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DISQUE RAYE, TOC ET INSOMNIES

LE DISQUE RAYE, TOC ET INSOMNIE

Je m’aperçois que cela fait plus d’un mois que je n’ai pas écrit de billet sur ce blog. Je n’ai pas vu le temps passer. Demain, toujours demain… Je prends des notes de temps en temps sur un cahier en me disant « Tiens, il faudra que je parle de ça »…

Pour l’instant je me suis réfugiée dans le dessin, ou plutôt sur un logiciel de dessin, car il faut bien avouer qu’il y a de la distance entre le contact franc et spontané avec le papier, et des petits clics sur des options… Le dessin se crée sous nos yeux, comme par magie, mais on se demande parfois si c’est vraiment soi qui l’a réalisé. Le geste est absent et manque. La volupté manque. Elle est remplacée par une sorte de satisfaction intellectuelle à remarquer un détail, que d’autres n’auraient sans doute pas vu (ils en auraient choisi d’autres), et à le mettre en évidence… Une satisfaction à décider d’une couleur ou d’une lumière… mais le dessin reste physiquement très extérieur. Difficile à expliquer tout ça. On ne prémédite pas son dessin. Pour l’instant l’ordinateur mène la danse, car je ne connais pas encore toutes les options et je teste. L’ordinateur propose et je décide de poursuivre ou non dans cette voie.  J’ai produit comme ça un nombre incalculable de ce que j’ai appelé des « nova » : fond sombre, effet d’éblouissement et hop un soleil couchant apparaît. C’est joli, mais c’est lassant, même si le fractal autour est beau. J’en ai plus d’une centaine comme ça dans l’ordinateur.

Heureusement j’ai découvert il y a quelques jours, suite à un mauvais clic, comment faire une sphère. Mais une sphère c’est rond, donc les coins du cadre sont vides et tristes… alors il m’a fallu apprendre à fusionner les calques, pour pouvoir poser mes sphères sur des fonds. Là, le travail est plus intéressant car il faut trouver soit le bon décor qui mettra la sphère en valeur, ou à l’inverse la sphère appropriée qui enrichira le paysage. Car les fonds m’évoquent personnellement des paysages. Là l’ordinateur ne décide pas. Je dois bien avoir deux cents sphères en magasin… Toutes plus belles les unes que les autres (selon moi) mais qui pour l’instant n’évoquent rien. Je dois les retravailler en fonction de ce que j’ai envie d’exprimer. Le dernier dessin en date « Eclipse » m’a pris du temps, parce que cette fois-ci je savais ce que je voulais faire. J’avais obtenu une jolie nacre en guise de sphère, qui m’a tout de suite évoqué la lune, et plus précisément une éclipse. Elle n’a l’air de rien, mais je l’ai travaillée pour qu’elle ait de la brillance à certains endroits et du flou à d’autres. Pour lui donner du volume. Puis à partir d’un vieux fond, j’ai construit le décor autour d’elle. Les choses deviennent enfin intéressantes avec ce logiciel, mais il est vrai que je ne l’ai que depuis fin janvier et que je n’y connaissais rien.

Si je fais une telle digression, c’est parce que le dessin occupe toutes mes journées, ou plutôt mes nuits, depuis plusieurs semaines. Il m’arrive de rester devant l’ordinateur plus de 30 heures d’affilées. Je crois que c’est devenu un TOC. Je ne pense à rien pendant ce temps-là. Comme hypnotisée, je clique et reclique jusqu’à obtenir qui une sphère rouge, qui une sphère bleue… ou top du top une dorée. Je me fixe ce genre de défis. Ou, comme je les enregistre sous un numéro, je décide de manière arbitraire d’aller jusqu’à tel ou tel numéro. J’en oublie même parfois d’allumer une cigarette, c’est tout dire. Puis d’un seul coup, je m’écroule de sommeil. Parfois à 10h du matin, parfois à 17h lorsque l’insomnie dure au-delà de la nuit. Je n’ai plus conscience du jour ou de la nuit en fait. Je n’avais encore jamais éprouvé cela de ma vie. Je ne comprenais d’ailleurs pas les insomniaques. Pour moi, il suffisait de fermer les yeux pour s’endormir !

Alors je dessine de manière compulsive. Ou c’est ça, ou c’est aller l’étrangler de mes propres mains… Pas grand choix ! Quand j’arrête de dessiner, j’ai ces colères intérieures et insupportables qui me reprennent. Les démons ressurgissent : comment peut-on être serein et heureux en ayant rendu les autres malheureux ? En n’ayant pas la moindre once de respect pour autrui ? Je suis sûre qu’il a su se donner bonne conscience depuis, et qu’il a su également trouver de bons arguments pour sa nouvelle conquête. Car c’est un homme qui a une vision égocentrique des choses. Ca je m’en étais déjà rendue compte à plusieurs reprises, bien avant notre séparation.

Son credo était qu’il y avait toujours un prix à payer dans la vie, une facture pour les moments de bonheur… Moi je paie, double-tarif, pour des bonheurs que je n’ai pas connus, pour une trahison où je ne suis pas responsable, pour des instants de leurre, pour un infâme gâchis de huit années… pendant que lui passe son temps à faire le joli cœur. Il m’a tout repris du jour au lendemain sans me laisser la moindre chance de pouvoir au moins me construire des souvenirs, sans me donner la moindre explication, sans même me témoigner un tant soit peu de respect après toutes ces années. Tout n’était que mensonges. J’ai un vide de 8 ans partis en fumée ! Rien à raconter sur cette période, si ce n’est une liaison avec un homme marié en mal de sexe, jonchée de 5 à 7 graveleux qui me font horreur à en vomir. J’ai un disque rayé dans la tête, et je ne sais pas ce qui pourra un jour arrêter cette musique glauque qui résonne à mon esprit. Le dessin ou l’écriture peuvent m’y aider, mais ils m’écartent en même temps des réalités. Pas facile à se reconstruire ! Pas facile à lutter contre une dépression ! Je n’aurais jamais voulu le rencontrer ce con ! (désolée, mais il n’y a pas d’autre mot pour le décrire). Je ne vais donc pas le faire mentir… il va payer pour tout ce qu’il m’a pris, je ne sais pas encore quand et comment, mais il faut qu’il paie. Cela me fera toujours un but dans la vie, puisque je n’en ai plus.

Je n’ai plus envie d’être gentille, de tendre l’autre joue comme par le passé, en me disant « j’ai ma conscience pour moi ». A quoi me sert donc une conscience si les autres autour de moi n’en ont pas ? Je passe pour une naïve, un peu duduche. (J’ai souvent fait sourire quand je raconte que je porte des objets de valeur aux objets trouvés). Et comme je ne montre pas les dents, on profite de moi. Combien de fois ne m’a-t-on pas dit « Tu es trop gentille » ou « Tu te laisses trop faire ». Et puis, après tout, quand je parle de mes projets de vengeance à mon entourage, on me dit « Vas-y ! Fais-le ! ». Tout le monde pense qu’il le mérite. Ils sont parfois même plus énervés que moi !

Curieusement, Alain ne me manque pas le moindre du monde. J’ai réussi à dépasser ce cap. Sur ce point, j’ai fait la part entre la réalité et l’imaginaire. Quand je parle de lui, c’est « ce con » ou « ce connard ». Il m’aura fallu seulement trois semaines pour faire ce constat. C’est vrai que son grand silence pendant cette période m’a fortement aidée. Non, ce qui fait mal c’est ce sentiment d’avoir été blessée de manière totalement gratuite, sans aucun ménagement, et d’avoir été abusée pendant autant d’années. Et dire qu’il prônait la confiance ! Il fallait que je lui fasse confiance, il était quelqu’un de bien en proie à sa dualité ! Par contre, moi j’étais une affreuse célibataire qui risquait de le tromper et de le quitter à tout moment… Il me reprochait d’ailleurs d’avoir eu plusieurs partenaires. J’étais volage parce que j’avais tenté de faire ma vie par trois fois… Cela fait sourire, non ? En tout cas, moi je n’ai jamais trompé personne ! Même par la pensée ! Et il se passait un à deux ans après une séparation avant que je rencontre à nouveau quelqu’un. Apparemment sa dualité il la vit bien maintenant ! Il ne se cache même plus sur le tarot. Quel bel hypocrite !

Dès que je raconte mon histoire, les gens s’accordent à dire qu’il est évident qu’il est coutumier du fait (ah sa femme doit avoir les cornes hautes !), et qu’il m’a gardée sous le coude jusqu’au bout juste au cas où il ne concrétiserait pas avec la nouvelle. C’est cette lâcheté que je lui reproche surtout, et qui remet en cause la sincérité de notre histoire… qui efface tout. On ne peut pas se comporter de cette manière si on a réellement aimé la personne. Oui j’ai bien perdu huit années de ma vie, les années les plus importantes en plus, les plus belles pour une femme. Je me suis retranchée dans mon petit deux pièces à attendre, attendre, attendre, toujours attendre le bon plaisir de Monsieur, à l’âge où j’aurais dû exploser socialement. Une petite vie de femme rangée, pour un type que je ne voyais que deux fois par semaine et qui n’était même pas sincère en plus ! Tant de sacrifices pour rien !

C’est un projet de vie entier qui tombe en miettes du jour au lendemain, après 8 ans d’élaboration constante, et qui vous laisse un goût de néant en bouche, une blessure béante à l’âme. Imaginez-vous jetée sans raison du haut d’une tour par la personne en qui vous aviez le plus confiance ! Vous tombez tout d’abord en vous demandant si vous ne rêvez pas, puis vous en venez vite à vous demander sans cesse pourquoi. Et vous ne voyez surtout pas la fin de cette chute interminable.

Alors je comble mes nuits et mes journées par tout ce qui peut m’éloigner de la réalité. Je ne fais toujours pas mon ménage bien entendu. J’en suis à trois mois de retard de loyer (alors que je peux payer). Mon téléphone de domicile vient d’être coupé (la facture doit être quelque part dans la boîte à lettres). Heureusement, mon portable et mon internet sont en prélèvement. Je ne suis toujours pas allée chez le médecin pour renouveler mon ordonnance. Mon amie productrice m’a demandé un scénario il y a trois semaines, je ne lui ai toujours pas envoyé. Il est pourtant tout prêt, un simple mail me paraît insurmontable… Bref, j’ai un comportement bizarre qui commence à m’inquiéter (lol). Par contre, lui s’occupe bien de lui. J’ai appris qu’il avait trouvé une nouvelle coach sur Paris pour continuer à se procurer les compléments alimentaires que je vendais (ces produits sont décidément excellents !). Il veut s’entretenir pour sa nouvelle ! Il envoie même sa femme les acheter. Sa femme qui a d’ailleurs l’air très dynamique pour quelqu’un qui allait si mal !

Bon j’arrête là pour ce soir... le dessin m'appelle !

Le rite amoureux de l'homme de plus de 50 ans

LE RITE AMOUREUX DU MALE DE PLUS DE 50 ANS

L’homme de plus de 50 ans est très prolifique en matière de bavardages et de jugements. « Faites ce que je dis, mais ne faîtes pas ce que je fais » est vraisemblablement sa devise. Alain m’a fait partager sa vie, me parlant de sa femme, ses filles, sa mère, sa sœur, de ses amis, de son travail… et me demandant conseil à tout bout de champ.

Cela fait huit ans que j’entends dire qu’il en a marre de son boulot, qu’il n’y est pas reconnu à sa juste valeur, et qu’il serait temps qu’il en change. Je me suis donc gavée pendant huit années toutes les petites histoires avec ses chefs et ses collègues, toujours mesquins bien entendu. Cela fait huit ans qu’il cherche une nouvelle voie, et depuis plus longtemps que ça apparemment, puisque le problème n’était pas nouveau lors de notre rencontre. Par contre, quand moi j’essayais de lui parler de mon travail, cela l’agaçait. Un jour où je lui racontais ma journée, il m’a coupée net : puisque j’étais surchargée, je n’avais qu’à changer ! Il n’était plus question qu’il m’écoute me plaindre de manière stérile ! Il est vrai que de discuter pendant des heures sur Roger qui avait oublié de consigner sur le cahier que la porte du cinquième étage fermait mal et que du coup on risquait encore de chercher des noises à Alain, est beaucoup plus constructif que d’évoquer la difficulté à refaire dans les temps tous les budgets parce qu’on m’avait demandé, sans indication précise, de réinjecter de manière fictive un million d’euros dans la prévision du chiffre d’affaires… A chacun ses petits problèmes !

Bien que jusqu’avant Alain j’aie toujours supporté la pression à mon travail, j’ai fini par effectivement prendre ma décision… à laisser un job où je gagnais plus de 50 000 € annuel, où j’étais Chef de Service avec jusqu’à 20 personnes sous mes ordres. Et ça à 45 ans, tout en sachant que j’étais totalement autodidacte et sans diplôme ! Fallait-il que je sois surmenée pour me laisser bercer par ses belles paroles ! J’ai mis trois ans pour réussir à négocier au mieux mon départ. Trois années pendant lesquelles Alain s’impatientait !

Et lui ? Où en est-il ? Il est toujours dans la même entreprise, toujours agent de sécurité, avec les mêmes petits chefaillons qui l’enquiquinent. C’est vrai, j’oubliais : il se cherchait ! Il souhaitait un job où il pourrait s’épanouir pleinement pour la dernière partie de sa carrière (dépêche-toi, il te reste à peine sept ans avant la retraite !). Ce qui l’intéressait c’était de pouvoir aider les autres, au travers des massages… ou des ondes, il ne savait pas trop (gourou, ça t’irait bien !). Avant d’aider les autres, il pourrait déjà aider sa femme, et avoir un peu plus de compassion pour ses maîtresses !

Fort de cette belle détermination, il me faisait relire une bonne partie de ses courriers ou projets, pour son dossier « formations » notamment (le schéma « synergie » que tu n’arrivais pas à faire, et ta lettre de motivation que j’ai rédigée pour toi, tu t’en souviens ?). A l’époque, il reconnaissait mon savoir-faire et n’était pas avare de compliments ! Pendant des années, Alain a amélioré son module de formation sur les consignes de sécurité. Puis, comme tous ses coups de cœur, cela a semblé le lasser il y a peu.

L’homme de plus de 50 ans s’achète lui-même ses vêtements. J’allais donc avec lui régulièrement pour l’aider à choisir ses fringues : chaussures, survêtements... Je l’emmenais en voiture le mardi après-midi, prenant à cœur mon rôle de « seconde femme ».

Et ensuite il vient dire qu’il lui semblait impossible de construire quelque chose avec moi… Je lui ai certainement plus apporté qu’il ne m’a apporté. Son truc à lui c’était de contribuer à mon bien-être, car selon sa grande théorie qu’il me rabâchait sans cesse « une femme après 45 ans, c’est plié ! »… Il fallait donc que je m’entretienne pour passer ce seuil fatidique, bien qu’il semblât que ce soit sans appel pour toute femme ! J’ai toujours été sportive. Je devais donc lui mettre par écrit mon petit programme de gymnastique pour qu’il contrôle si il était complet et propice à me « prolonger ». En récompense, j’avais droit à des petits massages de visage pour retarder les rides. (En fait, c’est une geisha qu’il lui faut !!!). Il semble oublier que toute femme qui se respecte s’entretient d’elle-même, et personnellement j’ai la chance que l’on m’ait toujours donné dix ans de moins que mon âge… Et pour un homme ? Quel est le seuil fatidique ? 50 ans ? 55 ans ?

Toujours est-il que c’est tout de même moi qui l’ai mis à la piscine ! Il voulait que l’on fasse du sport ? Et bien on en a fait. Il était d’ailleurs très vexé à ses débuts que je nage plus vite que lui. Malgré mon « grand âge » je lui ai fait cracher ses poumons au p’tit vieux ! Question massages, je crois bien que de mon côté je ne lui suis redevable en rien non plus : pour le déstresser, pour le soulager de ses multiples déchirures musculaires (Ah oui, à plus de 50 ans, les problèmes musculaires sont fréquents chez l’homme… une piste pour ce fameux seuil version masculine !?). Encore quelques jours avant notre séparation, ces massages et échanges d’ondes lui étaient bénéfiques et, selon ses dires, nos mardis après-midis nous servaient à nous « ressourcer »… pour aller mieux chatter avec l’autre dans la foulée semble-t-il !

Je me demande quel sport il va prodiguer à l’autre… Va-t-il lui offrir également le livre sur la Méthode Nadaud et contrôler le nombre d’arcs de cercle qu’elle fait par jour ? Va-t-il lui expliquer pendant des heures sur internet comment masser et écraser les petites rides naissantes ?

Une autre chose le préoccupait à mon sujet, en tant que digne protecteur du sexe faible : c’était ma santé financière. Alors que je gagnais plus des trois quarts de son salaire et celui de sa femme réunis, il voulait m’aider à « construire financièrement ». A ce titre, j’aurais dû lui envoyer chaque mois mes comptes. Ca, je n’ai jamais marché. J’ai toujours été indépendante financièrement, je ne voyais donc aucune raison qu’il contrôle mes finances. Il ne m’a d’ailleurs jamais proposé non plus de m’envoyer les comptes de son ménage à ce que je sache ! Demande-t-il les comptes de sa nouvelle ? Comme elle est mariée, doit-elle justifier également les dépenses de son mari ?

La phrase qu’aime à prononcer l’homme de plus de 50 ans juste après l’amour est « As-tu déjà connu une telle jouissance avec tes ex ? ». Dans un esprit d’équité des sexes, j’espère que sa nouvelle ne manquera pas de lui demander également avec qui c’est mieux : avec elle, sa femme, ou moi ? (Qu’elle se rassure, dans ces cas-là, la personne qui pose la question prend peu de risques et elle entend généralement une réponse favorable, car il est difficile d’y répondre sincèrement en fait). Personnellement, cette question m’a toujours étonnée, car je me voyais mal établir une liste pour effectuer des comparaisons. En tant qu’amoureuse convaincue, j’ai toujours eu la chance que ça fonctionne bien de ce côté-là. L’esprit dictant au corps, si l’on aime, on aime jusqu’au bout.

L’homme de plus de 50 ans, en période de rut ou non, n’aime pas rencontrer la famille ou les amis de ses maîtresses. Ma mère m’a fait remarquer pas plus tard qu’hier, qu’en huit ans de temps, bien qu’il se fasse trimbaler dans sa voiture (oui j’empruntais la voiture de ma mère pour aller le chercher), il n’a jamais daigné venir se présenter. J’avais également proposé à plusieurs reprises de passer manger chez ma meilleure amie, mais il n’a jamais accepté… Il ne voulait lier aucun lien avec mon univers. Cet homme-là savait donc bien ce qu’il tramait depuis le début.

L’homme de plus de 50 ans est volage. En parallèle de ses multiples « attentions », il se faisait de nouveaux amis sur différents sites, tout en m’éloignant volontairement de ces mêmes sites. Il savait donc bien depuis longtemps ce qu’il préparait ! Je crois qu’il a commencé à chercher dès 2005, dès qu’il m’a écartée de Webtarot, dès l’épisode avec Supernana…  Plus de la moitié de notre relation faite de mensonges ! (en admettant qu’il ait été sincère au début, ce qui est loin d’être évident). En bientôt quatre ans, il a eu quand même largement le temps de me préparer à cette rupture, non !? Et il m’aurait surtout fait gagner quatre ans de ma vie… Il attendait égoïstement de m’avoir remplacée pour me quitter ! Et quand on cherche, effectivement on finit par trouver !

26/01/09

ME REVOILA !

J'ai finalement décidé de poursuivre ce blog. J'ai écrit quelques pages, il y a quelques jours, et je les publie ci-dessous car même si je vais un peu mieux... Ce n'est pas encore vraiment ça.

Je remange un peu, mais pas suffisament apparemment (62,5 kg). Positivons ! J'ai récupéré mon poids d'il y a 25 ans !

SUITE DU BLOG  (13/01/09)

Ce matin, je me suis réveillée à 6h30… Mes premières pensées étaient déjà dès le réveil axées sur mes « petits problèmes », sur cette indigestion de trahison, et surtout sur comment j’allais me sortir de tout ça. Heureusement, cela fait déjà 72h où j’arrive à dormir la nuit. De manière un peu bizarre, mais je dors quand même, par plages… Souvent de 20h à 23h, puis de 1h à 4h, et je me rendors ensuite jusqu’à 6 ou 7h. Moi qui ai pourtant d’ordinaire un sommeil de plomb ! Cela est de bon présage pour essayer d’avoir à nouveau des journées « normales ».

Avant-hier j’ai écrit une chanson. J’avais envie de créer. Bien entendu, je suis bien vite revenue à mes anciens démons au travers du sujet évoqué…

EXISTE-T-IL ?

Tu m’as quittée pour une autre sans prévenir,

Laissant un vide où je suis prête à trébucher.

Tu as détruit le moindre de mes souvenirs

Auxquels je ne peux même plus me raccrocher.

 

Et qui voudra de moi, avec mon cœur en miettes ?

Qui recollera ses morceaux éparpillés,

Dispersés loin comme des cendres d’allumettes ?

Qui me voudra, quand tant d’amour j’ai gaspillé ?

 

[Refrain :

Existe-t-il pour moi quelqu’un quelque part ?

Pour qu’il vienne, faut-il que je dorme cent ans ?

Est-c’ la peine d’attendre ? Il est déjà si tard…

Existe-t-il au moins cet amour que j’attends ?

Suis-je encore capable de le reconnaître ?

Puisqu’on m’a tout repris, jusqu’à la moindre larme…

Existe-il en moi la force de renaître ?

Comment me débattre dépouillée de mes armes ?]

 

Qui peut vouloir d’un amour de seconde main ?

D’une âme perdue dans ses chagrins et regrets,

N’ayant que pour espoir que la peur du demain ?

Qui effacera ma douleur à tout jamais ?

 

Qui saura combler l’immensité de ce gouffre

Si froid, si sombre, qu’il me donne le vertige ?

Y aura-t-il quelqu’un pour voir combien je souffre,

Pour m’apprendre à bâtir sur ces tristes vestiges ?

[Refrain] 

Et comment puis-je comprendre ton abandon,

Si soudain que je ne peux en faire le deuil ?

Je t’ai donné mon âme jusqu’à déraison,

Existe-t-il quelqu’un qui malgré tout me veuille ?

 

Qui peut bien vouloir, sans risquer d’être déçu,

D’un coeur où il gèle en dedans comme dehors ?

Qui peut donc aimer celle qui ne s’aime plus ?

Qui voudra de celle que le vide dévore ?

 

[Refrain] 

Point positif en relisant : il semble que je me lamente un peu moins sur le passé pour me tourner un peu plus vers le futur… Même si les idées sont encore bien noires.  

Du coup, hier, j’ai déblayé tout ce qu’il y avait sur le piano (bibelots, papiers à classer … que j’ai posés parterre) pour essayer de trouver une mélodie. Pas facile sur des alexandrins. Pas facile non plus quand je ne sais pas jouer de piano. Je pianotais depuis l’âge de 14 ans, essayant de trouver toute seule de « jolies notes », et ce, de manière épisodique, suivant mon emploi du temps plus ou moins chargé. Mais j’ai arrêté d’en jouer depuis 8 ans. Force est de constater que j’ai arrêté d’en jouer à chaque fois que j’étais en couple d’ailleurs. Je suis même incapable de rejouer mes quelques rares anciens morceaux. Cela m’a un peu assombrie. Je ne pense pas poursuivre cette chanson que je trouve maintenant un peu niaise et surfaite, même si elle traduit pourtant mon état d’esprit actuel. Elle m’aura au moins permis, comme tout ce que j’écris en ce moment, d’apaiser un peu, pour quelques heures, ce mal-être persistant.

Ce matin par contre, je suis restée au lit près de 3h, engluée dans mes réflexions. C’est pour ça que je reprends l’écriture de cette histoire, même si je ne pense pas publier sur mon blog ces passages. Il va être difficile de retranscrire tout ce que à quoi j’ai pensé, parce que déjà une idée en chasse une autre, mais aussi parce que ces réflexions remuent pas mal à l’intérieur.

Il y a encore eu ce couplet sur comment comprendre ce qui s’était passé, comment comprendre cette séparation si soudaine et si cruelle… J’ai pourtant refait l’histoire. Mais n’avoir aucune réponse claire de la part de l’autre est insupportable. Sans doute un faible espoir, qui reste enfoui profondément en moi et que je n’arrive pas à dénicher, d’obtenir enfin la preuve que j’ai quand même un peu compté pour quelque chose, que cette histoire n’a pas été que du temps de perdu, que je ne me suis pas trompée à un tel point… Pourtant les faits sont là. Et il faudra bien que je chasse ce faux espoir au plus vite si je veux me reconstruire, que je coupe tout lien avec ce passé désastreux. Je dois regarder la réalité en face, celle d’avoir été le jouet d’un manipulateur, inconscient de sa perversité, ou conscient je n’en sais rien, qui ne vit qu’au travers de ses fantasmes.

Une chose curieuse qui m’est revenue en mémoire, est qu’il m’avait dit un soir, au début de nos chats : « L’idéal serait que tu te trouves un homme ». Nous n’en étions pourtant qu’à la phase d’émerveillement de notre rencontre sur le net. Des discussions, sans plus, auxquelles nous commencions à être accro il est vrai. Il n’était pas encore question officiellement d’amour, j’étais simplement son égérie. Nous avions souvent tendance à employer les mêmes mots, à avoir les mêmes idées au même moment, à terminer les phrases de l’autre… Enfin, était-ce vrai, ou tout ceci n’appartenait-il qu’à une légende que nous aimions à croire ? Il aimait à le souligner en tout cas lorsque cela se produisait. J’avais trouvé cette réflexion des plus surprenantes, car si je me « trouvais un homme » comme il disait, il était clair pour moi que je ne perdrais plus mon temps sur internet. Nos discussions auraient été vite abandonnées. Ces échanges je les aurais eus avec mon « nouvel homme » dans la vie bien réelle. Cette phrase aurait dû me faire réfléchir sur la nature même des relations qu’il recherchait.

Beaucoup de choses auraient dû me faire réfléchir, et je ne l’ai pas fait. Alors parfois, dans mes longues réflexions, je me demande comment cette situation a pu arriver… Qui a plus vécu dans son imaginaire de nous deux ? Qui a le plus pêché l’autre ? Je pense que ma sincérité me met hors de cause et que l’on ne peut pas me reprocher ma trop grande candeur. Au départ, j’ai chatté avec lui sans arrière-pensée. Un homme marié, père de famille, qui clamait venir se détendre de temps en temps sur internet, m’a plutôt inspiré confiance. Je ne voyais aucun mal à échanger des considérations sur des voyages et des goûts musicaux. Cela me paraissait sans danger.

Et puis, au bout d’une semaine que je le connaissais, je suis partie en week-end chez Coca, une amie suisse qui fréquentait le même site. Elle me taquinait d’ailleurs au sujet d’Alain : « Alors ? Tu as un cyber-amoureux ? ». Je m’en défendais bien : « Mais non, c’est un homme marié, on ne fait que parler musique ». Chaque soir, il changeait de pseudo, et cela étonnait Coca. Elle ne le reconnaissait uniquement que parce qu’il parlait avec moi pendant plus d’une heure. Je devais donc partager mon temps entre Alain, Coca et les quelques autres internautes que je connaissais. Coca s’en amusait plutôt au début. Dès le premier soir à Lausanne, Coca est passée quelques instants sur le site, car elle y était modérateur, et elle est venue soudain me dire « Il y a ton cyber-amoureux qui te cherche partout ». Je m’en suis étonnée car il savait très bien que j’étais absente tout le week-end. Je suis donc allée lui parler quelques instants. Il s’inquiétait pour moi. Il s’inquiétait de savoir si mon voyage s’était bien passé, et je lui manquais déjà… Nous n’avions pourtant à notre actif que trois ou quatre chats à ce moment-là. Cela m’avait un peu surprise. Mais là encore, pas suffisamment malheureusement.

A mon retour en France, nous avons intensifié nos chats du soir. Ils sont bien vite devenus quotidiens et duraient le plus souvent de 22h à parfois près de 2h du matin. Lorsqu’il ne travaillait pas (puisqu’il a des plannings variables), je restais connectée en journée sur l’ordinateur du bureau, au cas où il passerait sur ICQ. Et il passait, fréquemment, quelques minutes, pour me faire des petits « coucou », pour me demander comment se passait ma journée, ce que je faisais. Coca a commencé à me mettre en garde, tout cela ne lui paraissait pas aussi innocent que cela. Et Coca est donc devenue une femme sans profondeur et peu intéressante pour moi selon lui. J’ai donc délaissé Coca au bout de plusieurs semaines, au profit d’Alain. C’est là je pense ma plus grosse erreur. Nous avons vite fonctionné en circuit fermé et je me coupais de plus en plus des autres, même de mes amis de la vie réelle. Technique classique d’enfermement.  Suite à quoi j’ai laissé l’imaginaire prendre le dessus.

Je me suis prise à imaginer qu’il n’était pas marié. Comment expliquer sinon qu’un homme marié puisse passer entre trois et quatre heures chaque soir derrière son ordinateur, week-ends inclus ? J’ai même envisagé qu’il soit handicapé et qu’il n’osât me le dire, prenant pour excuse une soi-disant épouse pour ne pas nous rencontrer dans le réel. Sans même l’avoir vu, j’étais en train de tomber amoureuse.

Ensuite, il y a eu l’épisode du téléphone. Curieusement, alors que tout le monde avait des portables dans sa famille, il n’en voulait pas et n’en avait donc pas… selon lui. Puis soudainement, sa femme lui en a offert un. Avec le recul, je crois bien qu’il a plutôt hésité à me communiquer son numéro. Avant même de s’être rencontrés, en plus de nos chats quotidiens, nous nous sommes donc mis à nous téléphoner plusieurs fois par jour. Il m’appelait le soir aussi, en se planquant dans la salle de bain, juste pour entendre le son de ma voix avant d’aller dormir. On ne se disait pas grand-chose, surtout beaucoup de « hummm » avec des sourires extatiques qui s’entendaient presque dans le combiné.  Ces « hummm », ils me les écrivaient si souvent aussi…

Puis il y a eu la Vendée. Je l’y rejoignais pendant les congés d’été. Mais lui y allait pas loin d’une semaine tous les deux mois. Il m’était impossible de l’y suivre aussi fréquemment. Je m’y rendais en général une semaine en mai et deux à trois semaines en août. Lorsque je ne pouvais l’accompagner, il sortait tous les soirs, sous prétexte d’une promenade digestive, pour m’appeler. Nous restions une heure au téléphone, qu’il vente ou qu’il pleuve. A chaque fois je lui manquais et il déprimait. A l’entendre, il était même incapable de profiter de ses vacances.

Comment devant une telle dévotion de sa part, aurais-je pu résister à ses histoires d’amour exceptionnel et de communion d’esprits, ses histoires d’être faits l’un pour l’autre et de la magie à s’être enfin trouvés ? Il m’avait fait suffisamment parler pour en connaître assez sur ma conception de l’amour… et j’ai alors cru ce que j’avais envie de croire. Ma responsabilité est là. A ma décharge, ses dires et son comportement étaient bien réels eux, simplement dénués de sincérité. Comment ne pas se laisser abuser alors ? J’ai vraiment dû être une proie facile !

Pour en revenir aux appels téléphoniques, il faudra que sa nouvelle sache qu’Alain est réglé comme du papier à musique. Il y a l’appel de 9h, lorsqu’il sort de chez lui pour aller prendre son train, il y a l’appel de 13h lorsqu’il sort pour déjeuner, celui de 14h15 lorsqu’il reprend le travail (entre, il vaut mieux éviter d’appeler car il fait une petite sieste de 13h30 à 14h15) et puis l’appel du soir vers 20h30 lorsqu’il arrive en bas de chez lui. Ce sont les quatre appels principaux. Au début, il y en a un peu plus, des « petites surprises » suivant son activité au travail, à peu près toutes les deux heures en fait. Et pour que ça n’apparaisse pas sur sa facture, à cause de sa femme, il laisse sonner deux coups et il faut le rappeler. On est totalement à sa disposition. C’est d’ailleurs à ce titre que, malgré la séparation, malgré le désespoir où je me trouvais, Monsieur a procédé de la même manière lors de son dernier et unique appel  « pour m’apaiser », la semaine dernière… Il a laissé sonner deux coups ! Ah ça, même dans les pires circonstances, il ne perd pas le nord ! Il fait déjà l’effort de tenter de « m’apaiser », il ne va tout de même pas payer la communication ! Je n’ai pas rappelé ce monstre, bien entendu. J’ai attendu qu’il relaisse sonner et j’ai décroché bien vite avant qu’il ne raccroche… On s’amuse comme on peut ! Et là, j’ai entendu « Rappelle-moi s’il te plaît » et hop raccroché. Bon c’est vrai, la seconde fois la curiosité l’a emporté et j’ai rappelé, tout ça pour apprendre qu’au bout d’un mois quasiment sans nouvelle, il se décidait à me faire cette faveur de vouloir « m’apaiser » ! Comme par hasard, juste après la publication de menaces sur mon blog !

Un détail me revient maintenant à l’esprit. Il devait partir en Vendée l’avant-dernière semaine de novembre, et deux jours avant il m’a dit avoir perdu son téléphone portable. Dès qu’il en a eu un autre, son numéro d’appel est soudain devenu caché et il ne savait pas comment modifier cela… Je crois maintenant que son portable n’a pas été perdu mais que c’était un prétexte pour cacher son numéro, sa nouvelle étant mariée. En effet, un portable neuf présente le numéro en option standard, et il faut justement faire une manipulation pour ne plus l’afficher. Les deux tourtereaux s’appelaient donc déjà mi-novembre. On ne me fera pas croire qu’il ne l’a connue qu’un mois avant notre séparation !

Pourtant, durant cette semaine de congés en novembre, il m’a appelée et il m’a envoyé des SMS ! C’est vrai, moins assidûment et moins longuement que d’habitude, mais les circonstances s’y prêtaient moins aussi. Il était seul avec sa femme là-bas, et le froid faisait qu’il lui était difficile de prétexter une promenade. Sa femme déprimait selon lui, et sortait moins également. J’étais moi-même occupée par mon nouveau travail. Il m’a tout de même envoyé des photos de vacances, comme il le faisait toujours, des couchers de soleil surtout. Je pense qu’il envoyait les mêmes à l’autre. Et puis un soir, contre toute attente, il s’est connecté sur hotmail : des mots d’amour… je lui manquais. Deux semaines avant notre séparation !

J’étais contente, car à cette époque de l’année il est difficile de trouver un bar ouvert qui ait une connexion internet. A y bien réfléchir, il est clair que c’était encore ce phénomène de perversité : vivre cette triplicité devait l’exciter. Il avait dû contacter sa nouvelle juste avant moi et était tout content de me faire partager à sa manière la joie de sa forfaiture. Ce soir-là, il avait d’ailleurs été interrompu quelques instants, où je m’étais demandée pourquoi il ne répondait soudain plus. Il m’a ensuite dit qu’il venait d’avoir un problème avec un client saoul. Cette personne lui aurait dit quelque chose qui ne lui avait pas plu. Selon moi, il s’agissait plutôt d’un client qui avait dû voir par-dessus son épaule qu’Alain faisait les mêmes déclarations à deux femmes différentes. Une réflexion grivoise avait dû fuser dans le bar. Ce ne sont que des supputations, mais je crois que je ne suis pas loin de la vérité. Effectivement, si tel est le cas, cette réflexion n’avait pas dû plaire du tout à cet être qui se croit irréprochable, et certainement très fier de ses manigances !

Il y a quelques jours, j’ai parcouru les statistiques de fréquentation du site de tarot. Alain a joué beaucoup moins de parties au second semestre 2008, quelque soit le pseudo qu’il utilisait. Quant à sa nouvelle fiche sous le nom de Mindy, elle existe depuis janvier 2008. Sans commentaire. La fiche de Déité a été créée le 12 novembre 2008, et cette personne n’a jamais joué aucune partie. Elle a donc bien fait une nouvelle inscription uniquement pour chatter en toute discrétion, mais les liens s’étaient bel et bien déjà tissés auparavant. En effet, j’imagine mal quelqu’un arriver sur ce site et s’enfermer dès le premier soir avec un inconnu sur une table pour « discuter » ! Depuis combien de temps m’a-t-il menti ? Depuis combien de temps jubilait-il à mener une vie de père de famille, tout en me gardant sous sa coupe et en me voyant une à deux fois par semaine pour faire l’amour… et tout en draguant dans le même temps, sur le net le soir, pour laisser libre-court à de nouveaux fantasmes ? Le pire est qu’il finit lui-même par croire à ses propres mensonges.

Autre découverte attérante : sur son profil de Myspace, il se déclare célibataire ! Et cela depuis plus d’un an puisqu’il ne s’est pas connecté sur ce compte depuis janvier 2008. La chasse était donc déjà ouverte !

Une chose est sûre, c’est que cet homme-là a compartimenté toute sa vie en multiples cases. Tout est rangé, organisé et réfléchi. Il bâtit des stratégies et se ménage toujours des portes de sortie. Il était d’ailleurs comme ça dans son travail, offrant un visage humble par devant, et œuvrant par derrière, passant par des amitiés extérieures ou supérieures. Toujours aussi gourde, je croyais à l’époque que tout le monde était méchant avec lui et qu’il était normal qu’il se défende. Il était également pareil en amitié, des complicités soudaines puis des désenchantements tout aussi subits. En général, il s’estimait avoir été trahi, pas assez reconnu pour sa juste valeur. Il a construit sa vie de la même manière. Lorsqu’il se racontait, c’était toujours en termes de « périodes ». Il vivait une tranche de vie, puis il fermait la porte pour passer à une autre. C’était comme si il parlait d’une construction longuement réfléchie. Il prenait les plaisirs de la vie, sans rien donner en échange, puis il jetait, répondant à une étrange planification que lui seul connaissait, et quel qu’en soit le coût pour les autres. Cela fait montre d’un égocentrisme forcené, voir même d’égoïsme. Et je fais malheureusement partie intégrante de ce mécanisme… Il y a eu les années Trance, comme il y a eu les années Isabelle ! Je n’ai donc été pour lui qu’un objet de plaisir ou de divertissement dans sa longue construction personnelle, et je deviendrai vraisemblablement rapidement une erreur de parcours à qui voudra l’entendre.

J’ai donc repensé à tout cela ce matin dans mon lit et j’ai cherché à savoir pourquoi j’avais plongé aussi facilement, et pourquoi aussi, ayant maintenant ouvert les yeux, je continue à éprouver un tel manque. Mon cheminement de pensée m’a très vite orienté sur le décès de mon père. Cela a réveillé une douleur en moi, et je m’aperçois qu’il m’a fallu écrire je ne sais combien de pages avant d’arriver à ce point… qui a pourtant été l’objet principal de ma réflexion de ce matin ! Je pense avoir touché un point crucial. Et je prends encore prétexte de la nuit tombée pour ne pas aborder encore ce thème. Je le ferai demain matin, car j’ai déjà écrit la journée entière. Toujours est-il que j’ai recommencé à prendre mon traitement aujourd’hui, après près de cinq semaines, que j’ai commencé à déblayer quelques détritus de chez moi (mais il en reste encore pas mal !), et que je me sens plus sereine ce soir.

Je ne veux pas que la dépression s’installe, et elle ne s’installera pas. Je dois absolument finir ce travail au plus vite !

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