir lorsqu’on n’a plus aucun projet ? Lorsque tout s’est écroulé du jour au lendemain ? Trahie par celui de qui on s’y attendait le moins ? Comment imaginer un nouveau futur ? Sur quelles motivations ? Le cœur est vide. La vision des choses s’arrête au lendemain tout au plus. C’est comme si j’étais une grande carcasse creuse en dedans… Pas étonnant que je maigrisse, la matière est aspirée de l’intérieur selon la théorie quantique sur le vide ! (Je viens de voir sur internet que ça s’appelle l’effet Casimir ! Je suis pliée !)

Comment ai-je pu en arriver là ? Comment est-ce possible d’avoir aimer à ce point quelqu’un qui ne le méritait pas ?  J’ai toujours été une amoureuse, mais jamais à ce point-là. Et par chance ma tête fonctionnait bien en parallèle de mon cœur. Non, je n’ai encore jamais connu une telle passion destructrice. Sont-ce toutes ses déclarations frelatées qui m’ont induite en erreur ? Etait-ce le regard que je croyais qu’il portait sur moi qui n’était que le reflet de mes propres désirs ? L’amour ne serait-il qu’une fiction créée par le regard de l’autre ? J’ai beau connaître le fin mot de l’histoire, je conserve encore en moi une plaie béante. Les premières semaines j’éprouvais un véritable manque. Le manque de sa présence. Ne plus le revoir du jour au lendemain a été vécu comme un deuil. Ne plus l’entendre, ne plus le toucher, ne plus le lire, ne plus savoir ce qu’il fait, ne plus agir en fonction de lui, ne plus l’avoir pour repère… Et pourtant c’était plus une tentative de meurtre qu’un décès, si je dois établir une comparaison. Car Alain est parti de lui-même, m’abandonnant avec préméditation. Mais d’où me vient ce manque de discernement pour me laisser avoir ainsi par le premier gugusse venu ?

Et comment refaire confiance aux autres et à moi-même ? Il est curieux dans ce genre de situations d’éprouver une part de doute sur soi, comme une sorte de culpabilité. Lorsqu’on est quitté, on se sent diminué. Inconsciemment on se demande si on ne l’a pas mérité… Pourtant il me semble être toujours la même. Et surtout tout l’accable pourtant, et non moi.

J’ai toujours du mal à sortir de la maison et à aller aux devant des gens. Le gardien est venu taper à ma porte ce matin. Des ouvriers devaient faire des travaux. Il paraît qu’il avait mis un mot dans ma boîte… mais comme je n’ai toujours pas ouvert mon courrier depuis deux mois ! Je n’ai pas voulu lui ouvrir, car l’appartement est dans un tel état ! J’en ai honte ! Pourtant, il suffirait de pas grand-chose pour que je m’y mette. En prenant les choses une à une, je dois bien pouvoir y arriver quand même !

Samedi j’ai pris la décision d’aller à une teuf. Ce sera le grand jour, celui de mon retour dans le monde des vivants ! Car pour l’instant je me sens vraiment sur une autre planète, totalement à l’écart de tout. La réalité des autres n’est plus la mienne, je le sens bien. Je n’ai plus conscience de l’heure et je vois à peine passer les jours, ni les nuits d’ailleurs. Je subis le temps… moi qui aime d’habitude prendre des initiatives !

Aujourd’hui je suis donc allée chez le coiffeur. J’ai fait un changement radical ! Et je suis très contente de moi car ça me va bien. J’espère que je serai suffisamment en forme pour sortir ce week-end, et surtout que j’aurai réussi à faire disparaître ces grands cercles noirs que j’ai autour des yeux. Je suis plutôt cadavérique en ce moment… Les coiffeuses ont d’ailleurs eu du mal à me reconnaître. J’ai donc dû leur raconter ce qui m’était arrivé. Je les connais bien en plus. Elles étaient catastrophées. Du coup, deux ont travaillé une heure de plus pour me faire la coupe et la couleur dont j’avais envie, bien que je sois arrivée un peu tard pour cela. Ce n’est rien, mais ce geste m’a fait plaisir.

Bon il est tard, je vais aller dormir. Vivement samedi ! Vivement le retour à la vie !

05/02/09

Que sera 2009 ?

L'année 2009 ne pourra être pire que 2008 en tout cas...

Depuis mon dernier billet, je ne sens plus cette pression sur la poitrine. Sans doute parce que j'ai trouvé quelques réponses au travers de ce blog. Il est quand même curieux que je l'aie rencontré par un ordinateur, que j'aie forgé un rêve à partir d'internet, et que je le quitte maintenant de la même manière... destruction sur le web...

Je m'imaginais continuer à "démonter" étape par étape cette histoire construite de toutes pièces, mais ce serait trop long. L'essentiel a été dit. J'ai suffisament lu et relu nos anciens échanges pour, je pense, approcher la vérité d'assez près maintenant. Rien ne sert de ressasser encore. J'espère seulement que ce n'est pas un espoir secret caché dans un coin de ma tête qui m'empêche d'aller au bout de ce travail. Admettre la réalité est dur, très dur, lorsqu'on a rêvé pendant 8 ans.

Hier, je n'ai pas écrit. Beaucoup de choses me sont passées par la tête pourtant. Deux SMS m'ont perturbée : un "Pardon Isa" suivi d'un "J'ai honte"... de la part de quelqu'un qui vous a encore raccroché au nez trois jours plus tôt, cela m'a laissée de marbre. Je n'y ai pas cru. Non, ce qui m'a perturbée c'est plutôt la raison de ce revirement subit. Est-ce la peur que je détruise son image jusqu'au bout ? Est-ce pour m'apaiser et que je quitte enfin le site où il va ?... Ou un aveu de culpabilité ? Et puis j'ai cessé de me poser des questions. Je sais simplement qu'apparemment il lit ce blog. Maintenant il en fait ce qu'il en veut, je le laisse face à sa conscience. Ce blog n'est pas pour lui mais bien pour moi. Je me suis fait violence pour l'écrire, mais je pense que j'arrive enfin à exorciser la moindre parcelle d'amour qui aurait pu subsiter pour lui. Car celui que j'ai aimé n'existait pas. Ce n'était qu'un petit homme perdu dans ses chimères, que je n'aurais sans doute même pas remarqué si nous nous étions croisés dans la rue. Il ne polluera pas ma mémoire de souvenirs mensongers, ni d'amères regrets... si ce n'est celui de l'avoir rencontré il y a 8 ans.

Je vais pourtant te faire un dernier cadeau Alain, qui satisfera ton ego j'en suis sûre : je n'ai jamais autant souffert de ma vie, comme j'ai souffert ces trois dernières semaines, jusqu'à se traduire par une douleur physique... Mais je dois bien admettre que c'est un cadeau empoisonné, puisque déjà la douleur s'en va, et que je réalise que je n'ai aimé qu'une illusion. Tu vois, avec Franco, cela a mis près de deux ans pour disparaître. Un mal différent, plus latent... Oui, je sais, j'aborde un sujet qui fâche. Mais, je suis bien obligée de repartir de là, puisque mes huit dernières années se sont envolées en fumée. Franco et moi n'étions pas faits l'un pour l'autre et avons commis beaucoup d'erreurs... mais nous nous sommes aimés sincèrement. La dégradation de nos rapports a été progressive, logique et supportable, malgré notre passion. Cette rupture à multiples rebondissements, s'est finalement transformée en amitié.

Comment pourrais-je restée amie de quelqu'un qui m'a précipitée dans le vide du jour au lendemain, Alain ?... malgré ses belles promesses d'être "toujours là quelquepart"... Je suis tombée, tombée, tombée, en t'envoyant des messages de détresse, et tu n'étais pas là. Je ne sais par quel miracle j'ai réussi à ouvrir un parachute ! sans doute mon amour pour l'écriture... Ou aurais-je un esprit plus fort que le tien, pourtant si manipulateur ? Comment pourrais-je me souvenir des "bons moments" que nous avons soi-disant partagés, alors qu'ils se sont avérés n'être que des mensonges ? De belles parties de jambes en l'air ??? A mon âge, tu te doutes bien que j'en ai déjà eues, et pour moi ça ne représente rien si il n'y a pas une once de sentiments derrière.

J'ai pris la décision d'aller enterrer quelquepart le pendentif que tu m'as offert trois jours avant notre séparation. Acte symbolique pour conjurer le mauvais sort. Tu savais déjà ce que tu préparais, et je comprends mieux maintenant ta phrase "Promets-moi quoi qu'il arrive de ne pas jeter mes petits cadeaux". Tu croyais vraiment que j'allais garder une image intacte de toi après ce que tu m'as fait ? Tu voulais que je reste à me morfondre chez moi en pleurant sur le passé ?... pendant que tu roucoulais avec une autre... Tu as voulu que je sois toute à toi jusqu'au bout, et tu voulais ensuite que je sois encore assujettie à toi même dans la rupture... De quelle étrange matière est donc fait ton coeur ? D'où te vient cette possessivité malsaine ? Et comment as-tu pu sans aucun scrupule prendre ta femme pour prétexte ? Je suis en train de me laver de toi, Alain, et je suis fière de moi. J'en ai bavé ces dernières nuits à regarder la réalité en face, mais ça valait le coup.

Il a fallu que je remonte loin, très loin, jusqu'à mes rêves de petite fille pour comprendre pourquoi tout ça s'était passé, pour me remettre en question aussi. Alors que la plupart rêve de robes de princesse, de châteaux et de princes, moi je rêvais que j'étais le tireur le plus rapide de l'Ouest, que je me battais avec je ne sais quel chef indien ou shérif, toujours très beau bien entendu, que dans le combat mon chapeau de cow-boy tombait... et que mon adversaire tombait instantanément amoureux de moi lorsqu'il découvrait que j'étais une femme. Fantasme curieux, non ? Certainement très riche en enseignement psychanalitique. Je ne suis pas psy, mais si je dois avoir une part de responsabilité, je crois bien qu'elle est là : ma quête de l'amour impossible, celui qui vous chavire le coeur, qui vous oblige à vous surpasser pour qu'il devienne possible... Mais existe-t-il encore des princes prêts à affronter tous les dragons de nos jours ?... Une prédisposition aussi à me laisser choisir, plutôt que de choisir. Une amie me disait un jour qu'avant que de tomber amoureuse, elle commençait toujours par regarder les chaussures du prétendant, pour voir si il était propre sur lui. Comment peut-on raisonner de la sorte en matière d'amour ? Je n'ai jamais trop bien compris. La passion doit vous tomber dessus quand vous vous y attendez le moins, et vous emporter corps et âme comme une vague incontrôlable. Une fois les dragons vaincus, elle reste là au fond de soi, prête à ressurgir dans un échange de regards, dans une mimique attendrissante, dans un frôlement, de manière toujours aussi inexplicable qu'au début. Non, je me refuse à calculer l'amour. Cette triste expérience n'anihilera pas ma richesse intérieure. Je serai peut-être un peu plus prudente quant à laisser tomber ma garde.

Il va me falloir reconstruire maintenant. Ca ne va pas être facile, j'ai fait pas mal de dégâts dans ma vie de tous les jours. Mais qu'à cela ne tienne, je serai assez forte pour retrousser les manches. Je vais me remettre à écrire. Je ne sais pas si j'alimenterai ce blog de mes nouveaux écrits. Je verrai. Mais je sens bien que la vie va être belle... maintenant qu'il n'est plus là !

Bon, je vais aller manger, j'ai faim !

SOUVENIRS, SOUVENIRS...

Cette nuit, j'ai passé mon temps à regarder tous nos échanges... Tu sais ? Les CD que tu m'avais gravés de nos chats... Grand ménage de printemps, quoi !

Et je suis tombée sur un échange de mails lol ! En fait tu réponds par mail à un de nos chats de juillet 2001 (ça faisait déjà près de 4 mois que l'on discutait ensemble sur le net, sans jamais s'être vus) qui apparemment s'était terminé froidement... Je m'interrogeais sur la nature de notre relation et souhaitais prendre du recul. Voilà la réponse que tu m'as faite :

-----

06/07/01

…«  âme sœur »… ?… ,

  

              Un vide énorme s’est installé depuis ton dernier message…..

 

      Je sais déjà que ni toi ni moi ne vivrons jamais une relation aussi exceptionnelle et magique que celle que le destin nous avait permis de commencer à partager…. ( ou « permet » , … pouvons nous encore espérer parler au présent ?)…relation au goût d’inachevée… acre, amer, ….

 

      Et je me retrouve là, esseulé, devant ce CD inachevé sur lequel j’avais commencé à mettre tant de passion à le concevoir pour te l’offrir  (juste après que nous nous soyons quittés hier soir je commençais déjà à te le graver) ; heureux à l’idée que ce soit « ton  CD » à toi avec tes goûts et la marque de tes poèmes…

      ... comme ces mille et une autres attentions que je t’avais déjà préparées et que je souhaitais t’offrir… juste en échange de tes « sourires », pensant , comme tu le disais, t’apporter un peu de bonheur….

       …quel imbécile et quel prétentieux je suis de l’avoir cru…

 

     Peut on faire plus mal à quelqu’un en lui disant, du soir au lendemain, sans explication, et de la manière la plus cruelle et la plus abrupte qui soit, que c’est devenu subitement sans intérêt ?

     A se demander si ce ne sont pas les « salauds » du net qui ont raison quand ils se comportent sans égard et respect avec leurs homologues du sexe opposé… et bien qu’ils restent tous dans leur misère, leur fange et leurs rencontres minables, tous autant les uns comme les autres, au royaume des névrosés… je les ignore … je les plains…ils sont encore plus bas que le commun des mortels …..

 

    Je ne sais même plus quoi penser de cette femme que je trouvais si créative, pleine de talent et d’avenir , cette femme à qui j’étais si heureux d’apporter et de partager avec elle un « soutien » pour conquérir l’avenir… tout m’apparaît tellement embrouillé maintenant… triste et cruellement lâche..

    … a t elle toujours été vraiment elle même ? ….étais ce bien « elle » qui était toujours de l’autre côté du miroir, ou bien étaient ils « plusieurs » à jouer ?

 

    ...j’ai encore en mémoire « sa » promesse, celle qu’elle m’a faite de m’envoyer par fichier les récits de nos chats….

 

     Je ne sais plus, je ne sais pas qui tu es ou étais vraiment….ni où j’en suis…

               Qui m'aidera à retrouver la sérénité?... 

 -----

Tu vois, toi à l'époque, une simple demande de réflexion, de prise de recul, t'avait choquée... alors que l'on ne s'était encore jamais vus... J'ai d'ailleurs surligné la phrase. Alors comment as-tu pu toi, après 8 ans de relation bien réelle, rompre du jour au lendemain, sans prévenir, me disant encore des "je t'aime" la veille ???? Comment as-tu pu me laisser 15 jours sans répondre à mes appels ? J'ai fini par t'arracher l'explication seulement au bout de ces 15 jours...

C'est pourtant bien toi qui as écrit ce mail... J'en ris et j'en pleurs à la fois, tellement tu me sembles maintenant pathétique...

Je note au passage qu'il y avait déjà de l'exceptionnel et du magique que l'on ne revivrait jamais. Tu peux donc déjà prévenir ta copine Déité qu'elle arrive trop tard, qu'avec moi c'était mieux... C'est pas moi qui le dis, c'est toi qui l'as écrit !

Tiens, je te balance ma réponse d'alors tant que j'y suis (car moi j'avais répondu dans la foulée... pas 15 jours après).

----

Date :

Fri, 06 Jul 2001 21:24:12 -0000

 Un petit poisson, un petit taureau... mais comment s'y prendre ?

Je prends du recul pour trouver la réponse à cette question et je ne suis même pas sûre de trouver la bonne... celle qui convienne aux deux, celle qui convienne à deux personnes ayant des perceptions et des enjeux bien différents...

Cette différence de perception je la note déjà quand tu écris que notre relation est devenue soudain sans intérêt pour moi... alors que je n'ai que souhaité marquer une pause, pour réfléchir. Oui j'en conviens de manière qui a pu te sembler brutale... si tu n'avais pas déjà remarqué le ton différent que j'avais adopté à la fin de notre dernière discussion avant hier... Oui c'est vrai, je t'ai dit hier que je n'écoutais plus de musique, ça ne voulait pas dire "plus jamais", mais que là aussi je faisais une pause de ce côté pour garder l'esprit clair, car cette musique sera à jamais attachée à nos discussions. Je me suis sans doute mal exprimée, ou à mi-mots, mais c'est parce que j'ai donné un coup de frein brusque... le dérapage était inévitable, les phrases ne pouvaient donc être sereines et réfléchies... Sur la forme, je te prie de m'excuser, dans les moments d'émotion je parle souvent de manière codée, persuadée que les autres sauront me décrypter... une certaine forme de timidité ou de doute qui m'empêche de dire les choses telles qu'elles sont... mais sur le fond, j'aurais aimé un peu plus de compréhension, sans que tu remettes en cause ce que nous avons vécu ces derniers mois... ton dérapage à toi, sans doute...

Cette différence de perception je la note encore dans la manière même d'appréhender notre relation... un échange innocent de sourires contre un peu de bonheur... échange auquel je me prêtais volontiers, sans arrière pensée... mais jeu dangereux ! échange peut-être pas si innocent que ça... et je pense que tu le sens bien : un seul jour sans nouvelle et tu m'envoies aujourd'hui ce mail plein de doutes, si ce ne sont même des reproches... tu me l'avais prouvé déjà l'autre soir en évoquant le danger à se rencontrer, me faisant prendre ainsi conscience de la situation... nous avons créé et nous enfermons dans une bulle imaginaire... difficile pour un Taureau ! Mais il est vrai aussi que nous n'avons pas les mêmes enjeux. Tu as déjà ta vie, et peux considérer cette bulle comme un refuge épisodique. Moi, je vis seule avec mon chat dans mon HLM et je n'ai pas d'enfant... je n'ai encore rien construit de concret, rien de stable sur quoi me reposer... dois-je faire une demande d'adoption de mon ordinateur ?... car quand tu n'es pas à l'autre bout, c'est bien de cela dont il s'agit, un ordinateur, un simple meuble... et je n'ai plus grand temps devant moi... Les derniers week-ends j'ai trouvé tous les prétextes possibles pour éviter mes amis, afin de ne pas louper nos discussions. Et samedi dernier, j'ai tellement essayé de ne pas sortir que je suis arrivée si en retard à cette soirée... et tu connais la suite... Cette situation n'est plus si innocente que ça... l'imaginaire empiète sur le réel... et toi, avant hier, tu me confirmes que tu ne seras à jamais que des mégaoctets entassés là sur mon disque dur ? que tu te résumeras à des CD et de belles images ? à une goutte d'après rasage qui s'évaporera sur du papier glacé ?

Je sais déjà que tu auras du mal à saisir ce que je cherche à te dire, car tu es Poissons... capable de vivre les choses sur deux niveaux... mais j'espère que tu feras un effort pour avoir durant quelques secondes la vision d'un Taureau qui aime à brouter de la bonne herbe fraîche les quatre sabots sur terre, sans doute incapable de sortir du troupeau même si son esprit vagabonde de temps en temps sur les trains qui passent au loin... Toi tu te guides dans l'espace aux étoiles qui brillent, moi je ne m'éloigne jamais bien loin du sol gardant précieusement des points de repère tangibles...

Et pour l'instant je te demande simplement de me laisser retrouver mes repères, de me laisser resituer les choses, la nature même de notre relation... je me suis méprise... pas sur toi, mais sur moi-même... Et je suis désolée si ma réaction a été si soudaine, mais je ne l'ai réalisé qu'avant hier soir... Je suis partie trop vite, j'ai décollé à une vitesse fulgurante... et le choc est toujours un peu brutal au moment où l'on sort le parachute...

Enfin, pour répondre à ta question, à savoir qui je suis... Je suis bien moi et l'ai toujours été vis-à-vis de toi... par contre je ne sais pas si je suis bien celle que tu as pu imaginer, et l'esprit humain étant si complexe, je ne le saurai sans doute jamais.

Je ne sais pas non plus si cette longue lettre t'aidera à retrouver la sérénité, mais j'aurai tenté de t'expliquer. Cette longue lettre est ce que j'ai voulu te dire hier par "l'ogre n'existe pas"... Je n'ai pas mis fin à notre relation sur un coup de tête, ou par "cruauté", j'ai simplement marqué un stop, le temps de reconstruire mes défenses...

Isabelle

nb : je tiens toujours mes promesses !!! et je suis vexée que tu aies pu en douter

---

Cette réponse expliquait en fait que je m'interrogeais à développer une telle relation sur le net. Quant à "l'ogre n'existe pas" cela faisait référence à un petit site "le petit poucet" que j'avais créé à l'époque.

Pour ma promesse, il s'agissait d'écrire l'histoire de notre relation...

Bin, tu vois, je le fais sur ce blog ! lol ! Ca ne commence effectivement pas par le meilleur, et ce n'est vraisemblablement pas fait de la manière dont tu l'aurais souhaité... Mais imagine, si à l'époque on avait pondu un bouquin... pour en arriver là 8 ans après... On aurait eu l'air fin !!!

Au fait ? avec ta nouvelle cyber-copine, c'est aussi l'objectif que vous vous êtes fixé d'écrire votre cyber-histoire pour "construire ensemble" ? (ce sont des mots que tu aimes bien "construire ensemble")... Alors dépêchez-vous, car on va être en concurrence sur ce coup-là ! lol

Tourments d'incompréhension par une nuit d'un triste Noël

Je ne peux plus te joindre et entendre le son de ta voix... Il ne me reste que mon ordinateur pour me confier, durant ces longues nuits d'errement.

Pourquoi m'as-tu abandonnée Alain ? Pourquoi n'as-tu rien dit lorsque tu as senti que l'amour s'en allait ? Toi qui disais que la solidité d'un couple se mesurait à la capacité de surpasser les épreuves... J'étais pourtant ta seconde femme...

Pourquoi n'as-tu pas repoussé le piège d'internet lorsque tu as senti une trop forte convivialité avec cette nouvelle personne ? N'as-tu donc pas pensé à moi ??? Toi qui disais savoir éviter les situations ambigues... Comment as-tu pu mettre au panier nos 8 années ???

Comment ne t'es-tu pas souvenu de nos premiers chats de délire ? Tous deux rivés sur nos écrans à attendre la venue de l'autre, le coeur palpitant. Tous deux à danser comme des fous, jusqu'à ressentir nos ondes sur le clavier... Comment as-tu pu piétiner nos échanges d'images, de belles images aux reflets de notre passion... Quasiment chaque jour des dessins Trance, des photos de notre univers secret, des anges, des colombes, des étoiles... Je t'offrais mes petits dessins réalisés spécialement pour toi. Je t'offrais des poèmes, nous en faisions ensemble aussi en direct sur nos chats... "Viens prends moi la main" te souviens-tu de celui-là ? Tu m'offrais des mp3... Tu disais n'avoir jamais connu une telle magie, une telle communion d'esprits avant... Revis-tu cela avec une autre ? Et cela ne te rappelle-t-il pas notre passion ?

As-tu donc complètement effacé de ta mémoire notre rencontre que tu disais être un miracle de la vie ?

Avant même de m'avoir connue en réel, tellement fasciné par ce qui t'arrivait, tu t'étais confié à plusieurs de tes amis pour leur expliquer ce que tu vivais... Alors comment peux-tu me dire, sans aucun scrupule, que tu vis quelquechose de merveilleux avec une autre femme ??? Je crois réentendre tes mots d'alors. Tu disais exactement la même chose de nous deux. Es-tu donc si inconstant ? si peu sincère avec toi-même ?

Comment peut-on revivre avec quelqu'un d'autre ce qui était supposé être unique ?

Comment peux-tu ignorer nos teufs, où des inconnus venaient nous féliciter tant ils percevaient nos ondes d'amour ? Comment peux-tu oublier que simplement en dansant nous étions proches de l'orgasme ? Tes yeux plongés dans les miens, nos corps réagissant comme si ils s'effleuraient alors que nous étions espacés de plus d'un mètre ? Nous volions Alain, nous volions ensemble... Revis-tu cela avec une autre ?

Comment peux-tu encore ne pas te rappeler que nous ne pouvions rester plus de 2 h sans nous téléphoner, que nous faisions même le trajet le soir en sortant du travail pour se voir et se tenir la main un simple petit quart d'heure, chaque jour, juste pour sentir nos ondes. Ressens-tu cette même impatience et ces mêmes ondes avec une autre ?

La semaine avant notre séparation, nous avons fait l'amour. Et allongée sur le ventre, j'ai ressenti encore tes ondes chaudes tout le long de mon dos. Je t'ai même demandé ce que tu faisais pour me faire un effet pareil : une châleur qui m'envahissait... Tu avais simplement remonter très lentement ta bouche le long de ma colonne vertèbrale avec un léger souffle ! Cela avait suffit à me faire ressentir tout ton être en moi... Tu avais souri en me regardant tendrement, de ce même regard éclairé d'or que je t'avais connu à notre première rencontre. Ce n'était pas il y a 8 ans ça ! Tes ondes pour moi étaient encore bien présentes juste avant notre rupture ! Comment étais-tu donc capable de paraître aussi amoureux alors que tu te liais avec une autre ??? Me suis-je trompée sur toi depuis le début ? Tes regards d'amour n'étaient-ils autres que des regards d'auto-satisfaction à tenir une proie à ta merci ?

Pourquoi aussi, regretter constamment que nous nous soyons malheureusement rencontrés trop tard ? Tu ne pouvais pas délaisser la femme qui avait partagé ta vie pendant trente ans. J'admirais alors ta droiture, me contentant simplement de nos petits bonheurs volés. (J'ai pourtant toujours su que tu aimais ta femme plus que moi, mais je me disais que c'était une autre forme d'amour... Moi j'étais ta petite fée, elle était ta reine) Redis-tu cela à une autre ? Tu m'as pourtant réécrit ce regret dans ton mail de rupture... Alors au bout d'un mois de chat avec une autre, tu plaques tout le monde ?

Je ne comprends rien Alain, et je suis malheureuse à en mourir... Pourquoi donc m'as-tu abandonnée...

Pourquoi donc m'avoir fait voler si haut, jusqu'au bout, pour tout me reprendre du jour au lendemain ? Pourquoi donc ce dédain soudain ?... A ne même pas t'inquièter de mon sort. J'en deviens folle. Ne valais-je donc rien pour toi ? RIEN ?

J'en suis réduite à te chercher partout sur le net, jours et nuits, pour essayer de conjurer ce triste sort et me rapprocher de toi... malgré toi... Et j'en souffre, j'en souffre, j'en souffre... Une douleur obsédante dans la poitrine à me couper le souffle... Pourquoi m'as-tu abandonnée ??????????

Je souhaite un joyeux Noël à mon ordinateur...

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site