réalité

MISE AU POINT

Je publie mes textes avec décalage car le fils d’une amie m’a conseillée de les protéger avant de les mettre sur le net. Et puis comme Alain est en vacances, ça lui fera de la lecture pour quand il rentrera. Je suis gentille, je pense à lui !

MISE AU POINT

J’ai encore eu quelques jours difficiles, mais je me sens mieux ce matin. Pour l’instant j’évacue tous les autres problèmes, mais je pense que je vais avoir de mauvaises surprises quand je vais sortir de cette brume épaisse : santé, finances, boulot… On verra bien, chaque chose en son temps.

Pour l’instant je lutte contre cet état bizarre de refus de la réalité malgré tout ce que j’ai découvert. Il me semble que ce n’est pas le même homme que j’ai connu, et j’ai toujours cette sorte d’espoir insensé que je vais me réveiller et que ce cauchemar aura disparu. Alors que je sais pertinemment qu’aucun coup de baguette magique ne pourra jamais effacer tout cela. J’oscille donc entre incompréhension, rage, et désespoir. Ces trois phases sont mon lot quotidien.

Certains me laissent des messages sur ce blog pour me dire de m’éloigner de lui et de me détacher du passé. Mais ce n’est pas facile quand le ciel vous est tombé sur la tête. Et je reste persuadée que je gagne du temps en me forçant à ouvrir les yeux. Le divorce entre mon imaginaire et la réalité est dur. Il faut que je règle son compte au plus vite au mythe que j’avais forgé, ou plutôt qu’il avait distillé en moi. Cela fait mal, mais mieux vaut souffrir un bon coup que de traîner toute sa vie des questions sans réponse, de trimbaler avec soi une plaie béante. Je ne veux pas traîner en longueur le deuil d’une histoire qui n’existait même pas, le deuil d’un amour médiocre. Je dois le désacraliser si je veux qu’il n’empoisonne pas mon futur, comme il a empoisonné mes huit dernières années. Peut-être me crois-je plus forte que je ne suis, peut-être que tout ceci est un exercice dangereux… Tout ce que je sais, c’est que tenir ce blog me fait du bien. J’ai déjà le sentiment d’être sortie du gouffre où j’étais les premières semaines. Je continue d’exister malgré sa tentative de destruction. Je me libère de son joug mensonger.

Pour l’instant, je n’arrive pas encore à mettre le nez dehors. Je ne sors que pour m’acheter des cigarettes… Ce qui veut dire en gros que je ne me lave que tous les trois jours. Ca me surprend assez, car d’habitude j’adore les douches. J’ai du mal aussi à regarder la télé, mais il est vrai que j’en ai fait une overdose ces dernières années : Que faire d’autre quand vous êtes scotchée chez vous à attendre derrière votre ordinateur ou derrière votre téléphone, un appel ou un message ? J’étais complètement à sa disposition, toujours en situation d’attente. Il m’a vraiment bloquée dans tous mes projets pendant huit ans !

Non, là j’observe. Je passe mes journées à ça. Je ne sais pas à quoi cela pourra me servir, mais je note tout, les habitudes des joueurs sur Webtarot notamment. C’est un peu obsessionnel mais c’est un passage obligé. J’ai d’autres sources bien sûr. D’après mes informations, si je ne me trompe pas, il est en Vendée cette semaine. Ce qui me fait sourire, c’est que l’on voit beaucoup moins sur le tarot certains de ses amis. Ils ont changé de pseudos. Je pense à une prof surtout qui apparemment faisait partie de son cercle avant même cette Deirdre. (Elle m’agace d’avoir pris un pseudo irlandais ! Après m’avoir piqué mon mec, elle serait bien fichue de me piquer mes ancêtres irlandais ! grrrrr… Mais en fait, elle ne me l’a même pas piqué puisque c’est un malade. Il a jeté son dévolu sur n’importe qui ; la première qui a marché a été la bonne). C’est ce qui me fait le plus enragé en fait : qu’il ait développé de nouveaux liens, une troisième vie cachée de moi, alors qu’il était si jaloux, alors qu’il faisait tout pour me couper des autres. Donc, tant que je peux enquiquiner tout ce petit monde, ça me fait du bien !

J’élabore aussi tout un tas de vengeances possibles et ça me fait du bien aussi. Ca occupe mes journées… Après tout, il m’a tellement répété que je serai toujours dans ses pensées, que je ne vais pas le faire mentir. Oui je crois bien qu’il n’est pas près de m’oublier ! Du statut d’amoureux, il est passé à celui d’ennemi juré. D’un point de vue purement égoïste, il est tout de même plus sain d’orienter mon agressivité vers lui plutôt que de continuer à me détruire. Je n’ai rien fait, je ne vois donc pas pourquoi je continuerais de m’auto-punir ! D’ailleurs, mon corps commence à réagir. Hier après-midi, contre toute attente, j’ai eu faim. Comme il n’y a strictement rien dans mon frigo (j’ai jeté il y a trois jours les aliments qui étaient là depuis début décembre… dont une truite ! L’odeur devenait insupportable !), je me suis donc fait deux substituts de repas dans l’après-midi. C’est bon signe. Plus je lui envoie des ondes négatives, mieux je me porte.

20/01/09

Que sera 2009 ?

L'année 2009 ne pourra être pire que 2008 en tout cas...

Depuis mon dernier billet, je ne sens plus cette pression sur la poitrine. Sans doute parce que j'ai trouvé quelques réponses au travers de ce blog. Il est quand même curieux que je l'aie rencontré par un ordinateur, que j'aie forgé un rêve à partir d'internet, et que je le quitte maintenant de la même manière... destruction sur le web...

Je m'imaginais continuer à "démonter" étape par étape cette histoire construite de toutes pièces, mais ce serait trop long. L'essentiel a été dit. J'ai suffisament lu et relu nos anciens échanges pour, je pense, approcher la vérité d'assez près maintenant. Rien ne sert de ressasser encore. J'espère seulement que ce n'est pas un espoir secret caché dans un coin de ma tête qui m'empêche d'aller au bout de ce travail. Admettre la réalité est dur, très dur, lorsqu'on a rêvé pendant 8 ans.

Hier, je n'ai pas écrit. Beaucoup de choses me sont passées par la tête pourtant. Deux SMS m'ont perturbée : un "Pardon Isa" suivi d'un "J'ai honte"... de la part de quelqu'un qui vous a encore raccroché au nez trois jours plus tôt, cela m'a laissée de marbre. Je n'y ai pas cru. Non, ce qui m'a perturbée c'est plutôt la raison de ce revirement subit. Est-ce la peur que je détruise son image jusqu'au bout ? Est-ce pour m'apaiser et que je quitte enfin le site où il va ?... Ou un aveu de culpabilité ? Et puis j'ai cessé de me poser des questions. Je sais simplement qu'apparemment il lit ce blog. Maintenant il en fait ce qu'il en veut, je le laisse face à sa conscience. Ce blog n'est pas pour lui mais bien pour moi. Je me suis fait violence pour l'écrire, mais je pense que j'arrive enfin à exorciser la moindre parcelle d'amour qui aurait pu subsiter pour lui. Car celui que j'ai aimé n'existait pas. Ce n'était qu'un petit homme perdu dans ses chimères, que je n'aurais sans doute même pas remarqué si nous nous étions croisés dans la rue. Il ne polluera pas ma mémoire de souvenirs mensongers, ni d'amères regrets... si ce n'est celui de l'avoir rencontré il y a 8 ans.

Je vais pourtant te faire un dernier cadeau Alain, qui satisfera ton ego j'en suis sûre : je n'ai jamais autant souffert de ma vie, comme j'ai souffert ces trois dernières semaines, jusqu'à se traduire par une douleur physique... Mais je dois bien admettre que c'est un cadeau empoisonné, puisque déjà la douleur s'en va, et que je réalise que je n'ai aimé qu'une illusion. Tu vois, avec Franco, cela a mis près de deux ans pour disparaître. Un mal différent, plus latent... Oui, je sais, j'aborde un sujet qui fâche. Mais, je suis bien obligée de repartir de là, puisque mes huit dernières années se sont envolées en fumée. Franco et moi n'étions pas faits l'un pour l'autre et avons commis beaucoup d'erreurs... mais nous nous sommes aimés sincèrement. La dégradation de nos rapports a été progressive, logique et supportable, malgré notre passion. Cette rupture à multiples rebondissements, s'est finalement transformée en amitié.

Comment pourrais-je restée amie de quelqu'un qui m'a précipitée dans le vide du jour au lendemain, Alain ?... malgré ses belles promesses d'être "toujours là quelquepart"... Je suis tombée, tombée, tombée, en t'envoyant des messages de détresse, et tu n'étais pas là. Je ne sais par quel miracle j'ai réussi à ouvrir un parachute ! sans doute mon amour pour l'écriture... Ou aurais-je un esprit plus fort que le tien, pourtant si manipulateur ? Comment pourrais-je me souvenir des "bons moments" que nous avons soi-disant partagés, alors qu'ils se sont avérés n'être que des mensonges ? De belles parties de jambes en l'air ??? A mon âge, tu te doutes bien que j'en ai déjà eues, et pour moi ça ne représente rien si il n'y a pas une once de sentiments derrière.

J'ai pris la décision d'aller enterrer quelquepart le pendentif que tu m'as offert trois jours avant notre séparation. Acte symbolique pour conjurer le mauvais sort. Tu savais déjà ce que tu préparais, et je comprends mieux maintenant ta phrase "Promets-moi quoi qu'il arrive de ne pas jeter mes petits cadeaux". Tu croyais vraiment que j'allais garder une image intacte de toi après ce que tu m'as fait ? Tu voulais que je reste à me morfondre chez moi en pleurant sur le passé ?... pendant que tu roucoulais avec une autre... Tu as voulu que je sois toute à toi jusqu'au bout, et tu voulais ensuite que je sois encore assujettie à toi même dans la rupture... De quelle étrange matière est donc fait ton coeur ? D'où te vient cette possessivité malsaine ? Et comment as-tu pu sans aucun scrupule prendre ta femme pour prétexte ? Je suis en train de me laver de toi, Alain, et je suis fière de moi. J'en ai bavé ces dernières nuits à regarder la réalité en face, mais ça valait le coup.

Il a fallu que je remonte loin, très loin, jusqu'à mes rêves de petite fille pour comprendre pourquoi tout ça s'était passé, pour me remettre en question aussi. Alors que la plupart rêve de robes de princesse, de châteaux et de princes, moi je rêvais que j'étais le tireur le plus rapide de l'Ouest, que je me battais avec je ne sais quel chef indien ou shérif, toujours très beau bien entendu, que dans le combat mon chapeau de cow-boy tombait... et que mon adversaire tombait instantanément amoureux de moi lorsqu'il découvrait que j'étais une femme. Fantasme curieux, non ? Certainement très riche en enseignement psychanalitique. Je ne suis pas psy, mais si je dois avoir une part de responsabilité, je crois bien qu'elle est là : ma quête de l'amour impossible, celui qui vous chavire le coeur, qui vous oblige à vous surpasser pour qu'il devienne possible... Mais existe-t-il encore des princes prêts à affronter tous les dragons de nos jours ?... Une prédisposition aussi à me laisser choisir, plutôt que de choisir. Une amie me disait un jour qu'avant que de tomber amoureuse, elle commençait toujours par regarder les chaussures du prétendant, pour voir si il était propre sur lui. Comment peut-on raisonner de la sorte en matière d'amour ? Je n'ai jamais trop bien compris. La passion doit vous tomber dessus quand vous vous y attendez le moins, et vous emporter corps et âme comme une vague incontrôlable. Une fois les dragons vaincus, elle reste là au fond de soi, prête à ressurgir dans un échange de regards, dans une mimique attendrissante, dans un frôlement, de manière toujours aussi inexplicable qu'au début. Non, je me refuse à calculer l'amour. Cette triste expérience n'anihilera pas ma richesse intérieure. Je serai peut-être un peu plus prudente quant à laisser tomber ma garde.

Il va me falloir reconstruire maintenant. Ca ne va pas être facile, j'ai fait pas mal de dégâts dans ma vie de tous les jours. Mais qu'à cela ne tienne, je serai assez forte pour retrousser les manches. Je vais me remettre à écrire. Je ne sais pas si j'alimenterai ce blog de mes nouveaux écrits. Je verrai. Mais je sens bien que la vie va être belle... maintenant qu'il n'est plus là !

Bon, je vais aller manger, j'ai faim !

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