Le rite amoureux de l'homme de plus de 50 ans

LE RITE AMOUREUX DU MALE DE PLUS DE 50 ANS

L’homme de plus de 50 ans est très prolifique en matière de bavardages et de jugements. « Faites ce que je dis, mais ne faîtes pas ce que je fais » est vraisemblablement sa devise. Alain m’a fait partager sa vie, me parlant de sa femme, ses filles, sa mère, sa sœur, de ses amis, de son travail… et me demandant conseil à tout bout de champ.

Cela fait huit ans que j’entends dire qu’il en a marre de son boulot, qu’il n’y est pas reconnu à sa juste valeur, et qu’il serait temps qu’il en change. Je me suis donc gavée pendant huit années toutes les petites histoires avec ses chefs et ses collègues, toujours mesquins bien entendu. Cela fait huit ans qu’il cherche une nouvelle voie, et depuis plus longtemps que ça apparemment, puisque le problème n’était pas nouveau lors de notre rencontre. Par contre, quand moi j’essayais de lui parler de mon travail, cela l’agaçait. Un jour où je lui racontais ma journée, il m’a coupée net : puisque j’étais surchargée, je n’avais qu’à changer ! Il n’était plus question qu’il m’écoute me plaindre de manière stérile ! Il est vrai que de discuter pendant des heures sur Roger qui avait oublié de consigner sur le cahier que la porte du cinquième étage fermait mal et que du coup on risquait encore de chercher des noises à Alain, est beaucoup plus constructif que d’évoquer la difficulté à refaire dans les temps tous les budgets parce qu’on m’avait demandé, sans indication précise, de réinjecter de manière fictive un million d’euros dans la prévision du chiffre d’affaires… A chacun ses petits problèmes !

Bien que jusqu’avant Alain j’aie toujours supporté la pression à mon travail, j’ai fini par effectivement prendre ma décision… à laisser un job où je gagnais plus de 50 000 € annuel, où j’étais Chef de Service avec jusqu’à 20 personnes sous mes ordres. Et ça à 45 ans, tout en sachant que j’étais totalement autodidacte et sans diplôme ! Fallait-il que je sois surmenée pour me laisser bercer par ses belles paroles ! J’ai mis trois ans pour réussir à négocier au mieux mon départ. Trois années pendant lesquelles Alain s’impatientait !

Et lui ? Où en est-il ? Il est toujours dans la même entreprise, toujours agent de sécurité, avec les mêmes petits chefaillons qui l’enquiquinent. C’est vrai, j’oubliais : il se cherchait ! Il souhaitait un job où il pourrait s’épanouir pleinement pour la dernière partie de sa carrière (dépêche-toi, il te reste à peine sept ans avant la retraite !). Ce qui l’intéressait c’était de pouvoir aider les autres, au travers des massages… ou des ondes, il ne savait pas trop (gourou, ça t’irait bien !). Avant d’aider les autres, il pourrait déjà aider sa femme, et avoir un peu plus de compassion pour ses maîtresses !

Fort de cette belle détermination, il me faisait relire une bonne partie de ses courriers ou projets, pour son dossier « formations » notamment (le schéma « synergie » que tu n’arrivais pas à faire, et ta lettre de motivation que j’ai rédigée pour toi, tu t’en souviens ?). A l’époque, il reconnaissait mon savoir-faire et n’était pas avare de compliments ! Pendant des années, Alain a amélioré son module de formation sur les consignes de sécurité. Puis, comme tous ses coups de cœur, cela a semblé le lasser il y a peu.

L’homme de plus de 50 ans s’achète lui-même ses vêtements. J’allais donc avec lui régulièrement pour l’aider à choisir ses fringues : chaussures, survêtements... Je l’emmenais en voiture le mardi après-midi, prenant à cœur mon rôle de « seconde femme ».

Et ensuite il vient dire qu’il lui semblait impossible de construire quelque chose avec moi… Je lui ai certainement plus apporté qu’il ne m’a apporté. Son truc à lui c’était de contribuer à mon bien-être, car selon sa grande théorie qu’il me rabâchait sans cesse « une femme après 45 ans, c’est plié ! »… Il fallait donc que je m’entretienne pour passer ce seuil fatidique, bien qu’il semblât que ce soit sans appel pour toute femme ! J’ai toujours été sportive. Je devais donc lui mettre par écrit mon petit programme de gymnastique pour qu’il contrôle si il était complet et propice à me « prolonger ». En récompense, j’avais droit à des petits massages de visage pour retarder les rides. (En fait, c’est une geisha qu’il lui faut !!!). Il semble oublier que toute femme qui se respecte s’entretient d’elle-même, et personnellement j’ai la chance que l’on m’ait toujours donné dix ans de moins que mon âge… Et pour un homme ? Quel est le seuil fatidique ? 50 ans ? 55 ans ?

Toujours est-il que c’est tout de même moi qui l’ai mis à la piscine ! Il voulait que l’on fasse du sport ? Et bien on en a fait. Il était d’ailleurs très vexé à ses débuts que je nage plus vite que lui. Malgré mon « grand âge » je lui ai fait cracher ses poumons au p’tit vieux ! Question massages, je crois bien que de mon côté je ne lui suis redevable en rien non plus : pour le déstresser, pour le soulager de ses multiples déchirures musculaires (Ah oui, à plus de 50 ans, les problèmes musculaires sont fréquents chez l’homme… une piste pour ce fameux seuil version masculine !?). Encore quelques jours avant notre séparation, ces massages et échanges d’ondes lui étaient bénéfiques et, selon ses dires, nos mardis après-midis nous servaient à nous « ressourcer »… pour aller mieux chatter avec l’autre dans la foulée semble-t-il !

Je me demande quel sport il va prodiguer à l’autre… Va-t-il lui offrir également le livre sur la Méthode Nadaud et contrôler le nombre d’arcs de cercle qu’elle fait par jour ? Va-t-il lui expliquer pendant des heures sur internet comment masser et écraser les petites rides naissantes ?

Une autre chose le préoccupait à mon sujet, en tant que digne protecteur du sexe faible : c’était ma santé financière. Alors que je gagnais plus des trois quarts de son salaire et celui de sa femme réunis, il voulait m’aider à « construire financièrement ». A ce titre, j’aurais dû lui envoyer chaque mois mes comptes. Ca, je n’ai jamais marché. J’ai toujours été indépendante financièrement, je ne voyais donc aucune raison qu’il contrôle mes finances. Il ne m’a d’ailleurs jamais proposé non plus de m’envoyer les comptes de son ménage à ce que je sache ! Demande-t-il les comptes de sa nouvelle ? Comme elle est mariée, doit-elle justifier également les dépenses de son mari ?

La phrase qu’aime à prononcer l’homme de plus de 50 ans juste après l’amour est « As-tu déjà connu une telle jouissance avec tes ex ? ». Dans un esprit d’équité des sexes, j’espère que sa nouvelle ne manquera pas de lui demander également avec qui c’est mieux : avec elle, sa femme, ou moi ? (Qu’elle se rassure, dans ces cas-là, la personne qui pose la question prend peu de risques et elle entend généralement une réponse favorable, car il est difficile d’y répondre sincèrement en fait). Personnellement, cette question m’a toujours étonnée, car je me voyais mal établir une liste pour effectuer des comparaisons. En tant qu’amoureuse convaincue, j’ai toujours eu la chance que ça fonctionne bien de ce côté-là. L’esprit dictant au corps, si l’on aime, on aime jusqu’au bout.

L’homme de plus de 50 ans, en période de rut ou non, n’aime pas rencontrer la famille ou les amis de ses maîtresses. Ma mère m’a fait remarquer pas plus tard qu’hier, qu’en huit ans de temps, bien qu’il se fasse trimbaler dans sa voiture (oui j’empruntais la voiture de ma mère pour aller le chercher), il n’a jamais daigné venir se présenter. J’avais également proposé à plusieurs reprises de passer manger chez ma meilleure amie, mais il n’a jamais accepté… Il ne voulait lier aucun lien avec mon univers. Cet homme-là savait donc bien ce qu’il tramait depuis le début.

L’homme de plus de 50 ans est volage. En parallèle de ses multiples « attentions », il se faisait de nouveaux amis sur différents sites, tout en m’éloignant volontairement de ces mêmes sites. Il savait donc bien depuis longtemps ce qu’il préparait ! Je crois qu’il a commencé à chercher dès 2005, dès qu’il m’a écartée de Webtarot, dès l’épisode avec Supernana…  Plus de la moitié de notre relation faite de mensonges ! (en admettant qu’il ait été sincère au début, ce qui est loin d’être évident). En bientôt quatre ans, il a eu quand même largement le temps de me préparer à cette rupture, non !? Et il m’aurait surtout fait gagner quatre ans de ma vie… Il attendait égoïstement de m’avoir remplacée pour me quitter ! Et quand on cherche, effectivement on finit par trouver !

26/01/09

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Commentaires (1)

1. mohammed 20/08/2011

0677784661

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