J’avais donc entre 17 et 18 ans. Il y a vraiment une grosse différence entre les poèmes du début et ceux de la fin. Le rythme est beaucoup plus travaillé à la fin.
Réveillé
Il pleut, il plut, il pleuvait,
Il pleura, il pleut, il se lève.
Il ne lui plaît plus son lit où il dormait,
Où il a abandonné ses rêves.
Il vente, il venta, il ventait,
Il vendit, il vente, il s’en va.
Il a vendu au marchand de sable qui le guettait
Son sommeil, ses rêves, son lit, son pyjama !
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VOYAGE
Une boîte à secrets qu’est le coquillage,
Et gorgé de soleil, il git sur la plage,
Si épanoui… enterré dans le sable,
A l’écorce aux teintes toutes dissemblables.
Et c’est merveille que de le regarder,
Et même passion que de l’admirer.
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Là, c’est une véritable déclaration d’amour à l’écriture elle-même et à la sensualité qu’elle procure, notamment dans le geste (sensations différentes sur un clavier).
ECRIRE
J’aime le regard de tes lettres
Sur mon cœur assoupi.
J’aime le vent de tes cheveux
Sur ma main de papier.
Ton oreille de soleil ardent
Me brûle la poitrine,
Car mon cœur bat plus fort
Et ma main palpite à chaque carreau.
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Celui-là je l’aime bien. Je ne sais pas pourquoi.
LA CARTE POSTALE
Sommes bien arrivés.
Les vagues ont brisé sur les rochers.
Sommes bien bronzés, bien lavés.
Les vagues le sable ont léché.
Mais Toto a la rougeole.
Couchers de soleil magnifiques !
Avons rencontré quelques créoles.
Ah soleil des tropiques !
Ramènerons quelques colliers.
Mais Toto a la fièvre.
Prenons repos de vacanciers.
Prenons aussi photos sur la grève.
Plus de place sur la carte,
Envoyons gros bisous
Des savanes écarlates.
PS : Toto est mort ce matin à Tombouctou.
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Celui-là a été écrit en cours, avec une copine (Nathalie) qui attendait de voir le résultat. Plutôt que de suivre le cours, j’avais préféré déliré sur les matières et les couleurs autour de moi et à travers la fenêtre.
LA TABLE ET LA FENETRE
Le joli rouge qui s’étend sur la table
S’éprend du jaune qui coule en farandole.
Et les chants dans le bois s’emballent
Se mêlant au vert qui chagrine la folle.
Le ciel a floqué son bleu mouillé de taches grises
Qui s’écrasent et éclatent sur les toits délabrés.
Et les lumières d’acajou caressent les églises
Sans se douter des violences violettes cabrées.
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Ce jour-là, j’avais renversé mon café au petit déj… Je crois que c'est un de mes préférés.
MAL REVEILLEE
Un tout p’tit soleil dans mon café du matin
A fondu sans que je le voie et je l’ai bu.
Un p’tit goût de rayons dans l’café du matin
Et dehors, l’a plu sucre et caramel fondu.
Des vagues et du vent se sont battus dans mon bol
Et ma p’tite cuillère a tournoyé dans le ciel.
Les nuages apeurés ont rasé le sol,
Alors j’ai pas osé ouvrir le pot de miel.
Je suis retournée dormir dans mon lit étanche,
En pensant qu’il était trop pas beau ce dimanche.
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MAL DE CIEL
J’ai le mal d’étoile et le ciel me monte aux yeux,
Plus bleu que d’habitude, mouillé de larmes
Et de pluies, qui noient le monde obscur et trop bleu…
Et regrets de demain quand la nuit rend les armes.
Un soleil trop pâle et des nuages trop clairs,
Puis la nuit trop belle pour mon cœur trop serré…
J’ai le mal d’étoile de nuits en solitaire.
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Là c’est un exercice de style côté rythme. L’image est la suivante : un filet de pêche remonté sur le côté d’une barque, qui dépasse un peu, avec à l’intérieur un poisson oublié qui trempe périodiquement dans l’eau au rythme des vagues.
LE POISSON Pêché
Mon poisson s’est perdu au regard des eaux troubles,
Nageant sans voler haut, dormant sans s’éveiller.
Mon poisson a sombré au ciel qui se veut double,
Rêvant son agonie, rêvant tout habillé.
Il a nagé, suivant le temps, suivant la vague,
Dans de longs draps, bordant son lit, bordant la lame,
Et nagé, et dormi, et coulé, où divaguent
Les filets, entraînés par des algues sans âme.
Mon poisson s’est noyé dans un ciel bien ouvert,
Doucement balancé, doucement balloté.
Mon poisson s’est noyé dans un jour couleur claire,
Voyant le fond, puis l’horizon : raies de clarté.
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REVEUSE, LA NUIT
La lumière s’est éteinte au soir de la brume.
J’ai confié mon corps aux ténèbres de la nuit.
J’ai plongé mes yeux dans le regard de la lune,
J’ai plongé mon sommeil dans des draps qui s’enfuient.
Un rêve fauve s’est sauvé buvant le monde.
J’ai rêvé les choses autrement qu’elles sont vues.
J’ai dormi sur un songe aux belles vagues blondes.
J’ai vagabondé dans des dédales sans but…
Ivres, ils serpentaient dans le hasard du noir.
J’ai suivi ces chemins ne m’étonnant de rien.
J’ai rencontré mon image dans un miroir,
Puis j’ai tout laissé pour écouter le matin.
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L’OPTIMISTE
Il a ouvert ses paupières
Comme on ouvre des volets,
Et il a pensé bien fier :
« Ma fenêtre est un tableau
Où toujours tout est nouveau !
Le soleil est bien vivant,
N’étant jamais comme avant ! »
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Le suivant est un peu compliqué, mais il est construit sur l’idée que si on s’endort en comptant les moutons, il doit bien y avoir quelque part un compte à rebours pour se réveiller… D’où des inversions dans la syntaxe, des verbes placés en fin de ver pour servir également au ver suivant etc…
SAUTE-MOUTON
Pour changer de dormir, j’ai couché un grand lit
Tout marbré de fleurs somnambules à la nuit.
J’ai posé à l’oreiller ma tête… le bruit
Ecouté que bat mon cœur jusqu’à une lie.
Cette lie que mon souffle entendu souvent a…
… Trouvé sa « voix » vers l’infini à travers « chants »,
… Essoufflé ses discours, le regard détachant
Les liens des petits moutons sautant ça et là.
Les petits moutons croissant ont perdu les nuages,
Prenant en flagrant « délié » des croissants de lune
Dans un bol de lait, récitant à rebours dunes
Sautées à l’envers, vers l’étable… Et pas d’orage…
Bergère ! A reculons ils avancent « temps »,
Qu’ils avancent soleil, fuyant la lie sommeil.
Et à l’oreiller ma tête posée j’entends
Pulsations rebondies de mon corps, puis réveil.
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Sans titre
La lune a les yeux verts pour mieux saluer la terre.
Le soleil les a bleus, c’est pour nous rendre heureux.
Le ciel au regard clair chagrine la misère,
Et tous les autres dieux ne peuvent rien contre eux.
Le printemps perd son temps au bord des fleurs d’étang.
L’automne a son passé dans des souches cassées.
L’été que tout attend enjambe le printemps,
Puis vient l’hiver blessé par un automne embrasé.
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LE BATEAU BLEU
L’eau qui coule dans mon cœur se tait sans mugir,
Et porte mon bateau bleu au sein de mes rêves.
L’eau qui vague en ma tête s’endort d’avenir,
Ouvrant les chemins les plus fous au bord de grève.
Mon bateau se perd dans des flots qui plient la mer…
La plient en quatre morceaux rejoints par le centre :
La pupille d’un œil ouvert aux jours amers…
Et mon bateau s’en va sur l’aube de ce ventre.
Et je parcours cet océan si clair de lune,
Dans la nuit qui passe mon temps de mélodies,
Fermant les yeux sur les jours bleutés d’après dune…
Et je parcours le vide encore jamais dit.
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Bon, le suivant n’est pas très gai… probablement un exercice de style. Je l'aime bien pour le rythme.
LE PENDU
Le ciel était malade aux abords de ce soir.
Des nymphes s’étaient perdues sous sa nue trop sombre,
Et un type qui s’était pendu voyait noir
Quand son teint si pâle faisait peur à son ombre.
Un corbeau perché sur le poteau de torture
Guettait les amas de gris foncé approchant.
Et le ciel pleurait déjà son mauvais augure,
Frissonnant, souffrant, vomissant, bavant, crachant…
Spectateur atroce d’aigles abominables
Dégrafant la robe encore tiède du jour,
Le corbeau riait de les voir se mettre à table
Et chercher, aussi noirs que noirs, un foie toujours.
Du feu sacré, Lucifer perdait des éclairs…
Mais le type qui s’était pendu voyait noir,
Oubliant du ciel les entrailles éphémères :
Flash de sang dans le bruit infernal d’une foire.
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AU COIN LE PENSEUR
Il a les yeux fixés sur ses « grolles » boueuses,
Mais il ne pense pas aux trois capitaines
Qu’il ne connaît même pas, ni la pauvre Hélène…
Son regard est en bas, ses pensées sont rêveuses
Et s’envolent vers l’infini, jamais appris,
S’accrochant aux rideaux de la fenêtre ouverte…
Il pense à ce qu’il y a derrière sa tête,
Lui qui dans son coin ressemble à celui qui prie.
Il écoute malgré ses allures boudeuses,
Les mains derrière le dos, la tête penchée,
Et médite sur les bruits du monde caché…
Il a les yeux fixés sur des « grolles » boueuses.
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Poème écrit en été, en haut du téléphérique des Houches (à côté de Chamonix). Mon frangin avait grimpé jusqu’au Nid d’Aigle, mais moi je m’étais arrêtée en chemin. J’avais écrit en l’attendant pour décrire la beauté du paysage : ces montagnes touchant les nuages, ce silence brisé uniquement par les insectes, les craquements de la glace au loin, et parfois aussi par le cliquetis des sacs à dos de quelques alpinistes qui redescendaient.
LE MONDE DU GRAND SILENCE
Mon dining-room est entouré de grands massifs.
J’écoute un disque de silence, assise au siège
De granit feuilleté, floqué de taches neige,
Pendu au vide et dominant des toits chétifs.
Des insectes dansent leur ballet de néant,
Flottant dans cette immense offense aux vierges nues,
Immolant la musique aux notes inconnues
Dans l’univers du vent : sixième continent.
Bionnassay craque ses séracs de temps en temps,
Quand en face le Désert de Platte répond
D’un jet de lumière à ces glaces napperons,
Qui en été résonnent encore le printemps.
Les eaux ruissellent leurs tristes mélodies douces.
Ses grands amants se saluent, et bientôt s’étouffent
Leurs cris cassés de ferrailles, quand sur les touffes
Passe la fraîcheur… Les touffes d’herbes et mousses.
Et j’aspire et vie cet univers, à la fois
Gorgé d’un chaud soleil et nourri d’éternelles,
Cachant ses secrets et chantant ses immortelles,
Fermé en une profonde vallée, ouvert à l’infini sans toit.
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Arfff ceux qui suivent sentent le chagrin d’amour de vacances… mais incapable de me souvenir pour qui je les avais écrits !!! hihi
Sans titre
Tu sais que je t’aime trop mais tu me tourmentes.
Proche et distant à la fois, tu es ma torture.
Pourtant tu es centre de mes pensées obscures,
Toi, mon besoin après mes peines angoissantes…
Obsession qui me sortira de mon chagrin,
Peut-être… Que sais-je de l’avenir qui vient ?
Mais mon présent semble n’être pour toi qu’un rien.
Tu es le vent qui sans regret souffle les grains…
Souffle sur mes plages sans vouloir t’arrêter,
Malgré le déchirement des vagues mourantes
Que tu écrases de tes bourrasques puissantes,
Sur les rochers durs d’un impitoyable été.
C’est pareil en mon cœur qui perd dans ses longs pleurs
Tout espoir de sortir, de partir du néant,
Du vide où je suis un nain parmi les géants…
Et je t’aime, toi qui m’as fait mal tout à l’heure.
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TOI
Là, assise devant une tasse de thé,
Je pense à toi.
Là, buvant doucement, sans réaliser que je bois,
Je te dédie mes pensées.
Trop tristes, elles sont humides et ne peuvent s’évaporer…
Je ne t’oublie pas.
La tasse a disparu… Je l’avais bue sans savoir que je buvais…
Je ne pensais qu’à toi.
La serveuse d’un coup d’éponge magique l’a emportée,
Et je pense à toi.
De toutes façons, tout est trop flou…
Mon esprit est à toi, comme mon corps l’a été (oups, ayé je sais qui c’est)
Et je reste là, assise devant une table de brouillard.
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Bon je coupe la période en deux, car apparemment c'est trop long...
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