Je n'y arrive pas...

Ce n'est pas toi Alain qui a pu me faire ça... Ce n'est pas l'homme que j'ai aimé plus que tout !?

Je n'arrive pas à te désaimer,

Je n'arrive pas à te sortir de moi... Tu es en moi comme si tu faisais partie intégrante de mon corps, de mes cellules... Ce serait moins dur de me couper un bras ou une jambe. J'essaie, j'essaie, j'essaie de te détruire dans ma pensée, mais c'est impossible. Et c'est toute mon âme qui pleurt. C'est mon corps qui ne m'obéit plus, refusant de dormir, refusant de manger. Je reçois des coups de poignard dans la poitrine à longueur de journée, même lorsque mon esprit essaie de te noircir...

C'est trop dur, je n'arrive pas à te désaimer. Quand, quand, quand, mais quand cette douleur insupportable va-t-elle s'arrêter ? Lorsque je disparaîtrais moi-même ???

J'ai relu un texte que j'avais commencé à un retour de vacances, et je pleurs sur cette douce chimère...

NUIT VENDEENNE

 

 

La brise du soir est tiède, douce et marine en un mélange d’odeurs subtiles et suaves : sucrée sur la dune, salée sur la plage… Senteur particulière orchestrée par la nuit ; fraîcheur sur sable chaud, vivifiante et iodée…

 

La nuit noire est grisante sous la lune claire, et les étoiles semblent sages et lointaines. Nocturnes auspices, bienveillance des cieux, s’offrent naïvement aux chercheurs de hasards.

 

Et pourtant quelle violence se cache ici ! Quels parfums enivrants sous ce calme apparent ! Quels vertiges surgis du fond de l’horizon ! Forces issues du plus profond de l’océan, s’emparant des vagues en bourrasques puissantes, pour venir, à la fin, s’échouer à nos pieds… Quelle énergie sublime et gigantesque alors, d’un souffle implacable nous fouette le visage, pour venir à la fin submerger tout notre être !

 

Et il aura fallu que le vent de marée s’empare de la nuit pour que nous devenions seuls au monde soumis, l’un et l’autre promis.

 

Cet air à la fois, lourd du soleil de la veille, cet air à la fois, vif des embruns qu’il transporte, a raison de nos sens et emporte notre âme. Oui, il l’emporte dans ce combat éternel, ce vertige où l’homme fait face à l’univers. Tout s’y côtoie, dans sa différence précise, et tout ne forme qu’une unité dérisoire…

 

Nous sommes tour à tour Etre et Humanité.

 

Nos fragiles instants ne sont qu’Eternité, la même qui nous engloutit quelques moments, la même qui unit nos corps à sa magie. Nous ne sommes alors plus qu’Un indivisible, appartenant totalement à ce néant… Nous sommes ce néant surgi d’un nullepart, d’un ailleurs étonnamment intemporel.

 

Nous sommes l’Univers, de par la perception dont nous en avons là, à cet instant précis.

 

La lune en est témoin, calme et imperturbable, tellement lointaine de ces frasques terrestres… Jetant sa flaque de lumière sur la mer, elle apporte sa touche de réalité aux tourbillons de ce monde qui nous échappe.

 

Tout d’abord chavirée par ce tumulte abstrait, notre conscience se libère maintenant. Sortant de notre corps, elle étreint l’infini, s’y mêle et s’en imprègne… Nous sommes cet instant !

 

Tantôt maîtres du temps, nous cueillons ce moment. Plus souvent esclaves nous subissons la nuit et tout son cortège d’éléments imbriqués… Et nous nous engouffrons dans cet enivrement, portés par les senteurs, caressés par les vents, étourdis par le bruit lancinant du ressac, aveuglés par la lune aux ombres insidieuses, assoiffés par le sel sur nos peaux et nos lèvres. Dématérialisés, nous nous entrelaçons. Nous nous entremêlons, nous nous enchevêtrons…

 

Non aucun de ces mots ne peut enfin suffir à décrire l’état de nos corps et nos cœurs, communion insensée de nos âmes et sens.

 

Notre corps dissolu ne nous appartient plus. Nous sommes à la fois la vague qui se meurt, et celle qui déjà prend source à l’horizon. Nous sommes tout autant la tourmente du vent que son frémissement sur les herbes de la dune. Nous sommes tour à tour cette bruine salée, faite d’une rosée pénétrante et cinglante, et soudain la moiteur du sable aux grains durs et froids.

 

Notre corps dissolu ne nous appartient plus, mais nous sommes pourtant bel et bien l’un à l’autre, particule infime de ce vaste univers, tendrement enlacés dans sa ronde inlassable. Les refrains de la nuit font une  mélopée, douce ritournelle faussement silencieuse. L’unisson des vagues résonne sur le sable.

Alain ? Ressentais-tu la même chose que moi ? Ou me suis-je trompée jusqu'au bout ?

Où es-tu Alain ? Où es-tu ?

Je n'en peux plus. Je veux disparaître...

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