L'APRES ALAIN

Je tente de me reconstruire... ou plutôt de ne pas sombrer !

TRABENDO… Le soleil brille !

TRABENDO… Le soleil brille !

Je me suis décidée à sortir ce week-end pour aller en teuf. Je l’avais fait le mois dernier et il y avait eu un peu de mieux pendant quelques jours. Samedi, je n’avais pas pu dormir avant 16h… Je m’étais écroulée en me rendant compte que j’avais passé plus d’une heure à envoyer le même SMS au moins une centaine de fois. Réveillée à 21h, je me disais que ce n’était pas la peine de sortir dans l’état où j’étais et que j’allais finir enfermée quelque part dans un asile.

Je ne sais pas pourquoi, je me suis finalement décidée à 23h… Un grignotage vite fait, douche, blush et hop taxi ! Pourtant persuadée que la soirée allait être nulle. Ou plutôt que moi j’allais être nulle. Je me suis donc dis « je vais danser sans penser à rien ». Et là… j’ai trouvé une musique super, des gens sympas, bien dedans, une bonne ambiance. Le miracle s’est produit : J’ai dansé de 1h à 7h sans quasiment m’arrêter… L’énergie était là malgré seulement 5h de sommeil et un mini plat micro-ondes en 24h. J’ai retrouvé mes images mentales d’avant, celles d’avant le connaître, un sentiment de liberté.

Je l’ai vu devenir tout petit et moi grandir sans fin, avec une énergie nouvelle en moi, avec l’idée qu’il ne savait pas ce qu’il perdait et que Dieu fasse qu’il ne s’en rende pas compte à ses dépends. Et je me suis sentie bien, à un tel point qu’une jeune femme m’a félicitée pour la bonne énergie que je dégageais. Les gens sont venus me parler spontanément, avec une attitude bon-enfant. Cette teuf m’a vraiment rendue heureuse et regonflée à bloc ! Je crois que je l’ai enfin expulsé lui et sa négativité !

J’ai envie de nouveaux projets ! J’ai envie de faire plein de choses que je n’ai pas faites pendant huit ans ! J’ai envie de rencontrer des gens ! Et je vais le faire ! En plus, j’ai eu une bonne nouvelle de la part de ma copine concernant mon scénario. Probable qu’elle le tourne cet été. Mon Dieu que la vie est belle ! J’en pleurerais presque à écrire cette phrase. Comment ai-je pu rester ainsi trois mois dans le brouillard ? Mince ! J’ai tout à ranger ici ! Ca va être du sport ! Je sais… A chaque fois je dis ça, mais là je sens bien que c’est différent. Les gens l’ont bien senti d’ailleurs samedi autour de moi.

Je ne sais pas pourquoi, mais quelque chose s’est passé ce samedi soir. Je crois qu’il faudrait suggérer aux instances médicales d’emmener les dépressifs en teufs !

J’ai fait un dessin cette nuit pour essayer de retranscrire ce que j’ai ressenti : de bonnes vibes. Pressée de le finir, j’ai repris la femme papillon. Peut-être que je ferai un nouveau personnage à l’occasion. Mais d’un autre côté, c’est comme ça que je me suis vue : prête à prendre mon envol. Je l’ai bien sûr appelé Trabendo puisque c’était là où se tenait la teuf. Les vibes on les voit… les deux points verts peuvent symboliser tour à tout les platines des DJ (bien que ce soit plutôt des ordinateurs maintenant) ou le regard des gens autour de moi qui me rendaient cette énergie. (J’ai notamment piqué plein d’énergie à un jeune garçon qui dansait devant moi, bien parti dans son imaginaire lui aussi.) Ou bien ça peut être également le regard de mon ami Kala mon ami internaute à travers son écran… Je ne sais pas ce que j’ai perdu, mais j’ai gagné un petit frangin en tout cas (zibou Kala !). Je lui dédis ce dessin puisqu’il a toujours été là quand ça n’allait pas, jusqu’à s’inquiéter quand je ne répondais pas.

J’avais envisagé depuis un bout de temps de faire un billet qui s’intitulerait « La femme de plus de 45 ans » en clin d’œil à celui que j’ai fait sur l’homme de plus de 50, pour essayer de voir plus clair dans tout ce méli-mélo. Je comptais y passer pas mal de choses en revues : mes ex, le décès de mon père… Bref tout ce sur quoi j’ai réfléchi pendant des semaines (parce que tout y est passé pour essayer de comprendre). Mais ce n’est plus la peine. Les explications je les ai trouvées dès les premiers quinze jours, et je les ai écrites et ressassées sur ce blog depuis des mois. Je n’ai même plus besoin des siennes… Il est mort et enterré, tout petit, quelque part dans un bosquet près du Trabendo, paix à son âme… La femme de plus de 45 ans est belle, intérieurement et extérieurement. Elle ressemble à un petit papillon, et tant pis pour ceux qui ne le voient pas ! Je refuse de porter une responsabilité quelle qu’elle soit dans cette histoire (si ce n’est d’avoir été très conne dans mes choix, et très naïve), et je refuse de payer de ma santé pour la médiocrité d’autrui. Je n’écrirai donc pas ce billet. Et je vais totalement remanier mon blog pour enfin passer à des choses plus intéressantes.

Il me reste malheureusement encore à régler le cas de l’œil (oui, l’œil s’est manifesté !). Mais je crois que la réponse va être rapide.

16/03/09

Mince... on vient de me dire que sur mon dessin, sous le papillon on voyait un gros alien !!! Et effectivement, maintenant je ne vois plus que ça... Bon bin on va le corriger un peu avant de le remettre en ligne :))

FLOP

Poème que j'ai écrit spontanément cette nuit sur un site dans la rubrique "Top & Flop" (l'humeur du jour, en gros)

"Flop" ou "Les bruits de mes Nuits"

Flip flap flop comme font les larmes de mon âme...
Tic-tac comme claqu' le temps d'une nuit sans fin...
Aucun bruit ne fait mon coeur qui n'a plus sa flamme,
Même le train de "Kuro" m'interpelle en vain.

Que la nuit extérieure est noire et silencieuse
Alors qu'en dedans résonne tant de rancoeur !
Badaboum les pensées reviennent incidieuses,
A en vouloir hurler au monde mon malheur

"Kuro" c'est le titre d'un mix de Dj Maitreya que j'écoute à longueur de temps en ce moment et qui s'inspire d'un voyage en train.

DISQUE RAYE, TOC ET INSOMNIES

LE DISQUE RAYE, TOC ET INSOMNIE

Je m’aperçois que cela fait plus d’un mois que je n’ai pas écrit de billet sur ce blog. Je n’ai pas vu le temps passer. Demain, toujours demain… Je prends des notes de temps en temps sur un cahier en me disant « Tiens, il faudra que je parle de ça »…

Pour l’instant je me suis réfugiée dans le dessin, ou plutôt sur un logiciel de dessin, car il faut bien avouer qu’il y a de la distance entre le contact franc et spontané avec le papier, et des petits clics sur des options… Le dessin se crée sous nos yeux, comme par magie, mais on se demande parfois si c’est vraiment soi qui l’a réalisé. Le geste est absent et manque. La volupté manque. Elle est remplacée par une sorte de satisfaction intellectuelle à remarquer un détail, que d’autres n’auraient sans doute pas vu (ils en auraient choisi d’autres), et à le mettre en évidence… Une satisfaction à décider d’une couleur ou d’une lumière… mais le dessin reste physiquement très extérieur. Difficile à expliquer tout ça. On ne prémédite pas son dessin. Pour l’instant l’ordinateur mène la danse, car je ne connais pas encore toutes les options et je teste. L’ordinateur propose et je décide de poursuivre ou non dans cette voie.  J’ai produit comme ça un nombre incalculable de ce que j’ai appelé des « nova » : fond sombre, effet d’éblouissement et hop un soleil couchant apparaît. C’est joli, mais c’est lassant, même si le fractal autour est beau. J’en ai plus d’une centaine comme ça dans l’ordinateur.

Heureusement j’ai découvert il y a quelques jours, suite à un mauvais clic, comment faire une sphère. Mais une sphère c’est rond, donc les coins du cadre sont vides et tristes… alors il m’a fallu apprendre à fusionner les calques, pour pouvoir poser mes sphères sur des fonds. Là, le travail est plus intéressant car il faut trouver soit le bon décor qui mettra la sphère en valeur, ou à l’inverse la sphère appropriée qui enrichira le paysage. Car les fonds m’évoquent personnellement des paysages. Là l’ordinateur ne décide pas. Je dois bien avoir deux cents sphères en magasin… Toutes plus belles les unes que les autres (selon moi) mais qui pour l’instant n’évoquent rien. Je dois les retravailler en fonction de ce que j’ai envie d’exprimer. Le dernier dessin en date « Eclipse » m’a pris du temps, parce que cette fois-ci je savais ce que je voulais faire. J’avais obtenu une jolie nacre en guise de sphère, qui m’a tout de suite évoqué la lune, et plus précisément une éclipse. Elle n’a l’air de rien, mais je l’ai travaillée pour qu’elle ait de la brillance à certains endroits et du flou à d’autres. Pour lui donner du volume. Puis à partir d’un vieux fond, j’ai construit le décor autour d’elle. Les choses deviennent enfin intéressantes avec ce logiciel, mais il est vrai que je ne l’ai que depuis fin janvier et que je n’y connaissais rien.

Si je fais une telle digression, c’est parce que le dessin occupe toutes mes journées, ou plutôt mes nuits, depuis plusieurs semaines. Il m’arrive de rester devant l’ordinateur plus de 30 heures d’affilées. Je crois que c’est devenu un TOC. Je ne pense à rien pendant ce temps-là. Comme hypnotisée, je clique et reclique jusqu’à obtenir qui une sphère rouge, qui une sphère bleue… ou top du top une dorée. Je me fixe ce genre de défis. Ou, comme je les enregistre sous un numéro, je décide de manière arbitraire d’aller jusqu’à tel ou tel numéro. J’en oublie même parfois d’allumer une cigarette, c’est tout dire. Puis d’un seul coup, je m’écroule de sommeil. Parfois à 10h du matin, parfois à 17h lorsque l’insomnie dure au-delà de la nuit. Je n’ai plus conscience du jour ou de la nuit en fait. Je n’avais encore jamais éprouvé cela de ma vie. Je ne comprenais d’ailleurs pas les insomniaques. Pour moi, il suffisait de fermer les yeux pour s’endormir !

Alors je dessine de manière compulsive. Ou c’est ça, ou c’est aller l’étrangler de mes propres mains… Pas grand choix ! Quand j’arrête de dessiner, j’ai ces colères intérieures et insupportables qui me reprennent. Les démons ressurgissent : comment peut-on être serein et heureux en ayant rendu les autres malheureux ? En n’ayant pas la moindre once de respect pour autrui ? Je suis sûre qu’il a su se donner bonne conscience depuis, et qu’il a su également trouver de bons arguments pour sa nouvelle conquête. Car c’est un homme qui a une vision égocentrique des choses. Ca je m’en étais déjà rendue compte à plusieurs reprises, bien avant notre séparation.

Son credo était qu’il y avait toujours un prix à payer dans la vie, une facture pour les moments de bonheur… Moi je paie, double-tarif, pour des bonheurs que je n’ai pas connus, pour une trahison où je ne suis pas responsable, pour des instants de leurre, pour un infâme gâchis de huit années… pendant que lui passe son temps à faire le joli cœur. Il m’a tout repris du jour au lendemain sans me laisser la moindre chance de pouvoir au moins me construire des souvenirs, sans me donner la moindre explication, sans même me témoigner un tant soit peu de respect après toutes ces années. Tout n’était que mensonges. J’ai un vide de 8 ans partis en fumée ! Rien à raconter sur cette période, si ce n’est une liaison avec un homme marié en mal de sexe, jonchée de 5 à 7 graveleux qui me font horreur à en vomir. J’ai un disque rayé dans la tête, et je ne sais pas ce qui pourra un jour arrêter cette musique glauque qui résonne à mon esprit. Le dessin ou l’écriture peuvent m’y aider, mais ils m’écartent en même temps des réalités. Pas facile à se reconstruire ! Pas facile à lutter contre une dépression ! Je n’aurais jamais voulu le rencontrer ce con ! (désolée, mais il n’y a pas d’autre mot pour le décrire). Je ne vais donc pas le faire mentir… il va payer pour tout ce qu’il m’a pris, je ne sais pas encore quand et comment, mais il faut qu’il paie. Cela me fera toujours un but dans la vie, puisque je n’en ai plus.

Je n’ai plus envie d’être gentille, de tendre l’autre joue comme par le passé, en me disant « j’ai ma conscience pour moi ». A quoi me sert donc une conscience si les autres autour de moi n’en ont pas ? Je passe pour une naïve, un peu duduche. (J’ai souvent fait sourire quand je raconte que je porte des objets de valeur aux objets trouvés). Et comme je ne montre pas les dents, on profite de moi. Combien de fois ne m’a-t-on pas dit « Tu es trop gentille » ou « Tu te laisses trop faire ». Et puis, après tout, quand je parle de mes projets de vengeance à mon entourage, on me dit « Vas-y ! Fais-le ! ». Tout le monde pense qu’il le mérite. Ils sont parfois même plus énervés que moi !

Curieusement, Alain ne me manque pas le moindre du monde. J’ai réussi à dépasser ce cap. Sur ce point, j’ai fait la part entre la réalité et l’imaginaire. Quand je parle de lui, c’est « ce con » ou « ce connard ». Il m’aura fallu seulement trois semaines pour faire ce constat. C’est vrai que son grand silence pendant cette période m’a fortement aidée. Non, ce qui fait mal c’est ce sentiment d’avoir été blessée de manière totalement gratuite, sans aucun ménagement, et d’avoir été abusée pendant autant d’années. Et dire qu’il prônait la confiance ! Il fallait que je lui fasse confiance, il était quelqu’un de bien en proie à sa dualité ! Par contre, moi j’étais une affreuse célibataire qui risquait de le tromper et de le quitter à tout moment… Il me reprochait d’ailleurs d’avoir eu plusieurs partenaires. J’étais volage parce que j’avais tenté de faire ma vie par trois fois… Cela fait sourire, non ? En tout cas, moi je n’ai jamais trompé personne ! Même par la pensée ! Et il se passait un à deux ans après une séparation avant que je rencontre à nouveau quelqu’un. Apparemment sa dualité il la vit bien maintenant ! Il ne se cache même plus sur le tarot. Quel bel hypocrite !

Dès que je raconte mon histoire, les gens s’accordent à dire qu’il est évident qu’il est coutumier du fait (ah sa femme doit avoir les cornes hautes !), et qu’il m’a gardée sous le coude jusqu’au bout juste au cas où il ne concrétiserait pas avec la nouvelle. C’est cette lâcheté que je lui reproche surtout, et qui remet en cause la sincérité de notre histoire… qui efface tout. On ne peut pas se comporter de cette manière si on a réellement aimé la personne. Oui j’ai bien perdu huit années de ma vie, les années les plus importantes en plus, les plus belles pour une femme. Je me suis retranchée dans mon petit deux pièces à attendre, attendre, attendre, toujours attendre le bon plaisir de Monsieur, à l’âge où j’aurais dû exploser socialement. Une petite vie de femme rangée, pour un type que je ne voyais que deux fois par semaine et qui n’était même pas sincère en plus ! Tant de sacrifices pour rien !

C’est un projet de vie entier qui tombe en miettes du jour au lendemain, après 8 ans d’élaboration constante, et qui vous laisse un goût de néant en bouche, une blessure béante à l’âme. Imaginez-vous jetée sans raison du haut d’une tour par la personne en qui vous aviez le plus confiance ! Vous tombez tout d’abord en vous demandant si vous ne rêvez pas, puis vous en venez vite à vous demander sans cesse pourquoi. Et vous ne voyez surtout pas la fin de cette chute interminable.

Alors je comble mes nuits et mes journées par tout ce qui peut m’éloigner de la réalité. Je ne fais toujours pas mon ménage bien entendu. J’en suis à trois mois de retard de loyer (alors que je peux payer). Mon téléphone de domicile vient d’être coupé (la facture doit être quelque part dans la boîte à lettres). Heureusement, mon portable et mon internet sont en prélèvement. Je ne suis toujours pas allée chez le médecin pour renouveler mon ordonnance. Mon amie productrice m’a demandé un scénario il y a trois semaines, je ne lui ai toujours pas envoyé. Il est pourtant tout prêt, un simple mail me paraît insurmontable… Bref, j’ai un comportement bizarre qui commence à m’inquiéter (lol). Par contre, lui s’occupe bien de lui. J’ai appris qu’il avait trouvé une nouvelle coach sur Paris pour continuer à se procurer les compléments alimentaires que je vendais (ces produits sont décidément excellents !). Il veut s’entretenir pour sa nouvelle ! Il envoie même sa femme les acheter. Sa femme qui a d’ailleurs l’air très dynamique pour quelqu’un qui allait si mal !

Bon j’arrête là pour ce soir... le dessin m'appelle !

REVENONS AUX CHOSES SERIEUSES

REVENONS AUX CHOSES SERIEUSES

J’ai un peu pété un câble l’autre soir, mais je préfère revenir aux choses sérieuses. Son œil qu’elle se le garde (serait-elle borgne ?). Des yeux j’en ai maintenant à revendre, car cela m’as inspiré toute une série de dessins (que je mettrai d’ailleurs dans la rubrique photo) ! Et puis ce blog est avant tout fait pour parler de moi et pas d’elle !

Cette semaine est curieuse. Il semble que je recommence à reprendre du poil de la bête moralement, mais par contre le physique ne suit pas. Je me suis pesée hier et j’ai encore maigri. J’ai perdu 1,5 kg en cinq jours et je suis maintenant à 61,5 kg ! C’est vrai que ces trois derniers jours je n’ai rien mangé de vraiment consistant. J’ai recommencé à avoir des insomnies également. On va dire que c’est une semaine « sans »… l’anniversaire des deux mois de rupture ? En fait je passe mon temps à dessiner depuis que j’ai ce nouveau logiciel. Cela me fait du bien et m’évite de penser.

Justement, penser à quoi ? La rupture est consommée maintenant. Bien sûr je lui en veux plus que jamais, mais il n’est plus question d’amour ou d’incompréhension. J’ai bien compris qui il était : « un salaud du net », pour le citer. En fait dès mi-décembre cette réalité m’est apparue. Mais c’était un combat avec la sensation étrange que tout ça n’était pas vrai, que j’allais enfin me réveiller et découvrir que je n’avais fait qu’un cauchemar. Et c’était un combat avec moi-même aussi, pour essayer de ne pas sombrer.

Là j’évite de penser à demain.  Car j’ai un monceau de problèmes dressés devant moi, pourtant à régler au plus vite. J’éprouve une certaine latence à me pencher sur tout ça. J’ai encore du mal à regarder devant. Comment regarder l’avenir lorsqu’on n’a plus aucun projet ? Lorsque tout s’est écroulé du jour au lendemain ? Trahie par celui de qui on s’y attendait le moins ? Comment imaginer un nouveau futur ? Sur quelles motivations ? Le cœur est vide. La vision des choses s’arrête au lendemain tout au plus. C’est comme si j’étais une grande carcasse creuse en dedans… Pas étonnant que je maigrisse, la matière est aspirée de l’intérieur selon la théorie quantique sur le vide ! (Je viens de voir sur internet que ça s’appelle l’effet Casimir ! Je suis pliée !)

Comment ai-je pu en arriver là ? Comment est-ce possible d’avoir aimer à ce point quelqu’un qui ne le méritait pas ?  J’ai toujours été une amoureuse, mais jamais à ce point-là. Et par chance ma tête fonctionnait bien en parallèle de mon cœur. Non, je n’ai encore jamais connu une telle passion destructrice. Sont-ce toutes ses déclarations frelatées qui m’ont induite en erreur ? Etait-ce le regard que je croyais qu’il portait sur moi qui n’était que le reflet de mes propres désirs ? L’amour ne serait-il qu’une fiction créée par le regard de l’autre ? J’ai beau connaître le fin mot de l’histoire, je conserve encore en moi une plaie béante. Les premières semaines j’éprouvais un véritable manque. Le manque de sa présence. Ne plus le revoir du jour au lendemain a été vécu comme un deuil. Ne plus l’entendre, ne plus le toucher, ne plus le lire, ne plus savoir ce qu’il fait, ne plus agir en fonction de lui, ne plus l’avoir pour repère… Et pourtant c’était plus une tentative de meurtre qu’un décès, si je dois établir une comparaison. Car Alain est parti de lui-même, m’abandonnant avec préméditation. Mais d’où me vient ce manque de discernement pour me laisser avoir ainsi par le premier gugusse venu ?

Et comment refaire confiance aux autres et à moi-même ? Il est curieux dans ce genre de situations d’éprouver une part de doute sur soi, comme une sorte de culpabilité. Lorsqu’on est quitté, on se sent diminué. Inconsciemment on se demande si on ne l’a pas mérité… Pourtant il me semble être toujours la même. Et surtout tout l’accable pourtant, et non moi.

J’ai toujours du mal à sortir de la maison et à aller aux devant des gens. Le gardien est venu taper à ma porte ce matin. Des ouvriers devaient faire des travaux. Il paraît qu’il avait mis un mot dans ma boîte… mais comme je n’ai toujours pas ouvert mon courrier depuis deux mois ! Je n’ai pas voulu lui ouvrir, car l’appartement est dans un tel état ! J’en ai honte ! Pourtant, il suffirait de pas grand-chose pour que je m’y mette. En prenant les choses une à une, je dois bien pouvoir y arriver quand même !

Samedi j’ai pris la décision d’aller à une teuf. Ce sera le grand jour, celui de mon retour dans le monde des vivants ! Car pour l’instant je me sens vraiment sur une autre planète, totalement à l’écart de tout. La réalité des autres n’est plus la mienne, je le sens bien. Je n’ai plus conscience de l’heure et je vois à peine passer les jours, ni les nuits d’ailleurs. Je subis le temps… moi qui aime d’habitude prendre des initiatives !

Aujourd’hui je suis donc allée chez le coiffeur. J’ai fait un changement radical ! Et je suis très contente de moi car ça me va bien. J’espère que je serai suffisamment en forme pour sortir ce week-end, et surtout que j’aurai réussi à faire disparaître ces grands cercles noirs que j’ai autour des yeux. Je suis plutôt cadavérique en ce moment… Les coiffeuses ont d’ailleurs eu du mal à me reconnaître. J’ai donc dû leur raconter ce qui m’était arrivé. Je les connais bien en plus. Elles étaient catastrophées. Du coup, deux ont travaillé une heure de plus pour me faire la coupe et la couleur dont j’avais envie, bien que je sois arrivée un peu tard pour cela. Ce n’est rien, mais ce geste m’a fait plaisir.

Bon il est tard, je vais aller dormir. Vivement samedi ! Vivement le retour à la vie !

05/02/09

A qui est donc cet oeil ???

Lol ! J'ai trouvé la photo d'un oeil sur une fiche de Webtarot... Serait-ce celui de Deirdre49 faisant les yeux doux à Alain ? Une oeillade pour mettre à l'épreuve la ferveur et affiner le désir ? 

Comme le pseudo avait rapport avec les tits zoziaux... Serait-ce un oeil de perdrix ? Ou bien un oeil de boeuf ???

  

 

Tiens, vais mettre le mien avec une phrase de bouquin en commentaire : "Big Brother is watching you !"

   

 

MADAME LA MARQUISE

Madame la Marquise

Aujourd’hui je n’ai rien fait de concret. J’ai dessiné, car j’expérimente un nouveau logiciel que l’on m’a envoyé. (Je remercie d’ailleurs Thierry. Je ne pense pas qu’il lise ce blog, mais je le remercie quand même). Malheureusement, ce soir quand j’ai voulu sauvegardé, tout s’est bloqué… Cinq dessins partis en fumée ! Rageant ! J’y avais passé la journée…

Je n’ai rien fait de tout ce que j’avais programmé. Et c’est comme ça tous les jours… J’ai du courrier de deux mois dans ma boîte, j’ai d’ailleurs vu que le loyer était arrivé avec le rappel du mois précédent que je n’ai toujours pas payé. Je n’ai toujours pas fait mon ménage non plus (depuis deux mois ! ça craint vraiment maintenant). Le pire, ce sont toutes les bouteilles en verre à descendre ! Je prends du jus d’orange bio vendu par demi litre, à raison d’un demi litre par jour… Il doit bien y avoir 60 bouteilles vides dans ma cuisine ! J’en rigole, mais ce n’est pas drôle du tout ! Et ça va être encore moins drôle quand je vais devoir descendre tout ça au container !

Comme j’ai beaucoup maigri, je n’ai plus aucune affaire qui m’aille. Je sors donc tout de l’armoire pour trouver un truc à mettre… et bien sûr ce qui ne va pas reste parterre ! Mon appartement ressemble à un véritable camp de réfugiés ! Et encore, je suis sûre qu’ils sont beaucoup mieux organisés que moi.

Il va falloir aussi que je regarde mes comptes car je ne sais plus du tout où j’en suis financièrement… et je n’ai aucune rentrée. Je n’ai d’ailleurs toujours pas retourné ma déclaration pour la poursuite de mon APL. Je crois bien qu’elle va être coupée ! Ce courrier est arrivé deux ou trois jours avant la séparation. C’est comme pour mon activité, je devais normalement prévenir les impôts en décembre, en vue de la déclaration 2008. Je n’ai pas gagné grand-chose, mais avec eux, on ne sait jamais (Merci Alain ! Tu as vraiment choisi le bon moment pour me faire ton coup de Jarnac ! pour ta rupture du jour au lendemain !).

J’ai un peu d’argent de côté, mais de mémoire ce sont des comptes bloqués. Je vais devoir prendre rendez-vous à ma banque, mais sincèrement je n’en ai pour l’instant pas envie.

En plus, ce matin je me suis aperçue que j’avais pris 600 mg de Lévothyrox !... au lieu de 300. Le double de la dose… C’est un médicament pour la thyroïde uniquement sur prescription. Et comme je ne suis pas retournée chez le médecin ces deux derniers mois (je devais également le faire début décembre), je fais tous les pharmaciens du coin en leur demandant exceptionnellement une boîte de dépannage. Soit il faut que j’étende le périmètre des pharmacies, soit il faut que je me décide à enfin aller chez le médecin ! (D’ailleurs il n’y a pas que ces médicaments qui me manquent). D’habitude, je prenais des boîtes de 100 mg, et puis là, je me suis dit que si je demandais une boîte de 200 mg, elle me durerait deux semaines au lieu d’une seule… et patatra, ce matin j’ai oublié. Par automatisme j’ai avalé trois comprimés, au lieu d’un et demi. Bon, je suis toujours en vie apparemment.

Bref, tout va pour le mieux !

J’ai toujours un sommeil bizarre, et maintenant je fais des rêves en plus ! L’autre jour, j’ai rêvé qu’Alain avait sorti un disque ! (lol). Et dans mon rêve, je regardais la pochette éberluée en me disant « Mais comment il a fait ? On ne sort pas un disque en deux mois ! Il a dû préparer ça d’avance sans m’en parler ! »… Le lien avec la réalité est tout de suite vu !

Une autre fois, il était habillé en judoka et me disait qu’il devait partir. Puis il s’élançait dans le vide.  Il ne tombait pas, il flottait, et il était rattaché par une grande corde. (Là aussi on voit tout de suite le rapport. Par contre, pour le costume de judoka, je ne vois pas). Ah que j’aimerais couper cette corde ! Etre débarrassée une fois pour toute de ce c… ! Avec un peu de chance il s’écraserait au sol comme une crêpe molle : doublement débarrassée de lui ! Ce qu’il y avait de sympa dans ce rêve, c’est qu’ensuite Arthur (le présentateur télé) m’a ramenée à la maison en chaise volante ! Bon pas haut, juste à 20 cm du sol, pour éviter les frottements sur la route quoi ! (c’est bien étudié quand même).

Hier, j’avais une chambre qui ressemblait à mon appartement… aussi bordélique qu’il est maintenant. Ce n’était pourtant qu’une chambre au sein d’un très grand appartement magnifique qui appartenait à Jane Birkin ! (oui, je ne rêve que du Gotha en ce moment). En plus, très sympa Jane ! (lol). Alors là, c’est bon signe : le monde m’appartient ! Il faut juste que je sorte de ma chambre quoi ! Et que surtout j’arrête de m’intéresser aux gens qui n’en valent pas la peine. Dans mon rêve, j’en sortais de cette chambre !

Par contre, côté nourriture, je remange régulièrement. Peu, mais régulièrement. J’ai arrêté de maigrir, mais je fais toujours 63 kg. Ce qui m’a d’ailleurs valu un « salope » venu du fond du cœur de la part d’une amie… qui apparemment a le problème inverse. Je lui ai conseillé de se faire quitter. Et oui, je recommence à rire aussi.

Depuis trois jours, j’ai rebranché msn car j’ai décidé de reprendre contact avec mes anciens amis. Mais ce n’est pas facile. J’ai du mal à sortir de chez moi. J’ai donc également programmé une petite teuf et il va falloir que je me remette en forme d’ici là. Car quand je danse, je danse ! Quatre ou cinq heures d’affilée ! Si ça se passe bien, je compte bien en programmer d’autres d’ailleurs. Possible même que j’aille à un festival cet été. Ca, ça serait super : renouer avec mes anciennes habitudes, celles où je partais toute seule à l’aventure. C’est un grand pas à faire tout de même qu’une enjambée de huit ans…

Je ne pense toujours pas au travail, mais apparemment les autres y pensent pour moi. Une amie qui produit des reportages m’a demandé de lui proposer un projet.

Il faut que je termine ce blog au plus vite. Je n’ai toujours pas rédigé la partie me concernant… et je repousse de jour en jour. Pourtant ce blog m’aide bien, et je suis sûre qu’une fois que j’aurai mis par écrit toutes mes réflexions, je pourrai enfin tourner la page. Il faut aussi que je refonctionne comme avant, comme au boulot, avec des listes de choses à faire, des plannings… Tout ça j’y pense. Le tout est de le mettre en pratique.

Bref, tout va très bien Madame la Marquise !

30/01/09

OFFICIELLEMENT... OFFICIEUSEMENT

OFFICIELLEMENT, OFFICIEUSEMENT

Officiellement, Alain fait partie des maris fidèles respectueux de leur épouse… Mais peut-on sérieusement parler de fidélité quand cette personne a déjà eu au moins deux maîtresses « officielles » ? Car en plus de moi, il avoue volontiers en avoir eu une autre il y a vingt ans, quand sa femme était enceinte (noblesse oblige !)… Un écart qu’il ne s’explique pas, mais un écart qui avait tout de même duré huit mois !

C’est sans doute selon le même phénomène que son « erreur » suivante (car je suis persuadée que c’est ce qu’il dira de notre liaison) a duré huit ans… bien qu’officiellement il me parlât d’amour unique et éternel jusqu’au bout… jusque dans son mail de rupture !

Officiellement, il a eu d’autres complicités sur internet. Selon lui, ce ne prêtait pas à conséquences puisque c’était purement cyber. Mais officieusement, il m’a justement quittée pour une cyber aventure… qu’il souhaite d’ailleurs ardemment devenir réelle. Par combien de fois a-t-il tenté sa chance ? Cette réponse-là ne sera bien sûr jamais officielle.

Et pourquoi donc reste-t-il malgré tout avec sa femme ? Peut-on parler de couple uni lorsque l’un s’éclate sur internet, à chatter des heures entières, pendant que l’autre regarde la télé ? Ce ne sont pas des échanges innocents, au hasard de l’emploi du temps, pour Alain. Il ne faut se consacrer qu’à lui, trois heures durant, chaque soir. Aucun autre intervenant ne pourrait se mêler à la conversation car il ne faut être rien qu’à lui… comme lui déclare n’être rien qu’à vous par la pensée. Ce sont des instants privés, intimes et appelés « magiques », qui vous coupent rapidement de vos habitudes et de votre entourage… C’est une liaison à part entière. Peut-on encore une fois parler d’amour entre lui et sa légitime ? Il affirme pourtant qu’il aime sa femme. Pour mon cas personnel, lorsque j’aime, Brad Pitt pourrait venir chanter la sérénade sous mes fenêtres que je n’y prêterais pas attention.

Peut-on seulement parler de respect lorsque l’on cumule cybers amours officieux et liaisons officielles, non seulement dans le temps, mais également simultanément ? Que penserait-il si sa femme lui faisait la même chose ? Je crois qu’il en ferait une crise cardiaque ! Car si Alain est officieusement volage, il n’en est pas moins officiellement jaloux et possessif ! En effet, tous ses mensonges ne l’empêchaient pas de me faire des scènes de jalousie dont j’ai déjà parlé plus haut. Il appelait ça des « crises de manque ».

A nos débuts, nous sortions beaucoup : restau, amis (les siens), cinéma, teufs. Et puis notre premier jour de l’an, je l’ai passé seule chez moi, et lui en famille… Personne sur l’ordinateur de toute la journée. Un peu déprimée, j’ai décidé d’aller à une « after » Trance dans Paris... juste une ou deux heures dans l’après-midi pour me rapprocher de lui par la pensée. Qu’est-ce que j’avais fait là !? Je l’avais trahi ! J’avais trahi la magie de nos teufs !

Une autre fois, un samedi soir, alors que je venais juste d’arriver chez des amis pour diner, il m’a téléphoné pour me dire qu’il s’était finalement libéré de sa femme et qu’il voulait me voir. Je lui manquais, il était désespéré de me savoir m’amuser loin de lui, je l’oubliais, il se sentait seul… J’ai marché ! J’ai prétexté des maux de ventre et je suis partie au beau milieu de l’apéritif. J’ai fait une heure de route dans le sens inverse pour simplement passer une petite heure à discuter avec Alain… juste en bas de chez lui ! Il était satisfait : j’avais cédé, je n’avais pas passé de soirée en dehors de lui, et il avait confirmation que j’étais bien sous sa coupe.

Quelques temps plus tard, j’avais emmené ma mère pour déjeuner chez son cousin. Les repas de famille sont souvent un peu longs chez nous. A 15h, nous étions encore à table lorsque mon téléphone a sonné. Alain n’était pas content car il n’avait pas de nouvelle de moi depuis midi !

Il y a eu également l’invitation de Fred, son ami DJ. Nous avions diner chez lui et il souhaitait aller à une teuf avec nous le week-end suivant. Mais cela tombait pendant les congés d’Alain qui avait prévu de partir en Vendée avec sa femme. Fred m’a donc proposé naturellement de l’accompagner avec ses amis. J’avais simplement répondu que j’allais y réfléchir... Au sortir du repas, j’ai eu droit à une scène ! C’est d’ailleurs la seule scène qui n'ait pas été téléphonique ou cyber. Alain ne comprenait pas que je n’aie pas décliné tout de suite et de moi-même l’invitation… Ce simple « peut-être » était à lui seul une traîtrise à son encontre ! C’est pourtant ce même Alain qui passait le plus clair de son temps avec sa femme, ce même Alain qui, de par ses aptitudes à aimer deux personnes à la fois, trompait effectivement deux personnes à la fois, et ce même Alain qui se vantait qu’on ne posât aucune question chez lui par respect de l’intimité de l'autre ! Officiellement Alain est très soucieux de la liberté de chacun… officieusement surtout de la sienne !

Au bout de quatre ans de liaison, il était encore capable de m’appeler toutes les cinq minutes au restaurant en hurlant et en m’insultant… parce que j’avais eu la fâcheuse idée d’inviter mon neveu pour son anniversaire à une soirée diner plus cinéma. Le jour même, Alain avait décidé de me voir ! Les choses sont allées très mal quand je lui ai dit qu’il m’était impossible de décommander à la dernière minute. Dans ces cas-là, lorsque je lui tenais tête, son mot favori était « salope ». (Suis un peu bête moi aussi d’avoir accepté cela !)… l’expression de sa détresse selon lui. Ira-t-il jusqu’à insulter sa Déité ? (Quel pseudo ! Ce ne doit pas être la modestie qui l’étouffe)… Commettra-t-il ce suprême sacrilège ?

Curieusement, nous n’avons jamais eu d’anicroche lorsque nous étions ensemble physiquement, hors mis suite au dîner chez Fred. Avait-il peur de gâcher nos séances de galipettes !?

Cela a continué comme ça pendant des années, puis il s’est un peu calmé. Déjà parce que je ne sortais plus, et puis parce qu’il a décidé brusquement de se guérir car il en devenait fou… Ca coïncide d’ailleurs avec son soudain engouement pour le tarot en 2005. Cependant, il était toujours aussi vigilent sur mes possibles affinités sur internet.

Comment, dans ces conditions, imaginer qu’il me ferait ce coup-là huit ans après ? Comment imaginer qu’il semble trouver son attitude des plus normales : « Il ne savait pas comment me le dire car il avait peur de me faire souffrir ». Alors il commence par me tromper sans scrupule, entretient le mensonge jusqu’au bout, et me quitte du jour au lendemain. Croît-il réellement que c’est moins douloureux ? Des coups à se foutre en l’air oui ! (Peut-être est-ce ce qu’il attendait… un suicide pour ses beaux yeux ? Cela aurait complété sa panoplie du sérial-lover). Et est-ce également pour que je souffre moins qu’il n’a jamais daigné prendre de mes nouvelles depuis ? Qu’il n’a jamais même pris la peine de me donner une explication claire, au moins par mail s’il avait peur d’un affrontement direct ? Officiellement Alain est un homme qui sait prendre ses responsabilités… mais officieusement je n’ai jamais vu une telle lâcheté de la part d’un homme digne de ce nom !

Officiellement la femme d’Alain est dépressive. (A l’entendre, elle était au plus mal et il devait absolument se rapprocher d’elle). Officieusement, Monsieur continue tout de même ses agissements sur le net : petits tarots du matin et du soir, assortis de cyber conversations (très officieuses puisqu’il est officiellement censé jouer aux cartes), doublés de petites conférences  dites « musicales » avec sa nouvelle sur un autre site… Il affirme pourtant qu’il travaille sur des projets professionnels en vue d’une future reconversion, et qu’il fait également tout le ménage chez lui pour soulager sa femme tant souffreteuse. Comment trouve-t-il le temps ?... A moins qu’il ne se contente de débarrasser la table le soir pour se donner bonne conscience !?

Comment peut-il faire aussi peu de cas de sa femme ? Sans doute de la même manière qu’il fait peu de cas de ses maîtresses… Il est vrai qu’officiellement sa femme a souvent la migraine et qu’il ne se passe pas grand-chose sexuellement dans son couple, selon ses dires. Connaissant l’appétit d’Alain sur ce point, je devine la teneur des cybers entretiens avec sa nouvelle. Aujourd’hui c’était justement mardi et sa femme travaillait, alors que lui non cet après-midi. Il a donc eu tout loisir de s’adonner à son activité préférée… mais ce ne sont là que sources et supputations officieuses. Toujours est-il qu’il  a probablement conservé le même jour pour ses ébats extraconjugaux… la partenaire et le mode changent… Ah internet, quand tu nous tiens !

L’imaginaire lié au cyber semble d’ailleurs considérablement exciter sa nouvelle. Officiellement elle est pourtant mariée et mère de famille. Elle a affiché ce soir, sur sa page internet « La patience met à l’épreuve la Ferveur… elle maintient et affine le désir »… Tout un programme ! Tandis que lui a laissé naïvement sa phrase « bientôt nos rêves deviendront réalité ». Je la crois aussi tordue que lui, peut-être même plus. Elle tient une prise et joue avec… comme un chat avec une souris. Lequel a donc attrapé l’autre ? Oui je pense qu’elle est calculatrice. Certaines femmes conseillent de se faire désirer, comme par exemple en ne décrochant pas le téléphone quand l’amoureux appelle, ou en déclinant un rendez-vous sous prétexte d’être déjà prise ailleurs, même si ce n’est pas vrai… J’ai toujours trouvé ça grotesque et digne de la cour d’école. Ferait-elle partie de cette catégorie de femmes ? Ou bien hésiterait-elle à s’investir ? Peut-être a-t-elle cerné le personnage et ne souhaite-t-elle que s’amuser quelques temps…

Les rôles se sont inversés. C’est maintenant lui qui est devenu en position d’attente. Moi j’attendais derrière l’écran ou le téléphone. J’avais des scrupules vis-à-vis de sa femme et ne souhaitait pas détruire un couple… Pour sûre, ma candeur a dû le lasser à force. Elle, elle le titille et joue à « cours après moi que je t’attrape ». Je la sens assez bien comme ça.

C’est quelque chose que j’avais déjà senti chez elle il y a quelques jours. Alors que j’avais parlé sur mon blog d’une chanson de Neil Young partagée anciennement avec Alain, elle s’était empressée de lui signaler, toujours publiquement sur sa page, qu’elle réécoutait cette chanson avec plaisir… et sa phrase du jour était visiblement à mon attention, des paroles d’une chanson disant en gros que la roue tournait et qu’on ne pouvait jamais revenir en arrière. Manière de bien me faire comprendre qu’elle était dans la place. Mais ça, je l’avais bien compris toute seule. Et manière de me narguer aussi. Mais ce n’est pas qu’elle soit avec ce c… qui me gêne. Libre à elle de se contenter des miettes. C’est pour le comportement qu’il a eu que je lui en veux, pour ces huit années de mensonge.

Là où ça me satisfait, c’est que je la crois incapable de lui donner ce que je lui ai offert… à commencer par l’honnêteté et la sincérité de mes sentiments. Pas de faux-semblant, pas de calcul, ni de tergiversation à osciller entre deux personnes, à n’appartenir au deuxième qu’à heures fixes, lorsque l’on a réglé les problèmes domestiques de sa vie officielle avec le premier. (Je sais de quoi je parle car j’ai accepté ça de la part d’Alain pendant huit ans). Finalement, c’est peut-être tout bonnement elle ma vengeance !?

Je m’interroge sur ces gens qui fomentent et vivent dans le mensonge avec une jubilation certaine. Lorsque son couple bat de l’aile, ne devrait-on pas commencer par quitter son conjoint, et seulement après, démarrer autre chose ? D’où leur viennent ces déviances ? N’est-ce que l’adoration de la chose cachée leur véritable moteur ? La satisfaction perverse de « rouler » l’autre ? N’est-ce qu’un désir d’érotisme bon marché et non imaginatif ? Peut-on là encore parler d’amour ?

Cela me fait penser à une collègue de travail qui prenait amant sur amant car elle n’était pas heureuse dans son couple. Elle a déclaré un beau jour ne pas pouvoir quitter son mari car, seule, elle ne pourrait pas payer le crédit de sa voiture. Et bien sûr il était hors de question qu’elle se séparât de son véhicule tout rutilant. Elle attendait donc d’avoir trouvé un remplaçant avant de divorcer. Quelles sont donc ces demi-mesures et ces compromis de bas étages ? Non ces gens-là ne savent pas ce que veut dire le mot « aimer »… Ils aiment comme on aime le jambon ou la confiture. Ils aiment en consommateurs.

Officiellement Alain ne quittera jamais sa femme… mais officieusement je crois que cette fois il va laisser femme et enfants. Une seule chose peut-être pourrait l’en empêcher, c’est que maisons et argent sont au nom de Madame. Mais si l’on tient compte qu’il a sans cesse besoin de nouvelles expériences, qu’il décide soudain refaire sa vie est fort probable. Après tout, il a déjà connu à plusieurs reprises les joies de la liaison adultérine, cela n’a donc plus rien d’excitant pour lui. Se donner un nouveau départ pourrait être un challenge qui le séduise. Un homme en proie au démon de midi est généralement stupide. L’âge aidant, la peur de vieillir… et comme Alain est officiellement sensible, mais officieusement égocentrique profond, les trente années passées avec sa femme risquent de ne plus faire le poids…

D’ailleurs, je suis sûre que s’il lit ce blog, c’est officiellement lui qui souffre de ma méchanceté à étaler sa vie en place publique… Le mal qu’il m’a fait est bien entendu purement officieux et passe automatiquement aux oubliettes.

Mais j’avoue que leurs sordides manigances officiellement ne me concernent plus… et officieusement elles commencent effectivement à me lasser. Vivement que j’aie terminé ce blog !

27/01/09

Le rite amoureux de l'homme de plus de 50 ans

LE RITE AMOUREUX DU MALE DE PLUS DE 50 ANS

L’homme de plus de 50 ans est très prolifique en matière de bavardages et de jugements. « Faites ce que je dis, mais ne faîtes pas ce que je fais » est vraisemblablement sa devise. Alain m’a fait partager sa vie, me parlant de sa femme, ses filles, sa mère, sa sœur, de ses amis, de son travail… et me demandant conseil à tout bout de champ.

Cela fait huit ans que j’entends dire qu’il en a marre de son boulot, qu’il n’y est pas reconnu à sa juste valeur, et qu’il serait temps qu’il en change. Je me suis donc gavée pendant huit années toutes les petites histoires avec ses chefs et ses collègues, toujours mesquins bien entendu. Cela fait huit ans qu’il cherche une nouvelle voie, et depuis plus longtemps que ça apparemment, puisque le problème n’était pas nouveau lors de notre rencontre. Par contre, quand moi j’essayais de lui parler de mon travail, cela l’agaçait. Un jour où je lui racontais ma journée, il m’a coupée net : puisque j’étais surchargée, je n’avais qu’à changer ! Il n’était plus question qu’il m’écoute me plaindre de manière stérile ! Il est vrai que de discuter pendant des heures sur Roger qui avait oublié de consigner sur le cahier que la porte du cinquième étage fermait mal et que du coup on risquait encore de chercher des noises à Alain, est beaucoup plus constructif que d’évoquer la difficulté à refaire dans les temps tous les budgets parce qu’on m’avait demandé, sans indication précise, de réinjecter de manière fictive un million d’euros dans la prévision du chiffre d’affaires… A chacun ses petits problèmes !

Bien que jusqu’avant Alain j’aie toujours supporté la pression à mon travail, j’ai fini par effectivement prendre ma décision… à laisser un job où je gagnais plus de 50 000 € annuel, où j’étais Chef de Service avec jusqu’à 20 personnes sous mes ordres. Et ça à 45 ans, tout en sachant que j’étais totalement autodidacte et sans diplôme ! Fallait-il que je sois surmenée pour me laisser bercer par ses belles paroles ! J’ai mis trois ans pour réussir à négocier au mieux mon départ. Trois années pendant lesquelles Alain s’impatientait !

Et lui ? Où en est-il ? Il est toujours dans la même entreprise, toujours agent de sécurité, avec les mêmes petits chefaillons qui l’enquiquinent. C’est vrai, j’oubliais : il se cherchait ! Il souhaitait un job où il pourrait s’épanouir pleinement pour la dernière partie de sa carrière (dépêche-toi, il te reste à peine sept ans avant la retraite !). Ce qui l’intéressait c’était de pouvoir aider les autres, au travers des massages… ou des ondes, il ne savait pas trop (gourou, ça t’irait bien !). Avant d’aider les autres, il pourrait déjà aider sa femme, et avoir un peu plus de compassion pour ses maîtresses !

Fort de cette belle détermination, il me faisait relire une bonne partie de ses courriers ou projets, pour son dossier « formations » notamment (le schéma « synergie » que tu n’arrivais pas à faire, et ta lettre de motivation que j’ai rédigée pour toi, tu t’en souviens ?). A l’époque, il reconnaissait mon savoir-faire et n’était pas avare de compliments ! Pendant des années, Alain a amélioré son module de formation sur les consignes de sécurité. Puis, comme tous ses coups de cœur, cela a semblé le lasser il y a peu.

L’homme de plus de 50 ans s’achète lui-même ses vêtements. J’allais donc avec lui régulièrement pour l’aider à choisir ses fringues : chaussures, survêtements... Je l’emmenais en voiture le mardi après-midi, prenant à cœur mon rôle de « seconde femme ».

Et ensuite il vient dire qu’il lui semblait impossible de construire quelque chose avec moi… Je lui ai certainement plus apporté qu’il ne m’a apporté. Son truc à lui c’était de contribuer à mon bien-être, car selon sa grande théorie qu’il me rabâchait sans cesse « une femme après 45 ans, c’est plié ! »… Il fallait donc que je m’entretienne pour passer ce seuil fatidique, bien qu’il semblât que ce soit sans appel pour toute femme ! J’ai toujours été sportive. Je devais donc lui mettre par écrit mon petit programme de gymnastique pour qu’il contrôle si il était complet et propice à me « prolonger ». En récompense, j’avais droit à des petits massages de visage pour retarder les rides. (En fait, c’est une geisha qu’il lui faut !!!). Il semble oublier que toute femme qui se respecte s’entretient d’elle-même, et personnellement j’ai la chance que l’on m’ait toujours donné dix ans de moins que mon âge… Et pour un homme ? Quel est le seuil fatidique ? 50 ans ? 55 ans ?

Toujours est-il que c’est tout de même moi qui l’ai mis à la piscine ! Il voulait que l’on fasse du sport ? Et bien on en a fait. Il était d’ailleurs très vexé à ses débuts que je nage plus vite que lui. Malgré mon « grand âge » je lui ai fait cracher ses poumons au p’tit vieux ! Question massages, je crois bien que de mon côté je ne lui suis redevable en rien non plus : pour le déstresser, pour le soulager de ses multiples déchirures musculaires (Ah oui, à plus de 50 ans, les problèmes musculaires sont fréquents chez l’homme… une piste pour ce fameux seuil version masculine !?). Encore quelques jours avant notre séparation, ces massages et échanges d’ondes lui étaient bénéfiques et, selon ses dires, nos mardis après-midis nous servaient à nous « ressourcer »… pour aller mieux chatter avec l’autre dans la foulée semble-t-il !

Je me demande quel sport il va prodiguer à l’autre… Va-t-il lui offrir également le livre sur la Méthode Nadaud et contrôler le nombre d’arcs de cercle qu’elle fait par jour ? Va-t-il lui expliquer pendant des heures sur internet comment masser et écraser les petites rides naissantes ?

Une autre chose le préoccupait à mon sujet, en tant que digne protecteur du sexe faible : c’était ma santé financière. Alors que je gagnais plus des trois quarts de son salaire et celui de sa femme réunis, il voulait m’aider à « construire financièrement ». A ce titre, j’aurais dû lui envoyer chaque mois mes comptes. Ca, je n’ai jamais marché. J’ai toujours été indépendante financièrement, je ne voyais donc aucune raison qu’il contrôle mes finances. Il ne m’a d’ailleurs jamais proposé non plus de m’envoyer les comptes de son ménage à ce que je sache ! Demande-t-il les comptes de sa nouvelle ? Comme elle est mariée, doit-elle justifier également les dépenses de son mari ?

La phrase qu’aime à prononcer l’homme de plus de 50 ans juste après l’amour est « As-tu déjà connu une telle jouissance avec tes ex ? ». Dans un esprit d’équité des sexes, j’espère que sa nouvelle ne manquera pas de lui demander également avec qui c’est mieux : avec elle, sa femme, ou moi ? (Qu’elle se rassure, dans ces cas-là, la personne qui pose la question prend peu de risques et elle entend généralement une réponse favorable, car il est difficile d’y répondre sincèrement en fait). Personnellement, cette question m’a toujours étonnée, car je me voyais mal établir une liste pour effectuer des comparaisons. En tant qu’amoureuse convaincue, j’ai toujours eu la chance que ça fonctionne bien de ce côté-là. L’esprit dictant au corps, si l’on aime, on aime jusqu’au bout.

L’homme de plus de 50 ans, en période de rut ou non, n’aime pas rencontrer la famille ou les amis de ses maîtresses. Ma mère m’a fait remarquer pas plus tard qu’hier, qu’en huit ans de temps, bien qu’il se fasse trimbaler dans sa voiture (oui j’empruntais la voiture de ma mère pour aller le chercher), il n’a jamais daigné venir se présenter. J’avais également proposé à plusieurs reprises de passer manger chez ma meilleure amie, mais il n’a jamais accepté… Il ne voulait lier aucun lien avec mon univers. Cet homme-là savait donc bien ce qu’il tramait depuis le début.

L’homme de plus de 50 ans est volage. En parallèle de ses multiples « attentions », il se faisait de nouveaux amis sur différents sites, tout en m’éloignant volontairement de ces mêmes sites. Il savait donc bien depuis longtemps ce qu’il préparait ! Je crois qu’il a commencé à chercher dès 2005, dès qu’il m’a écartée de Webtarot, dès l’épisode avec Supernana…  Plus de la moitié de notre relation faite de mensonges ! (en admettant qu’il ait été sincère au début, ce qui est loin d’être évident). En bientôt quatre ans, il a eu quand même largement le temps de me préparer à cette rupture, non !? Et il m’aurait surtout fait gagner quatre ans de ma vie… Il attendait égoïstement de m’avoir remplacée pour me quitter ! Et quand on cherche, effectivement on finit par trouver !

26/01/09

LA FIDELITE, UNE VALEUR SURE !

LA FIDELITE, UNE VALEUR SURE !

Quand je pense qu’il critiquait ses collègues, pour ceux qui quittaient leur femme. Je pense particulièrement à Ptiminou, un bon ami à lui où il travaille… Un homme qui en est à sa troisième femme. Il fait un ou deux enfants puis il les quitte. Mais c’était tout de même un bon ami à lui et ils devaient plaisanter ensemble sur leur vie intime puisqu’Alain m’avait dit un jour « Il est grave, il a même eu sa période minitel rose ». D’ailleurs Alain n’hésitait pas à se connecter sur l’ICQ de Ptiminou pour m’envoyer des messages pendant les heures de travail. Il devait y avoir quand même une certaine complicité entre ces deux-là. Et puis un jour, cette personne n’a pas pu se rendre chez Alain pour lui réparer son ordinateur comme il le faisait souvent. Alain avait payé d’avance et n’a pas supporté qu’on le fasse passer après autre chose. Le manque de reconnaissance chez lui est toujours très douloureux. Ptiminou est devenu un moins que rien du jour au lendemain.

Je pense aussi à Tonton2A, parrain de l’une de ses filles, ami de plus de vingt ans. Lui aussi collectionnait les conquêtes et adorait d’ailleurs aller en Thaïlande en célibataire. Et puis au bout de plus de vingt ans, Tonton2A n’a plus été bon à jeter aux chiens. Il avait mal vieilli et il n’apportait soudain plus rien à Alain. Je pense encore à un autre de ses collègues dont j’ai oublié le nom, qui vivait avec une femme mais ne pouvait s’empêcher de séduire toutes les caissières. Alain s’était littéralement entiché de lui à son arrivée dans le Service. Très amusé, il trouvait que c’était de son âge… Ce garçon avait quand même plus de trente ans ! Et son autre collègue Roger, qui déclarait ne pas pouvoir se passer de maîtresses… Ah ça devait bien rigoler dans mon dos, entre collectionneurs de conquêtes ! Ce sont des choses qu’il ne m’était jamais venu à l’esprit de mettre bout à bout, mais avec le recul je m’aperçois qu’il ne fréquente que des gens comme lui.

Pour d’autres raisons, je pense également à  Na, un autre collègue, et à Fred, un ami DJ. Pour Na, il me l’a présenté un soir en teuf comme étant un garçon adorable, très calme et très discret. Et puis un jour Alain m’a dit lui avoir vendu un truc plus cher que ce qu’il ne l’avait payé, au motif que Na était finalement sans profondeur et qu’il ne le remerciait jamais quand il avait des attentions pour lui. Personnellement, je n’ai jamais fait de cadeau dans l’espoir d’être remerciée ! Quant à Fred, Alain s’était offusqué qu’il déclare que si il devait choisir un jour entre sa compagne et la Trance, il choisirait la Trance. Au moins ce garçon avait le mérite d’être franc et je crois que c’était plutôt une manière de dire que son amie devait l’accepter avec sa passion. En fait, nous avons passé pas mal de soirées chez Fred, soirées très sympathiques au demeurant. Puis même chose : ce garçon est soudainement devenu égoïste, creux, incapable de reconnaissance vis-à-vis d’Alain ! Nous avons donc cessé d’aller chez Fred. A y bien réfléchir, Alain n’a aucun véritable ami. Il ne cherche que la nouveauté. J’ai également fait les frais de ce processus, une fois totalement à sa merci il n’y avait plus rien à conquérir chez moi…

Ce qui est symptomatique chez lui, c’est ce besoin de reconnaissance. C’est sans doute dû à sa petite taille. J’ai eu le problème inverse, car dépasser tout le monde d’une tête n’est pas toujours facile à vivre, et je n’ai pourtant jamais embêté le monde avec ça ! Pas évident lorsqu’on est ado et que l’on joue sur la plage, d’avoir à porter un mec sur son dos alors que toutes les autres filles sont sur les épaules des garçons, parce que justement on est plus grande que les garçons. Pas évident non plus de voir ses copines flirter alors que les garçons ne s’intéressent pas à vous parce que vous les dépasser. Par contre on ne se privait pas pour venir me demander des conseils sur les méthodes de contraception ou autre. De ce côté-là j’ai toujours été en avance sur mon âge… J’avais la théorie, mais pas la pratique. En plus, toujours première de la classe, ça n’aide pas non plus. J’ai donc opté pour le rôle de la bonne copine. J’ai privilégié l’esprit plutôt que ce grand corps dégingandé que je croyais me faire défaut. J’ai donc arrêté de bien travailler au lycée, pour faire le pitre. J’ai pris du poids aussi, que heureusement j’ai reperdu quand j’ai commencé à travailler. Et ma crise d’ado a subitement cessé.

Est-ce depuis cette période que je manque de confiance en moi ? Est-ce la raison pour laquelle je me fais choisir plutôt que je ne choisis ? Ou est-ce ma perversion à moi de me mettre toujours dans des situations inextricables pour voir comment je vais m’en sortir ? Toujours est-il que le constat est là : je n’ai jamais cherché à conquérir, j’ai au contraire tenté de me faire accepter. C’est un point qu’il faut que je travaille, même si  je ne veux pas changer totalement sur le fond.

Il semble par contre qu’Alain ait développé une toute autre stratégie, beaucoup plus calculatrice. Il veut absolument être admiré. En outre, il est sur la défensive. Ayant toujours peur de se faire rouler, il préfère rouler l’autre le premier. Je le crois incapable de se remettre en question. Il est vrai qu’il se faisait régulièrement casser la figure au sortir de la classe, sous prétexte qu’il était le parigot… Un complexe d’infériorité transformé en complexe de supériorité, face à un complexe de supériorité devenu complexe d’infériorité : comment conjuguer deux personnes aux antipodes ? Mais je suis encore bien bonne de lui trouver des excuses. A bientôt 55 ans il a tout de même eu largement le temps de faire le point, non !?

Bref, pour en revenir aux discours sur la fidélité, Alain était prolifique en la matière. « Nous nous étions malheureusement rencontrés trop tard » car il ne pouvait quitter sa femme. Au début, j’ai eu le malheur de lui dire que l’idéal serait que sa femme trouve quelqu’un d’autre également… Et là j’ai vu une lueur de terreur passée dans les yeux d’Alain. Il m’a répondu, totalement déstabilisé « Mais je serais malheureux ! ». Et moi, toujours égale à moi-même, j’ai occulté ce point en me disant que les choses devenaient un peu trop compliquées pour mon petit cerveau. Forte de ses déclarations enflammées, forte de sa surprise à vivre un amour authentique qu’il n’aurait jamais pu imaginer même dans ses rêves les plus fous (il me l’a dit souvent), je me suis mise à imaginer que ce qui m’avait toujours paru inconcevable était peut-être finalement possible : qu’il existait des gens capables d’aimer deux personnes à la fois. J’ai eu aussi droit à des « Je ne sais pas ce que je deviendrais si l’une ou l’autre disparaissait » et puis à des « Comment tes ex ont-ils pu te faire souffrir ? Comment ne plus aimer quelqu’un comme toi ? ». Là, je crois qu’il a trouvé tout seul la réponse à cette dernière question… Sauf que mes ex n’ont jamais été aussi cruels que lui !

Ses mensonges jusqu’au dernier jour de notre relation, son silence total pendant les quinze jours qui ont suivi notre séparation, puis ses mots durs quand j’ai fini par l’avoir au téléphone : « Ca faisait plusieurs mois que je ne savais pas comment te le dire » « J’aimais nos après-midis mais je me suis vite rendu compte qu’on ne pourrait jamais rien construire ensemble » (c’était bien la peine de me laisser quitter mon boulot !) « Avec un extasy dans le cornet, ça le faisait »… Jusqu’à oser de me demander de rester digne dans la souffrance et de ne pas le déranger dans ses nouveaux émois amoureux ! (Oui, je ressasse un peu, mais ces phrases ont du mal à passer) Oh que non ce n’est pas ce petit être médiocre que j’ai aimé ! Et ce n’est certainement pas lui que je pleurerai ! Il n’est même pas la cause de ma dépression, juste un élément déclencheur tout au plus. Je suis en train d’en analyser les vraies causes, mais j’y reviendrai plus tard si nécessaire. Je m’en voudrais d’être en plus tombée malade à cause d’un c… qui n’en vaut pas la peine !

Ah il a bien dû rire sous cape lorsqu’il n’y a pas si longtemps je lui ai dit qu’un des plus beaux moments de ma vie avait été notre week-end à Biarritz, car nous avions pu passer de vraies journées et de vraies nuits ensemble. Il avait souri, l’air flatté, alors que dans le même temps il faisait du plat à sa nouvelle : mêmes pseudos, mêmes phrases… juste sous mes yeux. Il devait penser que j’étais comme lui et que je continuais d’aller sur Webtarot. Et bien non, puisque je lui avais promis que non, je ne me connectais plus depuis trois ans. Je ne mens pas moi. Je ne fais pas des choses cachées dans le dos de l’autre, moi. C’était vraisemblablement sa manière à lui de « laisser traîner une conversation compromettante », comme la femme d’un de ses amis dont j’ai parlé plus haut, pour que ce soit moi qui prenne la décision de rompre. La lâcheté à l’état pur ! Et après, il vient me parler de dignité ?

A plusieurs reprises, il m’avait parlé d’un logiciel qui permettait de voir sur hotmail si les correspondants étaient réellement déconnectés, ou bien si ils nous avaient bloqués. Il pensait peut-être que j’allais télécharger ce logiciel pour vérifier ses connexions ? Si c’était sa manière de me dire que c’était fini, c’était plutôt raté ! Une phrase anodine de temps en temps dans la conversation, entre deux paroles aimantes me paraît un peu mince comme indice ! Il m’a tellement demandé de lui faire confiance, il s’est tellement montré sous un personnage droit et honnête, il a tellement continué de m’entourer de petites attentions, qu’il m’était difficile d’aller imaginer une troisième.

Quelques jours avant notre séparation, nous avions déliré ensemble sur hotmail, tard le soir, au sujet de la chanson générique du vieux feuilleton télévisé « Zorro ». Cette conversation avait duré un bon moment et j’avais trouvé Alain particulièrement hilare et de bonne humeur… Or, fin novembre, selon ses propres dires, il était déjà « amoureux » de l’autre. Il n’a eu aucune honte, aucun scrupule, à plaisanter avec moi tout de suite derrière sa petite aparté d’amour (oui je connais par coeur ses horaires… son planning amoureux), bien au contraire : toujours cette jubilation malsaine à me faire partager indirectement son excitation. Une semaine plus tôt, un mardi après-midi, il avait même poussé le bouchon à aller se connecter de chez moi sur Webtarot pendant que je faisais la vaisselle. Il avait soi-disant eu envie de faire une petite partie, cela m’avait un peu étonnée car ce n’était pas dans ses habitudes. Là, c’était toujours sa perversité mais dans le sens inverse : faire un petit coucou à sa nouvelle juste avant de s’envoyer en l’air avec moi, et tout en sachant que sa femme l’attendait sagement à la maison. On fait ça quand on a 15 ans (et encore) ! Pas à 55 ! Comment peut-il se regarder dans une glace ? Sa nouvelle était-elle au courant ? Si oui, c’est qu’elle est aussi tordue que lui, et dans ce cas-là les deux font la paire. Sincèrement, si j’avais été informée d’une telle situation au début de notre relation, j’aurais coupé net séance tenante. Le fait qu’il soit marié me posait déjà un cas de conscience, alors une maîtresse par là-dessus, non je n’aurais jamais accepté ! Et pourtant, qui sait, c’était peut-être déjà le cas… Je finis par me le demander.

Arriver à ce triste constat et à de telles interrogations restées encore en suspens, au bout de huit ans de relation, c’est vraiment ce qu’il y a de plus terrible. Plus que la rupture elle-même, qui est passée au second plan depuis longtemps.

21/01/09

MISE AU POINT

Je publie mes textes avec décalage car le fils d’une amie m’a conseillée de les protéger avant de les mettre sur le net. Et puis comme Alain est en vacances, ça lui fera de la lecture pour quand il rentrera. Je suis gentille, je pense à lui !

MISE AU POINT

J’ai encore eu quelques jours difficiles, mais je me sens mieux ce matin. Pour l’instant j’évacue tous les autres problèmes, mais je pense que je vais avoir de mauvaises surprises quand je vais sortir de cette brume épaisse : santé, finances, boulot… On verra bien, chaque chose en son temps.

Pour l’instant je lutte contre cet état bizarre de refus de la réalité malgré tout ce que j’ai découvert. Il me semble que ce n’est pas le même homme que j’ai connu, et j’ai toujours cette sorte d’espoir insensé que je vais me réveiller et que ce cauchemar aura disparu. Alors que je sais pertinemment qu’aucun coup de baguette magique ne pourra jamais effacer tout cela. J’oscille donc entre incompréhension, rage, et désespoir. Ces trois phases sont mon lot quotidien.

Certains me laissent des messages sur ce blog pour me dire de m’éloigner de lui et de me détacher du passé. Mais ce n’est pas facile quand le ciel vous est tombé sur la tête. Et je reste persuadée que je gagne du temps en me forçant à ouvrir les yeux. Le divorce entre mon imaginaire et la réalité est dur. Il faut que je règle son compte au plus vite au mythe que j’avais forgé, ou plutôt qu’il avait distillé en moi. Cela fait mal, mais mieux vaut souffrir un bon coup que de traîner toute sa vie des questions sans réponse, de trimbaler avec soi une plaie béante. Je ne veux pas traîner en longueur le deuil d’une histoire qui n’existait même pas, le deuil d’un amour médiocre. Je dois le désacraliser si je veux qu’il n’empoisonne pas mon futur, comme il a empoisonné mes huit dernières années. Peut-être me crois-je plus forte que je ne suis, peut-être que tout ceci est un exercice dangereux… Tout ce que je sais, c’est que tenir ce blog me fait du bien. J’ai déjà le sentiment d’être sortie du gouffre où j’étais les premières semaines. Je continue d’exister malgré sa tentative de destruction. Je me libère de son joug mensonger.

Pour l’instant, je n’arrive pas encore à mettre le nez dehors. Je ne sors que pour m’acheter des cigarettes… Ce qui veut dire en gros que je ne me lave que tous les trois jours. Ca me surprend assez, car d’habitude j’adore les douches. J’ai du mal aussi à regarder la télé, mais il est vrai que j’en ai fait une overdose ces dernières années : Que faire d’autre quand vous êtes scotchée chez vous à attendre derrière votre ordinateur ou derrière votre téléphone, un appel ou un message ? J’étais complètement à sa disposition, toujours en situation d’attente. Il m’a vraiment bloquée dans tous mes projets pendant huit ans !

Non, là j’observe. Je passe mes journées à ça. Je ne sais pas à quoi cela pourra me servir, mais je note tout, les habitudes des joueurs sur Webtarot notamment. C’est un peu obsessionnel mais c’est un passage obligé. J’ai d’autres sources bien sûr. D’après mes informations, si je ne me trompe pas, il est en Vendée cette semaine. Ce qui me fait sourire, c’est que l’on voit beaucoup moins sur le tarot certains de ses amis. Ils ont changé de pseudos. Je pense à une prof surtout qui apparemment faisait partie de son cercle avant même cette Deirdre. (Elle m’agace d’avoir pris un pseudo irlandais ! Après m’avoir piqué mon mec, elle serait bien fichue de me piquer mes ancêtres irlandais ! grrrrr… Mais en fait, elle ne me l’a même pas piqué puisque c’est un malade. Il a jeté son dévolu sur n’importe qui ; la première qui a marché a été la bonne). C’est ce qui me fait le plus enragé en fait : qu’il ait développé de nouveaux liens, une troisième vie cachée de moi, alors qu’il était si jaloux, alors qu’il faisait tout pour me couper des autres. Donc, tant que je peux enquiquiner tout ce petit monde, ça me fait du bien !

J’élabore aussi tout un tas de vengeances possibles et ça me fait du bien aussi. Ca occupe mes journées… Après tout, il m’a tellement répété que je serai toujours dans ses pensées, que je ne vais pas le faire mentir. Oui je crois bien qu’il n’est pas près de m’oublier ! Du statut d’amoureux, il est passé à celui d’ennemi juré. D’un point de vue purement égoïste, il est tout de même plus sain d’orienter mon agressivité vers lui plutôt que de continuer à me détruire. Je n’ai rien fait, je ne vois donc pas pourquoi je continuerais de m’auto-punir ! D’ailleurs, mon corps commence à réagir. Hier après-midi, contre toute attente, j’ai eu faim. Comme il n’y a strictement rien dans mon frigo (j’ai jeté il y a trois jours les aliments qui étaient là depuis début décembre… dont une truite ! L’odeur devenait insupportable !), je me suis donc fait deux substituts de repas dans l’après-midi. C’est bon signe. Plus je lui envoie des ondes négatives, mieux je me porte.

20/01/09

MAUVAISE HUMEUR... Mais ça fait du bien !

Dimanche matin, déjà… Encore une semaine de passée. Je me suis encore réveillée à des horaires bizarres : 7h du matin pour un dimanche ! Si on m’avait dit ça un jour, je ne l’aurais jamais cru.

Dès le réveil, j’étais de très mauvaise humeur… Une sorte de rancœur, de sentiment d’impuissance, qui persiste dans les pensées et qui vous tient aussi au ventre. Je crois que si il avait été à mes côtés, je l’aurais étranglé de mes propres mains ! Ou plutôt, je l’aurais ligoté pour lui infliger les pires tortures ! Il va falloir que je budgète l’achat de quatre chevaux pour l’écarteler en place publique ! A moins que je me procure des poupées vaudous avec plein d’épingles partout, ça me coûterait moins cher. Je ne vais quand même pas me ruiner pour ce sale type, non !?

Ca va déjà mieux en écrivant ces quelques lignes : quelques petites ondes bien négatives à son égard, ça va bien finir par le faire, non !? A force, il va bien finir par se casser une jambe ou choper le choléra ! La semaine dernière, à un moment où j’étais particulièrement mal, je n’ai pas pu m’empêcher de lui envoyer subitement un SMS pour lui dire qu’il aille rôtir en enfer ! Et je le souhaite sincèrement.

Pas envie d’aller lui casser la gueule directement (je pourrais, je le dépasse de deux têtes !). Il ne mérite pas que je me salisse les mains. Ce n’est qu’un chien galeux, dont j’ai eu le malheur un jour de croiser la route. Je repense à ce qu’il m’avait écrit en 2001, lorsqu’il en était encore à la phase « séduction », et je ne peux m’empêcher de le citer à nouveau car ce passage vaut son pesant d’or :

« Peut on faire plus mal à quelqu’un en lui disant, du soir au lendemain, sans explication, et de la manière la plus cruelle et la plus abrupte qui soit, que c’est devenu subitement sans intérêt ?

     A se demander si ce ne sont pas les « salauds » du net qui ont raison quand ils se comportent sans égard et respect avec leurs homologues du sexe opposé… et bien qu’ils restent tous dans leur misère, leur fange et leurs rencontres minables, tous autant les uns comme les autres, au royaume des névrosés… je les ignore … je les plains…ils sont encore plus bas que le commun des mortels ….. »

 

Et oui, Alain, tu es un de ces « salauds »… Il n’y a pas d’autre mot. Et tu es effectivement plus bas que le commun des mortels ! Je ne me savais pas si faible pour tomber un jour sous le joug de quelqu’un comme toi… Ton donjuanisme va malheureusement me coûter cher, très cher… Je ne sais pas où je vais, mais j’ai l’impression d’y aller tout droit. Je n’ai toujours pas ouvert mon courrier. Je n’ai toujours pas payé mon loyer de décembre… trois semaines de retard… Je n’ai pas rempli le renouvellement de mon Allocation Logement, c’est donc mort de ce côté-là aussi. D’autres factures en souffrance. Je ne retravaille toujours pas… Le bilan est clair : pas de rentrées, que des sorties ! La faillite totale quoi ! Et je ne parle pas de la santé… Remarques, je fais des économies sur le poste nourriture !… Mais pas sur le poste cigarettes : j’en suis à trois paquets par jour !

Voilà à quoi ont mené tes petits jeux, la satisfaction égoïste de tes bons plaisirs, ta lâcheté. On peut ne plus aimer, mais trahir comme tu l’as fait, depuis le début même de notre relation, non ! Tes mensonges et ta désinvolture lors de ta rupture, ton silence et ton dédain ensuite, m’en ont dit long sur toi… Tu ne m’as jamais aimée malgré tes fausses déclarations. Et je t’en veux de m’avoir fait perdre huit ans. Je t’en veux de ton absence face à mon chagrin, de cette négation soudaine, de ce non-respect à mon encontre… C’est comme si tu voulais me faire payer tes propres erreurs.

Lors de nos premières rencontres, même si je te croyais sincère, je pensais que tu vivais une sorte de démon de midi, un petit coup de cœur après tant d’années de mariage. Je t’ai même dit que puisque l’on était amoureux, il n’y avait qu’à vivre ce qu’on avait à vivre… Je pensais en termes de semaines ou de mois, persuadée que devant le compliqué de la situation, notre histoire n’irait pas bien loin. C’est toi qui as tout fait pour me mettre en confiance, en me promettant un « avenir différent » avec des « si on veut, on peut construire quelque chose d’exceptionnel sous un autre mode de fonctionnement ». C’est toi qui m’as fait pendant des années des scènes de jalousie et des crises de manque. C'est toi qui m'as promis l'amour éternel. Je t’ai cru, j’ai baissé ma garde : Et voilà où j’en suis moi, huit ans après ! Huit années de mensonges !... Et tu t’en fiches complètement… Alors ? C’est mieux ailleurs ? Le ciel est plus bleu et l’herbe plus verte ? Tu revis tes petites excitations derrière ton écran ? Curieux quand même que tu reproduises le même mode opératoire… Ah pas facile d’avoir 55 ans dans à peine deux mois ! Il faut bien que tu te donnes l’illusion d’être toujours jeune !

Je sais, je me répète. Et je m’adresse directement à lui encore. Je pense qu’il est malheureusement inévitable que cette rage ressurgisse au fond de moi, devant une telle déconvenue… devant l’anéantissement de huit années d’illusions perdues et des souvenirs qui vont avec. Peut-être aussi un moyen de prendre le temps de parole auquel je n’ai même pas eu droit. Et puis il le mérite bien !

Bon je vais acheter des cigarettes. Je n’en ai plus. J’espère être plus positive à mon retour…

18/01/09

ME REVOILA !

J'ai finalement décidé de poursuivre ce blog. J'ai écrit quelques pages, il y a quelques jours, et je les publie ci-dessous car même si je vais un peu mieux... Ce n'est pas encore vraiment ça.

Je remange un peu, mais pas suffisament apparemment (62,5 kg). Positivons ! J'ai récupéré mon poids d'il y a 25 ans !

SUITE DU BLOG  (13/01/09)

Ce matin, je me suis réveillée à 6h30… Mes premières pensées étaient déjà dès le réveil axées sur mes « petits problèmes », sur cette indigestion de trahison, et surtout sur comment j’allais me sortir de tout ça. Heureusement, cela fait déjà 72h où j’arrive à dormir la nuit. De manière un peu bizarre, mais je dors quand même, par plages… Souvent de 20h à 23h, puis de 1h à 4h, et je me rendors ensuite jusqu’à 6 ou 7h. Moi qui ai pourtant d’ordinaire un sommeil de plomb ! Cela est de bon présage pour essayer d’avoir à nouveau des journées « normales ».

Avant-hier j’ai écrit une chanson. J’avais envie de créer. Bien entendu, je suis bien vite revenue à mes anciens démons au travers du sujet évoqué…

EXISTE-T-IL ?

Tu m’as quittée pour une autre sans prévenir,

Laissant un vide où je suis prête à trébucher.

Tu as détruit le moindre de mes souvenirs

Auxquels je ne peux même plus me raccrocher.

 

Et qui voudra de moi, avec mon cœur en miettes ?

Qui recollera ses morceaux éparpillés,

Dispersés loin comme des cendres d’allumettes ?

Qui me voudra, quand tant d’amour j’ai gaspillé ?

 

[Refrain :

Existe-t-il pour moi quelqu’un quelque part ?

Pour qu’il vienne, faut-il que je dorme cent ans ?

Est-c’ la peine d’attendre ? Il est déjà si tard…

Existe-t-il au moins cet amour que j’attends ?

Suis-je encore capable de le reconnaître ?

Puisqu’on m’a tout repris, jusqu’à la moindre larme…

Existe-il en moi la force de renaître ?

Comment me débattre dépouillée de mes armes ?]

 

Qui peut vouloir d’un amour de seconde main ?

D’une âme perdue dans ses chagrins et regrets,

N’ayant que pour espoir que la peur du demain ?

Qui effacera ma douleur à tout jamais ?

 

Qui saura combler l’immensité de ce gouffre

Si froid, si sombre, qu’il me donne le vertige ?

Y aura-t-il quelqu’un pour voir combien je souffre,

Pour m’apprendre à bâtir sur ces tristes vestiges ?

[Refrain] 

Et comment puis-je comprendre ton abandon,

Si soudain que je ne peux en faire le deuil ?

Je t’ai donné mon âme jusqu’à déraison,

Existe-t-il quelqu’un qui malgré tout me veuille ?

 

Qui peut bien vouloir, sans risquer d’être déçu,

D’un coeur où il gèle en dedans comme dehors ?

Qui peut donc aimer celle qui ne s’aime plus ?

Qui voudra de celle que le vide dévore ?

 

[Refrain] 

Point positif en relisant : il semble que je me lamente un peu moins sur le passé pour me tourner un peu plus vers le futur… Même si les idées sont encore bien noires.  

Du coup, hier, j’ai déblayé tout ce qu’il y avait sur le piano (bibelots, papiers à classer … que j’ai posés parterre) pour essayer de trouver une mélodie. Pas facile sur des alexandrins. Pas facile non plus quand je ne sais pas jouer de piano. Je pianotais depuis l’âge de 14 ans, essayant de trouver toute seule de « jolies notes », et ce, de manière épisodique, suivant mon emploi du temps plus ou moins chargé. Mais j’ai arrêté d’en jouer depuis 8 ans. Force est de constater que j’ai arrêté d’en jouer à chaque fois que j’étais en couple d’ailleurs. Je suis même incapable de rejouer mes quelques rares anciens morceaux. Cela m’a un peu assombrie. Je ne pense pas poursuivre cette chanson que je trouve maintenant un peu niaise et surfaite, même si elle traduit pourtant mon état d’esprit actuel. Elle m’aura au moins permis, comme tout ce que j’écris en ce moment, d’apaiser un peu, pour quelques heures, ce mal-être persistant.

Ce matin par contre, je suis restée au lit près de 3h, engluée dans mes réflexions. C’est pour ça que je reprends l’écriture de cette histoire, même si je ne pense pas publier sur mon blog ces passages. Il va être difficile de retranscrire tout ce que à quoi j’ai pensé, parce que déjà une idée en chasse une autre, mais aussi parce que ces réflexions remuent pas mal à l’intérieur.

Il y a encore eu ce couplet sur comment comprendre ce qui s’était passé, comment comprendre cette séparation si soudaine et si cruelle… J’ai pourtant refait l’histoire. Mais n’avoir aucune réponse claire de la part de l’autre est insupportable. Sans doute un faible espoir, qui reste enfoui profondément en moi et que je n’arrive pas à dénicher, d’obtenir enfin la preuve que j’ai quand même un peu compté pour quelque chose, que cette histoire n’a pas été que du temps de perdu, que je ne me suis pas trompée à un tel point… Pourtant les faits sont là. Et il faudra bien que je chasse ce faux espoir au plus vite si je veux me reconstruire, que je coupe tout lien avec ce passé désastreux. Je dois regarder la réalité en face, celle d’avoir été le jouet d’un manipulateur, inconscient de sa perversité, ou conscient je n’en sais rien, qui ne vit qu’au travers de ses fantasmes.

Une chose curieuse qui m’est revenue en mémoire, est qu’il m’avait dit un soir, au début de nos chats : « L’idéal serait que tu te trouves un homme ». Nous n’en étions pourtant qu’à la phase d’émerveillement de notre rencontre sur le net. Des discussions, sans plus, auxquelles nous commencions à être accro il est vrai. Il n’était pas encore question officiellement d’amour, j’étais simplement son égérie. Nous avions souvent tendance à employer les mêmes mots, à avoir les mêmes idées au même moment, à terminer les phrases de l’autre… Enfin, était-ce vrai, ou tout ceci n’appartenait-il qu’à une légende que nous aimions à croire ? Il aimait à le souligner en tout cas lorsque cela se produisait. J’avais trouvé cette réflexion des plus surprenantes, car si je me « trouvais un homme » comme il disait, il était clair pour moi que je ne perdrais plus mon temps sur internet. Nos discussions auraient été vite abandonnées. Ces échanges je les aurais eus avec mon « nouvel homme » dans la vie bien réelle. Cette phrase aurait dû me faire réfléchir sur la nature même des relations qu’il recherchait.

Beaucoup de choses auraient dû me faire réfléchir, et je ne l’ai pas fait. Alors parfois, dans mes longues réflexions, je me demande comment cette situation a pu arriver… Qui a plus vécu dans son imaginaire de nous deux ? Qui a le plus pêché l’autre ? Je pense que ma sincérité me met hors de cause et que l’on ne peut pas me reprocher ma trop grande candeur. Au départ, j’ai chatté avec lui sans arrière-pensée. Un homme marié, père de famille, qui clamait venir se détendre de temps en temps sur internet, m’a plutôt inspiré confiance. Je ne voyais aucun mal à échanger des considérations sur des voyages et des goûts musicaux. Cela me paraissait sans danger.

Et puis, au bout d’une semaine que je le connaissais, je suis partie en week-end chez Coca, une amie suisse qui fréquentait le même site. Elle me taquinait d’ailleurs au sujet d’Alain : « Alors ? Tu as un cyber-amoureux ? ». Je m’en défendais bien : « Mais non, c’est un homme marié, on ne fait que parler musique ». Chaque soir, il changeait de pseudo, et cela étonnait Coca. Elle ne le reconnaissait uniquement que parce qu’il parlait avec moi pendant plus d’une heure. Je devais donc partager mon temps entre Alain, Coca et les quelques autres internautes que je connaissais. Coca s’en amusait plutôt au début. Dès le premier soir à Lausanne, Coca est passée quelques instants sur le site, car elle y était modérateur, et elle est venue soudain me dire « Il y a ton cyber-amoureux qui te cherche partout ». Je m’en suis étonnée car il savait très bien que j’étais absente tout le week-end. Je suis donc allée lui parler quelques instants. Il s’inquiétait pour moi. Il s’inquiétait de savoir si mon voyage s’était bien passé, et je lui manquais déjà… Nous n’avions pourtant à notre actif que trois ou quatre chats à ce moment-là. Cela m’avait un peu surprise. Mais là encore, pas suffisamment malheureusement.

A mon retour en France, nous avons intensifié nos chats du soir. Ils sont bien vite devenus quotidiens et duraient le plus souvent de 22h à parfois près de 2h du matin. Lorsqu’il ne travaillait pas (puisqu’il a des plannings variables), je restais connectée en journée sur l’ordinateur du bureau, au cas où il passerait sur ICQ. Et il passait, fréquemment, quelques minutes, pour me faire des petits « coucou », pour me demander comment se passait ma journée, ce que je faisais. Coca a commencé à me mettre en garde, tout cela ne lui paraissait pas aussi innocent que cela. Et Coca est donc devenue une femme sans profondeur et peu intéressante pour moi selon lui. J’ai donc délaissé Coca au bout de plusieurs semaines, au profit d’Alain. C’est là je pense ma plus grosse erreur. Nous avons vite fonctionné en circuit fermé et je me coupais de plus en plus des autres, même de mes amis de la vie réelle. Technique classique d’enfermement.  Suite à quoi j’ai laissé l’imaginaire prendre le dessus.

Je me suis prise à imaginer qu’il n’était pas marié. Comment expliquer sinon qu’un homme marié puisse passer entre trois et quatre heures chaque soir derrière son ordinateur, week-ends inclus ? J’ai même envisagé qu’il soit handicapé et qu’il n’osât me le dire, prenant pour excuse une soi-disant épouse pour ne pas nous rencontrer dans le réel. Sans même l’avoir vu, j’étais en train de tomber amoureuse.

Ensuite, il y a eu l’épisode du téléphone. Curieusement, alors que tout le monde avait des portables dans sa famille, il n’en voulait pas et n’en avait donc pas… selon lui. Puis soudainement, sa femme lui en a offert un. Avec le recul, je crois bien qu’il a plutôt hésité à me communiquer son numéro. Avant même de s’être rencontrés, en plus de nos chats quotidiens, nous nous sommes donc mis à nous téléphoner plusieurs fois par jour. Il m’appelait le soir aussi, en se planquant dans la salle de bain, juste pour entendre le son de ma voix avant d’aller dormir. On ne se disait pas grand-chose, surtout beaucoup de « hummm » avec des sourires extatiques qui s’entendaient presque dans le combiné.  Ces « hummm », ils me les écrivaient si souvent aussi…

Puis il y a eu la Vendée. Je l’y rejoignais pendant les congés d’été. Mais lui y allait pas loin d’une semaine tous les deux mois. Il m’était impossible de l’y suivre aussi fréquemment. Je m’y rendais en général une semaine en mai et deux à trois semaines en août. Lorsque je ne pouvais l’accompagner, il sortait tous les soirs, sous prétexte d’une promenade digestive, pour m’appeler. Nous restions une heure au téléphone, qu’il vente ou qu’il pleuve. A chaque fois je lui manquais et il déprimait. A l’entendre, il était même incapable de profiter de ses vacances.

Comment devant une telle dévotion de sa part, aurais-je pu résister à ses histoires d’amour exceptionnel et de communion d’esprits, ses histoires d’être faits l’un pour l’autre et de la magie à s’être enfin trouvés ? Il m’avait fait suffisamment parler pour en connaître assez sur ma conception de l’amour… et j’ai alors cru ce que j’avais envie de croire. Ma responsabilité est là. A ma décharge, ses dires et son comportement étaient bien réels eux, simplement dénués de sincérité. Comment ne pas se laisser abuser alors ? J’ai vraiment dû être une proie facile !

Pour en revenir aux appels téléphoniques, il faudra que sa nouvelle sache qu’Alain est réglé comme du papier à musique. Il y a l’appel de 9h, lorsqu’il sort de chez lui pour aller prendre son train, il y a l’appel de 13h lorsqu’il sort pour déjeuner, celui de 14h15 lorsqu’il reprend le travail (entre, il vaut mieux éviter d’appeler car il fait une petite sieste de 13h30 à 14h15) et puis l’appel du soir vers 20h30 lorsqu’il arrive en bas de chez lui. Ce sont les quatre appels principaux. Au début, il y en a un peu plus, des « petites surprises » suivant son activité au travail, à peu près toutes les deux heures en fait. Et pour que ça n’apparaisse pas sur sa facture, à cause de sa femme, il laisse sonner deux coups et il faut le rappeler. On est totalement à sa disposition. C’est d’ailleurs à ce titre que, malgré la séparation, malgré le désespoir où je me trouvais, Monsieur a procédé de la même manière lors de son dernier et unique appel  « pour m’apaiser », la semaine dernière… Il a laissé sonner deux coups ! Ah ça, même dans les pires circonstances, il ne perd pas le nord ! Il fait déjà l’effort de tenter de « m’apaiser », il ne va tout de même pas payer la communication ! Je n’ai pas rappelé ce monstre, bien entendu. J’ai attendu qu’il relaisse sonner et j’ai décroché bien vite avant qu’il ne raccroche… On s’amuse comme on peut ! Et là, j’ai entendu « Rappelle-moi s’il te plaît » et hop raccroché. Bon c’est vrai, la seconde fois la curiosité l’a emporté et j’ai rappelé, tout ça pour apprendre qu’au bout d’un mois quasiment sans nouvelle, il se décidait à me faire cette faveur de vouloir « m’apaiser » ! Comme par hasard, juste après la publication de menaces sur mon blog !

Un détail me revient maintenant à l’esprit. Il devait partir en Vendée l’avant-dernière semaine de novembre, et deux jours avant il m’a dit avoir perdu son téléphone portable. Dès qu’il en a eu un autre, son numéro d’appel est soudain devenu caché et il ne savait pas comment modifier cela… Je crois maintenant que son portable n’a pas été perdu mais que c’était un prétexte pour cacher son numéro, sa nouvelle étant mariée. En effet, un portable neuf présente le numéro en option standard, et il faut justement faire une manipulation pour ne plus l’afficher. Les deux tourtereaux s’appelaient donc déjà mi-novembre. On ne me fera pas croire qu’il ne l’a connue qu’un mois avant notre séparation !

Pourtant, durant cette semaine de congés en novembre, il m’a appelée et il m’a envoyé des SMS ! C’est vrai, moins assidûment et moins longuement que d’habitude, mais les circonstances s’y prêtaient moins aussi. Il était seul avec sa femme là-bas, et le froid faisait qu’il lui était difficile de prétexter une promenade. Sa femme déprimait selon lui, et sortait moins également. J’étais moi-même occupée par mon nouveau travail. Il m’a tout de même envoyé des photos de vacances, comme il le faisait toujours, des couchers de soleil surtout. Je pense qu’il envoyait les mêmes à l’autre. Et puis un soir, contre toute attente, il s’est connecté sur hotmail : des mots d’amour… je lui manquais. Deux semaines avant notre séparation !

J’étais contente, car à cette époque de l’année il est difficile de trouver un bar ouvert qui ait une connexion internet. A y bien réfléchir, il est clair que c’était encore ce phénomène de perversité : vivre cette triplicité devait l’exciter. Il avait dû contacter sa nouvelle juste avant moi et était tout content de me faire partager à sa manière la joie de sa forfaiture. Ce soir-là, il avait d’ailleurs été interrompu quelques instants, où je m’étais demandée pourquoi il ne répondait soudain plus. Il m’a ensuite dit qu’il venait d’avoir un problème avec un client saoul. Cette personne lui aurait dit quelque chose qui ne lui avait pas plu. Selon moi, il s’agissait plutôt d’un client qui avait dû voir par-dessus son épaule qu’Alain faisait les mêmes déclarations à deux femmes différentes. Une réflexion grivoise avait dû fuser dans le bar. Ce ne sont que des supputations, mais je crois que je ne suis pas loin de la vérité. Effectivement, si tel est le cas, cette réflexion n’avait pas dû plaire du tout à cet être qui se croit irréprochable, et certainement très fier de ses manigances !

Il y a quelques jours, j’ai parcouru les statistiques de fréquentation du site de tarot. Alain a joué beaucoup moins de parties au second semestre 2008, quelque soit le pseudo qu’il utilisait. Quant à sa nouvelle fiche sous le nom de Mindy, elle existe depuis janvier 2008. Sans commentaire. La fiche de Déité a été créée le 12 novembre 2008, et cette personne n’a jamais joué aucune partie. Elle a donc bien fait une nouvelle inscription uniquement pour chatter en toute discrétion, mais les liens s’étaient bel et bien déjà tissés auparavant. En effet, j’imagine mal quelqu’un arriver sur ce site et s’enfermer dès le premier soir avec un inconnu sur une table pour « discuter » ! Depuis combien de temps m’a-t-il menti ? Depuis combien de temps jubilait-il à mener une vie de père de famille, tout en me gardant sous sa coupe et en me voyant une à deux fois par semaine pour faire l’amour… et tout en draguant dans le même temps, sur le net le soir, pour laisser libre-court à de nouveaux fantasmes ? Le pire est qu’il finit lui-même par croire à ses propres mensonges.

Autre découverte attérante : sur son profil de Myspace, il se déclare célibataire ! Et cela depuis plus d’un an puisqu’il ne s’est pas connecté sur ce compte depuis janvier 2008. La chasse était donc déjà ouverte !

Une chose est sûre, c’est que cet homme-là a compartimenté toute sa vie en multiples cases. Tout est rangé, organisé et réfléchi. Il bâtit des stratégies et se ménage toujours des portes de sortie. Il était d’ailleurs comme ça dans son travail, offrant un visage humble par devant, et œuvrant par derrière, passant par des amitiés extérieures ou supérieures. Toujours aussi gourde, je croyais à l’époque que tout le monde était méchant avec lui et qu’il était normal qu’il se défende. Il était également pareil en amitié, des complicités soudaines puis des désenchantements tout aussi subits. En général, il s’estimait avoir été trahi, pas assez reconnu pour sa juste valeur. Il a construit sa vie de la même manière. Lorsqu’il se racontait, c’était toujours en termes de « périodes ». Il vivait une tranche de vie, puis il fermait la porte pour passer à une autre. C’était comme si il parlait d’une construction longuement réfléchie. Il prenait les plaisirs de la vie, sans rien donner en échange, puis il jetait, répondant à une étrange planification que lui seul connaissait, et quel qu’en soit le coût pour les autres. Cela fait montre d’un égocentrisme forcené, voir même d’égoïsme. Et je fais malheureusement partie intégrante de ce mécanisme… Il y a eu les années Trance, comme il y a eu les années Isabelle ! Je n’ai donc été pour lui qu’un objet de plaisir ou de divertissement dans sa longue construction personnelle, et je deviendrai vraisemblablement rapidement une erreur de parcours à qui voudra l’entendre.

J’ai donc repensé à tout cela ce matin dans mon lit et j’ai cherché à savoir pourquoi j’avais plongé aussi facilement, et pourquoi aussi, ayant maintenant ouvert les yeux, je continue à éprouver un tel manque. Mon cheminement de pensée m’a très vite orienté sur le décès de mon père. Cela a réveillé une douleur en moi, et je m’aperçois qu’il m’a fallu écrire je ne sais combien de pages avant d’arriver à ce point… qui a pourtant été l’objet principal de ma réflexion de ce matin ! Je pense avoir touché un point crucial. Et je prends encore prétexte de la nuit tombée pour ne pas aborder encore ce thème. Je le ferai demain matin, car j’ai déjà écrit la journée entière. Toujours est-il que j’ai recommencé à prendre mon traitement aujourd’hui, après près de cinq semaines, que j’ai commencé à déblayer quelques détritus de chez moi (mais il en reste encore pas mal !), et que je me sens plus sereine ce soir.

Je ne veux pas que la dépression s’installe, et elle ne s’installera pas. Je dois absolument finir ce travail au plus vite !

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